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AFFAIRE DJIBRIL BITEYE : Les commissaires Sarr et Bodian avaient été avertis la veille…

L’affaire Djibril Bitèye remet en surface le débat sur l’efficacité et l’accessibilité de la Police. La Gazette a joint les personnes censées dissuader le sieur Bitèye à commettre l’irréparable. En vain !


Rédigé par leral.net le Samedi 9 Avril 2011 à 00:05 | | 4 commentaire(s)|

AFFAIRE DJIBRIL BITEYE : Les commissaires Sarr et Bodian avaient été avertis la veille…
Les personnes censées protéger le peuple s’en badigeonnent le nombril avec le pinceau de l’indifférence. Si en vitrine elles donnent une bonne image de leur conception du travail de commissaires de police, il y a tout lieu de croire, en vérité, que leur appareil conceptuel dérape sur le verglas des apparences, et que ce peuple qu’ils sont censés protéger soit en danger. Dans un Etat organisé, on aurait épargné à Djibril Bitèye de se fracasser devant les grilles du palais. Deux commissaires de police avaient été avertis la veille que Bitéye allait passer à l’acte. En effet, le mardi 15 mars 2011, le sieur Bitèye annonce dans un sms (sic) : « rende vou c demain dizeur pil deven l port palai. Merci (SIC) ». Ce message réécrit tel qu’il a été reçu à 9h 42 mn, laisse présager un acte irréparable de la part de l’auteur d’autant plus que son comportement agité ces derniers temps faisaient entrevoir le pire. Conscient qu’il pouvait commettre l’irréparable, on s’en est ouvert à un membre du nouveau mouvement citoyen, Y en a marre. Il est 22h 02. Il nous indique d’abord le numéro du Commissaire central de Dakar. Nos tentatives d’entrer en contact avec lui sont restées vaines (22h 04 mn). Le seul numéro mis à notre disposition par la suite est celui du commissaire Sarr de Rufisque. Hélas, lui aussi ne décroche pas.

Son téléphone sonne dans le vide quand, à 22h 19, on se décide enfin de lui envoyer un message : « Bonsoir M. le commissaire, je m’excuse du dérangement. Mais c’est parce que je juge que c’est une urgence. Un individu du nom de Djibril Bitèye vient à la rédaction depuis un mois. Il est un peu déréglé et menace de mettre fin à ses jours si on ne le décore pas. Il m’a envoyée un message tout à l’heure pour m’informer qu’il va se suicider demain devant les portes du palais à 10 h, et il voudrait que je sois témoin. Je vous interpelle pour être quitte avec ma conscience s’il venait à s’exécuter mais aussi faire mon devoir de citoyenne pour essayer de sauver une personne en danger de mort. Merci. » C’est après ce message que le commissaire décide enfin de réagir avec morgue et dédain. On prévient que c’est parce qu’on n’a pas obtenu un feedback téléphonique qu’on s’est rebattu sur le sms. Il nous reproche vertement avec un mépris froissant : « Je ne prends pas les appels des numéros de téléphone que je ne connais pas ! »

Notre réponse a été à la mesure de son arrogance. « Vous êtes une Police de proximité n’est-ce pas ? Vous êtes là pour le peuple ! » Sous ce rapport, le commissaire de Police a l’obligation de prendre toute sollicitation et à n’importe quelle heure surtout qu’il est investi d’une mission de service public. Mais, le commissaire ne semble pas le comprendre et s’offusque. Il menace : « Que ce soit la dernière fois que vous m’envoyez un message à cette heure. » Et raccroche au nez. Dommage. Ces gens qui, arborent l’uniforme nationale ont l’obligation de maîtriser leurs nerfs, de rester calmes et rationnels, voire lucides et très réceptifs à la sollicitation des citoyens dont ils devraient assurer la sécurité. A tout moment ! En face, ils sont vraiment très contents d’eux-mêmes et ravis que le citoyen lambda s’aplatisse pour espérer le respect et montrer leur dominance sur les civils. Dommage. 22h 31, un appel du commissaire Daouda Bodian de la police de Grand Yoff, vient à la rescousse pour tenter de démêler l’écheveau. Il se présente poliment et dit venir vers nous pour s’enquérir de la situation.

Sans tarder, on lui dit qu’il n’a qu’à retourner vers la personne qui lui a donné l’information pour en savoir plus. A priori, le sort de Bitèye ne semble pas être une priorité pour le commissaire Sarr. Aussi, ne comprend-on pas pourquoi il a fait transmettre le message au lieu de revenir vers son interlocutrice pour connaitre les tenants et les aboutissements de cette dramatique affaire. Cette mise au point étant envoyée, congédions l’accessoire et cinglons vers l’essentiel. Un esprit de dépassement nous a fait prendre de la hauteur, avant de revenir vers le commissaire Bodian de Grand Yoff, afin de lui expliquer la situation, il est 22h 39. Après 8 mn 23 de discussion, il nous promet de s’en ouvrir au commissariat de Plateau afin qu’il prenne les dispositions nécessaires pour éviter qu’un drame de plus ne se produise. Le mercredi 16 mars 2011, Bitèye est passé à l’acte. Les trente minutes passées à interpeller les pouvoirs publics sur son acte auront été vaines. Ces minutes sont apparemment tombées dans l’oreille d’un sourd parce que Bitèye a réussi à fracasser son véhicule sur les grilles du palais. Et comme dans les mauvais films policiers, on aura entendu les sirènes qu’après que les bandits auront pris le butin.

Dans l’exercice de notre métier, l’anticipation est une périlleuse tentation doublée d’une délicieuse contrainte. Tentation périlleuse parce qu’elle est cause d’égarements qui ruinent une crédibilité. Contrainte délicieuse parce que si les faits ultérieurs valident une hypothèse, ils apportent la preuve à posteriori que le journaliste avait bien compris la nature et la portée d’une situation ou d’un phénomène. Cette thèse apprise à l’école de journalisme doit être de mise à l’Ecole de police car l’appliquer permettrait de sauver des vies et anticiper sur le chaos.

Aïssatou LAYE lagazette.sn



1.Posté par adjia le 09/04/2011 09:45 | Alerter
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dommange.

2.Posté par SENEGALAIse le 09/04/2011 10:41 | Alerter
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Mais vouv meme en tant ke journaliste ,vous pouviez mobiliser votre famille et vos amis aux abords du palais a l'heure dite pour l'en empecher . Et meme lancer un message radio a tout le peuple senegalais .

3.Posté par m.diop le 09/04/2011 12:12 | Alerter
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le commissaire abdou aziz sarr est tres impoli et arrogant,je sais bien ce don je parle,ces des commisaires qui ne savent pas leur role et fonction, il doit etre sanctionner.merci

4.Posté par yag le 09/04/2011 12:57 | Alerter
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Bravo la gazette!
Quant à la police, elle est plus prompte à réprimer qu'à protèger les populations et leur sens de la responsablité n'est que symbolique.

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