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À Damas, les opposants toujours sous le feu des loyalistes

le 23 Juillet 2012 à 13:32 | Lu 385 fois

Dans la capitale, les forces gouvernementales poursuivent leur contre-offensive antirebelles.


À Damas, les opposants toujours sous le feu des loyalistes
Appuyées par des blindés et des hélicoptères, les troupes loyales à Bachar el-Assad ont visé dimanche des poches tenues par les insurgés, légèrement armés. De leur côté, des membres de la garde républicaine, une unité d'élite, protégeaient les bâtiments des services de sécurité, cibles des révolutionnaires, après leur exploit de mercredi au cours duquel ils ont réussi à tuer quatre cadres de la nomenklatura, dont Assef Shawkat, le beau-frère du président syrien.

Face à la supériorité militaire de l'armée, les insurgés ont dû se retirer des quartiers de Midane et de Mezzeh. Dimanche, les combats se concentraient à Barzé et dans les vergers derrière Mezzeh. Ils auraient fait des dizaines de morts. «Le bilan est beaucoup plus élevé que ce qui est annoncé», selon un homme d'affaires alaouite en contact avec la hiérarchie sécuritaire à Damas.

En parallèle, experts russes et syriens tentent de déterminer le lieu d'où a été commandée l'explosion de la bombe utilisée dans l'attentat de mercredi. Selon nos informations, une plaquette d'explosif de la taille d'un téléphone portable aurait été dissimulée sous chacun des bureaux occupés par les cinq responsables de la sécurité tués ou blessés pendant une réunion.

Des militants de tous horizons
«À Damas, les gens continuent à chercher désespérément à être en sécurité», s'alarme la Croix-Rouge internationale. Les insurgés contrôlent désormais trois postes frontières avec la Turquie, mais ils ont dû en céder un à la frontière irakienne. Un groupe d'environ 150 djihadistes étrangers, armés de kalachnikovs et de lance-roquettes, occupe par ailleurs le poste syro-turc de Bab al-Hawa. Des militants ont affirmé à un photographe de l'AFP venir d'Algérie, d'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, d'Égypte, de France, de Tchétchénie et de Tunisie. Certains ont indiqué appartenir à une «choura» (assemblée) talibane, et d'autres ont revendiqué une appartenance à al-Qaida au Maghreb islamique.

Tandis que la Turquie a déployé plusieurs batteries de missiles sol-air à Mardin, non loin de sa frontière avec la Syrie, plus à l'est en territoire syrien, les Kurdes ont avancé, prenant possession d'un certain nombre de villes. Quelques centaines d'autres attendent côté irakien de la frontière avant de retourner chez eux. Samedi, Laurent Fabius a appelé l'opposition «à se mettre en ordre de marche» pour former rapidement un «gouvernement provisoire représentatif de la diversité de la société syrienne».


Par Georges Malbrunot