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AFRIQUE - DES MODES DE GOUVERNANCE : SI LA DÉMOCRATIE AFRICAINE M’ÉTAIT CONTÉE

Il y eut ces temps dits “soleils des indépendances”, où les pays africains, “libérés” du joug des colonialismes (français, anglais, allemand, portugais...) jubilaient et festoyaient en célébrant ces évènements qui les ont transformés en Etats et Nations “politiquement, socialement, culturellement et... économiquement“ (?) autonomes.


Rédigé par leral.net le Vendredi 4 Septembre 2009 à 06:13 | | 0 commentaire(s)|

AFRIQUE - DES MODES DE GOUVERNANCE : SI LA DÉMOCRATIE AFRICAINE M’ÉTAIT CONTÉE


Mais quelques années plus tard, les Etats africains se sont rendus compte qu’autant il y a loin de la coupe aux lèvres, autant il est plus facile de réclamer et obtenir l’indépendance (dans les domaines cités) que de la gérer de façon efficiente et réaliste. Et ce ne sont certes pas les suites cadencées des pustchs et coups d’Etat et leurs corollaires de juntes militaires et de régimes dictatoriaux qui démentiront les faits (que disons-nous ?), plutôt les méfaits.

Là où le bât blesse

Autant dire qu’il faudra bien reconnaître une évidence, quoique notre susceptibilité africaine puisse en prendre un coup : les indépendances, d’accord ; mais il fallait d’abord que les pays africains fussent certains et assurés d’en supporter et assumer les conséquences et autres retombées politiques, sociales, culturelles, et surtout, économiques.

Mais c’est justement ce “bât“ économique qui “blesse” la quasi-totalité des pays africains. Et c’est justement cette situation oh combien (le plus souvent) lamentable de bien des pays africains qui, depuis ces “soleils des indépendances“, persistent et “saignent” les Nations africaines, en traînant leurs gestions respectives dans la mélasse du népotisme, de clientélisme, de l’affairisme, de la corruption, de la délinquance financière...

Par rapport à ces méfaits, d’aucuns pourraient peut-être protester (par zèle ou patriotisme ?), en arguant qu’ils ne sont pas le seul apanage des pays africains. Soit ! Mais il n’en demeure pas moins que sous nos cieux africains, ils sont plus perceptibles, sinon plus visibles, plus pénibles, et même plus insultants (pour les pauvres gens de la plèbe). Du reste, on ne peut ni ne doit se préoccuper du sort des autres plus que du sien propre.

Par ailleurs, n’est-ce pas cette mauvaise gestion des affaires de l’Etat par maints gouvernants africains qui continue d’acculer, voire de confiner les populations pans la “boue“ du chômage galopant? N’est-elle pas la cause, ou l’une des causes, de l’effondrement (au fil des lustres) de bien des aptitudes, capacités et connaissances ? N’est-elle pas la source du mal-être et du mal de vivre, pour ne pas dire de la pauvreté et de la misère qui refusent de diminuer?...

Mais d’aucuns pourraient encore rétorquer que ces états de faits, plutôt ces maux, ne sont pas propres aux seuls pays africains. Encore, soit ! Toujours est-il que la santé sociale des populations africaines nous importe plus que celle des autres pays ou continents. Le plus regrettable (en plus d’être marrant et ridicule sur les bords), c’est lorsque les pays africains calquent aveuglément leurs systèmes de gestion des affaires de l’Etat sur ceux d’ailleurs, notamment de l’Occident, sans tenir compte de nos réalités africaines qui sont pourtant aussi différentes de celles d’ailleurs que le poisson sec n’est loin de la mer.

La démocratie en question

Aussi, depuis la chute d’un certain “Mur de Berlin”, et depuis un certain “Discours de la Baule“ (en France), le fameux concept de Démocratie nous est tombé dessus sans crier gare, chamboulant ainsi la raison de tous nos anciens concepts (peut-on constater) et occasionnant des ravages sociaux presque sans précédent au sein des populations.

Mêmes les “soleils des indépendances“ n’avaient pas essuyé autant d’impairs confinant à des tragédies sociales, puisque eux, au moins, avaient eu le mérite d’être aussi sincère que patriotiques dans leurs manifestations. Alors que bien des siècles avant l’avènement de cette démocratie importée d’ailleurs, la plupart de nos peuples africains étaient régis par les leurs propres.

C’est dire que la démocratie à l’africaine existait bien avant celle à l’occidentale. En effet, l’histoire du Mandé, en particulier, nous rappelle sans cesse ce que fut la Charte de Kouroukanfouga, sous le règne de l’illustre aïeul Soundiata Keïta. De cette histoire, tout Malien bon teint en parle et s’en glorifie. Mais pour ce qui est de la respecter en l’appliquant de nos jours...

A l’instar du Mali, les autres pays africains ont eu leurs anciens modèles de démocratie qui régissaient la vie de leurs peuples. Mais il semble que tous ces modèles africains de démocratie ont été renvoyés aux calendes grecques (que disons-nous?), aux calendes, non pas de l’oubli, mais d’un mépris avéré, voire d’un snobisme invétéré. Et tout cela, pour les “beaux yeux“ de la démocratie occidentale. Mais diable, de cette démocratie-là, qu’avons-nous donc tiré de bon et utile pour nous et nos peuples ?...

Faudra-t-il alors être contraint, bien qu’avec peine, de reconnaître la pertinence de cette remarque d’un certain Général Charles De Gaulle qui, vers les années 1960, soutenait que les Africains n’étaient par assez prêts pour assumer pleinement et efficacement leur indépendance, et qu’ils ne le seraient que dans... 40 ans, c’est-à-dire, en... l’an 2000? En tout cas, certaines dérives aussi insensées qu’infantilismes de certains dirigeants africains continuent d’avoir libre cours, n’honorant ainsi nullement l’Afrique, même si elles ne donnent pas forcément raison au géant Général français.

Des exemples à ne pas suivre

Pourtant, nos sages, griots et grands conteurs africains nous ont toujours mis en garde contre le danger d’un “pouvoir” que certains dirigeants africains tiennent à rendre “éternel”. En effet, ils ont toujours prévenu que le pouvoir, c’est comme de la bière fermentée : plus on l’ingurgite, plus elle devient mielleuse au goût ; et plus elle st mielleuse, plus on s’en enivre ; et plus on en est ivre, plus on déraille et dérape, avec les conséquences que nul n’ignore. Et certains dirigeants africains qui en ont “bue“ ne diront certainement pas le contraire.

En effet, notre Afrique (la pauvre !) a connu et supporté les caprices de dirigeants qui, de leur vivant, ont tout mis en oeuvre et en place pour assurer leur propre succession, mêmes après leur mort, en “déblayant le terrain” du pouvoir au profit de leurs propres progénitures. Certains de ces “fils bénis“ exercent effectivement le pouvoir à la suite de “Papa”.

Et d’autres Chefs d’Etat africains au pouvoir semblent bien décidés à en faire de même : ils ont d’ores et déjà mis leurs dauphins fils au sein des plus hautes sphères des affaires de l’Etat, afin que ces derniers “se fassent la main”, en attendant... C’est dire, en fin de compte, que pour ces dirigeants qui confondent Etat et... royaume, et qui prennent leurs pays pour des territoires conquis, voire pour des titres fonciers personnels, la notion de démocratie n’est qu’un paravent, un faire-valoir, pire, du tape l’œil !

Des cas d’actes démocratiques

Pourtant, la vraie démocratie n’a aucunement besoin d’être criée sur les toits : elle a seulement besoin de s’appliquer concrètement sur le terrain, pour vivre effectivement et se rendre ainsi utile aux peuples africains. Tout le reste n’est que spectacles, faux semblants et faux fuyants...

Aussi, à l’instar de l’autre qui déclamait que “gémir, crier, pleurer, tout cela n’est que faiblesse”, c’est le lieu de clamer que parler, promettre, jurer, tout cela n’est que relents d’hypocrisie et velléités d’abuser le peuple et de lui faire prendre des vessies pour des lanternes. Car, en vérité, la démocratie (l’authentique) ne se vante pas, ne se flatte pas : elle se vit et bat au fond du cœur, tout simplement.

Comme le chantait Charles Aznavour , en parlant d’amour, “il faut savoir quitter la table lorsque l’amour est desservie“. Et c’est dans ce sens que la palme revient quand même à certains de nos Chefs d’Etat, qui ont su “quitter la table“ du pouvoir, même au moment où elle était “servie” . C’est le lieu d’évoquer le cas de Léopold Sédar Senghor du Sénégal, qui avait volontairement cédé le pouvoir à son “fils spirituel“, Premier ministre de l’époque et actuel Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf.

C’est le lieu d’évoquer Ahmadou Ahidjo du Cameroun, qui avait plus tard imité son homologue sénégalais, en cédant la place à son Premier ministre, Paul Biya qui, depuis lors, est toujours... au pouvoir. Même si, au premier Président du Cameroun qui, avant sa mort, s’était retiré en France, on avait prêté (à tort ou à raison) l’intention de vouloir revenir une nouvelle fois aux affaires par la force d’un coup d’Etat. Ce qui avait provoqué le mécontentement du Paul Biya, qui avait mis du temps avant d’accepter que la dépouille d’Amadou Ahidjo soit transférée au Cameroun, après son décès.

C’est enfin le lieu d’évoquer le cas d’Amadou Toumani Touré du Mali qui, au plus fort des tentatives et autres griseries que conférait la période de la Transition 1991-1992), suite aux sanglants remous de la Révolution de Mars 1991, avait préféré initier l’ouverture démocratique, organiser des élections libres (même si elles ont vu y défiler des “électrons libres“), et remettre, en toute légalité démocratique, le fanion du pouvoir à son successeur, le gagnant de l’élection présidentielle d’Avril 1992, la première du genre au Mali.

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