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A la Cbao, les expatriés sont traités comme des rois

Salaires, primes, logement, eau-électricité-téléphone-gaz, billets d'avion, restaurant, mouchoirs, assiettes, savon, lave-main... : Sept directeurs coûtent à la banque 2 milliards de francs Cfa par an.


Rédigé par leral.net le Mercredi 2 Mars 2016 à 15:28 | | 4 commentaire(s)|

C’est pour protester contre ce qu’ils considèrent comme un «gros scandale» que les travailleurs de la Cbao ont observé hier un débrayage, n’assurant que le service minimum pour les clients de la banque. Ce «gros scandale» concerne le traitement royal des cadres expatriés de la banque dont les salaires et avantages sont sans commune mesure avec ceux des cadres sénégalais. C’est à la suite de l’interception d’un document qui donnait le détail de ces traitements que les syndicalistes de la boîte ont décidé de mettre tous ces éléments sur la place publique afin que nul n’en ignore.

En effet, la Cbao décaisse annuellement plus de 2 milliards de francs rien que pour le traitement de ses expatriés, en particulier ses sept directeurs non sénégalais. Dans le détail, il est indiqué dans le document qui circule sous le coude que la CBAO débourse annuellement 200 millions pour l’installation, le matériel et le mobilier de son directeur général. Elle décaisse 55 millions pour le directeur général adjoint, 18 millions pour le directeur "Marchés et entreprises", 20 millions pour le directeur "Crédits et risques", 15 millions pour le directeur "Crédits Conso", 12 millions pour le directeur pôle "Détail" et 15 millions pour le directeur "Activités de marché". Trois cent trente-cinq millions par an, en tout. À cela s’ajoutent leurs loyers qui sont également pris en charge par la banque. À l’exception du directeur général dont le montant du loyer ne figure pas dans le document, les montants alloués aux DG sont connus : ils vont de 15 millions à 25 millions. Ainsi, le chiffre des charges immobilières annuelles pour ces sept directeurs se monte à à 453 millions au moins.

Les charges sociales réparties en trois rubriques rendent encore plus salée l’ardoise. En effet, les salaires annuels des expatriés sont estimés à 400 millions, les primes annuelles à 100 millions et les primes de scolarité à 10 millions. Ces trois rubriques reviennent à 510 millions par an à la Cbao, compte non tenu d’autres dépenses pour mettre les directeurs dans d’excellentes conditions. Les frais d’électricité, d’eau, de gaz, de carburant et de téléphone pour les mêmes cadres de la banque sont estimés annuellement à 110 millions. Les billets d’avion des familles des expatriés sont à 100 millions. Leur restauration (petit-déjeuner et déjeuner) dans des restaurants de luxe de Dakar coûtent 15 millions à la banque par an. Mais ce qui choque un des syndicalistes qui s’est entretenu avec nos confrères de L’AS, ce sont les frais dits divers. Ainsi l’achat d’assiettes pour maisons, mouchoirs, serviettes, savons, lave-main, etc., coûte pas moins de 14 millions à la banque. L’assistance technique payée au Groupe Attijari vient pimenter l’addition car cette rubrique est évaluée à 1 milliard.

L’interception de ce document a révolté le personnel de la Cbao, notamment les syndicalistes qui ont d’ailleurs envoyé un courrier à la direction générale de la banque pour dénoncer les avantages et traitement réservés au personnel expatrié. "Le collège, soucieux d’inscrire ses revendications sur la base de principes de responsabilité, de transparence et de vérité, estime qu’il est nécessaire qu’il lui soit communiqué toutes les informations relatives aux avantages et traitements dont bénéficient les expatriés de notre banque" notent les syndalistes dans leur courrier, sans oublier de rappeler qu’il est important, à leurs yeux, "que le Code du travail sénégalais consacre parfaitement ce droit (aux syndicats) d’avoir accès à l’information sociale."

Et pour bénéficier également des avantages de leur banque, les délégués du personnel dans la lettre déposée sur le bureau du Préfet, réclament l’augmentation généralisée des salaires, la reprise de l’octroi normal des crédits au personnel, l’ouverture du capital aux salariés et l’installation de vidéo surveillance dans tous les sites de la CBAO.






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