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A mon très cher camarade Moussa Bocar - Par Moussa Taye


Rédigé par leral.net le Vendredi 4 Mars 2016 à 14:09 | | 5 commentaire(s)|

A mon très cher camarade Moussa Bocar :

« Quand on a des enfants, faut pas divorcer. Quand on a des enfants, il faut conjuguer » Jocelyn Béroard.


C’est à croire que tes récentes et maladroites sorties te poussent à un excès de justification pour donner plus de gage de sagesse. Sinon, comment comprendre que tu puisses demander l’exclusion de camarades dont le seul « délit politique » est de donner leur point de vue sur une question. Tu devais être l’un des tout premiers à être exclu si cette logique avait prévalu. Mais les camarades du Secrétariat exécutif ont préféré t’écouter, te raisonner pour te ramener à la raison. Tes propos étaient pourtant plus séditieux que ceux de Aissata ou de tous ceux qui appellent à voter NON. Ces derniers ont réagi sur une question qui interpelle la réforme constitutionnelle alors que toi, tu t’es littéralement avec un ton provocateur, prononcé sur l’avenir du Parti intimant même l’ordre à son premier responsable de « se livrer et de livrer le Parti pieds et poings liés » au Président Sall. Cette dernière sortie, cher camarade, n’est pas non plus des plus inspirées.

Maître, tu es par essence un défenseur de causes, un redresseur de torts. Dans ta profession, on cherche toujours à convaincre sans contraindre, à aller vers l’autre pour le ramener à soi. La noblesse du verbe doit, avec vous autres avocats, retrouver l’élan physique pour être d’une belle et fière allure. Après d’épiques contradictions, vient l’heure des retrouvailles et des salamalecs dans la plus sincère confraternité. Au bureau politique comme au barreau, le but est de partager, échanger et convaincre dans l’intérêt du parti ou du client. Faire de la politique, c’est aussi faire de la diplomatie. Or, la diplomatie, c’est l’art de concilier des intérêts divergents. En politique, dois-je le rappeler cher camarade, on ne soustrait point. On additionne. A ta place, je proposerais d’aller discuter avec Malick Noël Seck, héros des années de braise pour le ramener dans la famille. Je proposerais d’aller discuter avec Robert Sagna, Djibo Kâ, Souty Touré, l’autre Grand Serigne de Dakar Abdoulaye Mactar Diop et tous ces membres de la famille qui avaient quitté la maison du père et qui, par un curieux sortilège de l’histoire, se retrouvent pour la plupart à nos côtés autour du Président de la république. Eh oui, Maître, le parti socialiste est une famille. Le chef de famille lui-même a affirmé que les contradictions internes notées sur le référendum sont l’expression de la vitalité du parti et de la démocratie interne. Que voulez- vous de plus ?

Cher camarade, ceux qui ont l’ADN du parti l’ont ingurgité au compte-goutte et au fil des années. S’en abreuver ou se l’inoculer pour prouver son engagement peut provoquer une overdose. Dans ce cas, on voit rouge plutôt que vert.

Aïssata Tall Sall, Abdoulaye Wilane, Barthémy Dias, Guirane Ndoye et tant d’autres, c'est-à-dire tous ces milliers de militants anonymes ont servi le Ps chacun à sa manière et selon ses possibilités à un moment donné de l’histoire. Surtout tout juste après 2000. Ce travail a peut- être servi de rampe de lancement à tous ces jeunes et cadres entrés avec force et souvent avec fracas au parti. Cher camarade, nous sommes une famille et il y a longtemps que nous sommes ensemble. Soyons moins agressifs et continuons notre chemin. Senghor veille, Diouf surveille.

Sentiments socialistes, cher camarade.

Moussa TAYE
Membre de la famille PS






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