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38 morts dans les combats syriens malgré l'ultimatum de l'ONU

le 5 Avril 2012 à 20:21 | Lu 657 fois

Le régime syrien a intensifié ses assauts jeudi contre les rebelles au moment même où l'ONU confirmait que Damas avait jusqu'au 10 avril pour retirer ses chars des villes, avant un cessez-le-feu total 48 heures plus tard.


38 morts dans les combats syriens malgré l'ultimatum de l'ONU
Jeudi, l'armée a attaqué Douma, près de Damas, et bombardé des localités des province de Homs, Idleb, Alep et Deraa, tuant 18 civils, dont trois enfants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

En outre, 19 soldats et un rebelle ont péri dans de violents combats, en particulier à Homs, a ajouté l'OSDH.

Devant l'assemblée générale de l'ONU à New York, l'envoyé des Nations Unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, a annoncé que Damas l'avait informé d'un "retrait partiel" de ses troupes de trois villes rebelles -- Idleb, Deraa et Zabadani (près de Damas).

M. Annan a aussi répété que les hostilités devaient cesser au plus tard le 12 avril.

A une semaine de cette échéance, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté jeudi à l'unanimité une déclaration demandant à Damas de respecter ce délai pour cesser ses principales opérations militaires le 10 avril et à l'opposition syrienne de faire de même au plus tard 48 heures plus tard.

Dans cette déclaration, le Conseil se déclare prêt, si ces conditions sont respectées, à autoriser le déploiement d'observateurs de l'ONU. Une équipe de l'ONU est arrivée jeudi à Damas pour discuter des modalités de cet éventuel déploiement.

Jeudi matin, le quotidien syrien Al Watan, proche du pouvoir, évoquait un accord selon lequel les autorités syriennes se chargeraient de protéger les observateurs, tout en précisant que Damas examinait toujours le détail des régions que l'ONU souhaiterait visiter.

Les militants anti-Assad ont d'ailleurs vigoureusement démenti tout retrait de troupes et évoqué une intensification des assauts et des combats entre forces gouvernementales et insurgés.

"Les bombardements continuent dans les environs de Zabadani. S'il y avait 200 chars à Zabadani et qu'ils en ont transféré 40 pour frapper ailleurs, ce n'est pas un retrait", a affirmé un militant sur place.

Damas s'est engagé à appliquer le plan de M. Annan mais à condition que les rebelles, que le régime qualifie de "terroristes", cessent au préalable leurs attaques. Les insurgés affirment de leur côté qu'ils ne déposeront pas les armes avant un retrait des troupes.

Un responsable syrien cité par Al Watan a affirmé jeudi que le régime n'était tenu ni par un "délai" ni par une "date butoir" pour retirer ses troupes des villes. "La date du 10 avril est liée au début de l'opération et non à la fin du retrait de troupes et elle ne constitue pas un délai en tant que tel", a-t-il souligné.

Faisant presque écho à ces déclarations, la Russie, principal soutien au régime de M. Assad depuis le début de la révolte en mars 2011, a de nouveau mis en garde les Occidentaux contre les "menaces et ultimatums" à l'encontre de Damas. Elle avait assuré mercredi que l'opposition ne battrait pas les forces gouvernementales, même si elle était armée "jusqu'aux dents".

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé jeudi qu'il pourrait visiter des prisons en Syrie en vertu d'un accord conclu avec les autorités. Une première visite doit avoir lieu à la prison centrale d'Alep, mais la date n'a pas été précisée.

Des milliers de Syriens ont également fui le pays. Selon une source officielle turque, plus de 1.000 réfugiés syriens sont entrés en Turquie depuis mercredi, portant à près de 21.000 le nombre de Syriens actuellement hébergés dans le pays.

SOURCE:7sur7.com