[AUDIO] INTERVIEW EXCLUSIVE DE HAROUNA DIA : Le financier de Macky est un milliardaire du Kéthiakh*

Rédigé le Samedi 31 Mars 2012 à 22:17 | | 4 commentaire(s)

C’est un milliardaire ordinaire. Un homme de l’ombre qui refuse d’attraper la lumière. Harouna Dia, 58 ans, principal bailleur de la campagne de Macky Sall, le nouvel homme fort du Sénégal qu’il a couvert de milliards de FCfa pour le porter à la magistrature suprême, est un garçon fait du bois du peuple…Halpulaar. Un Fils de Wendou Bosséabé, (60 km d’Ourrossogui, dans le département de Kanel) dans le Fouta profond, qui cultive son champ de discrétion.

Rencontré, dans la soirée du mardi 28 mars dernier, à sa suite à l’hôtel dakarois, Radisson Blu, Harouna est resté fidèle à sa réputation. Pas de cravate Hermès, ni de costume hors de prix, l’ami du Président Macky, qui abhorre la frime, était tout relax dans sa mise quelconque. «Je m’habille toujours comme ça», sert-il, comme pour s’excuser d’un peu trop de modestie. Et pour la première fois, cet ingénieur hydraulicien, sorti Major de sa promo à l’Université polytechnique de Toulouse, ancien fonctionnaire de l’Etat du Sénégal et de l’Ong américain Africare, qui s’est fait dans le poisson fumé à Ouagadougou, se livre à la presse. Une grande interview pleine de belles surprises et de grandes révélations.




[AUDIO] INTERVIEW EXCLUSIVE DE HAROUNA DIA : Le financier de Macky est un milliardaire du Kéthiakh*
Harouna Dia, on vous a découvert tout récemment avec l’élection de Macky Sall. L’Observateur vous a présenté comme l’un des principaux bailleurs de sa campagne, voire de son parti depuis qu’il est né. Qui êtes-vous ?



Harona Dia, c’est un simple citoyen sénégalais qui a eu, peut-être, la chance d’avoir eu à faire certaines études, la chance d’avoir fait une certaine carrière, la chance d’avoir atteint un revenu que d’autres n’ont pas, c’est la seule différence. Je suis un ingénieur hydraulicien de formation. Je suis né à presque 700 kilomètres de Dakar à Wendou Bosséabé. J’ai fait mes études primaires là-bas, mes études secondaires au lycée Faidherbe de Saint-Louis, mes études supérieures à l’Université de Dakar. Ensuite, je se suis parti en France pour faire les Grandes Ecoles et je suis sorti diplômer de l’Institut national polytechnique de Toulouse en tant que ingénieur d’hydraulicien. Je suis revenu et j’ai eu un poste en Casamance. Nous avons eu des résultats très importants au niveau de la solution de la salinisation des sols de la Casamance vers les années 1982-1984. Nous avions trouvé des solutions assez révolutionnaires qui remettaient en cause ce qui a été toujours fait là-bas et c’est à partir de là que l’ambassadeur des Etats-Unis, de l’époque, au Sénégal m’a proposé un stage d’un an dans son pays pour connaître les technologies sur la salinisation, l’irrigation et la production du riz. On m’a mis dans une équipe d’experts américains, j’ai fait vraiment l’Amérique en profondeur. Je suis revenu avec un programme de 18 milliards pour régler définitivement le problème de sel en Casamance. Après, les événements (le conflit armé avec le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance) ont commencé et j’étais obligé de partir au Tchad, dans le désert, où j’ai fait un an dans ce que nous appelons l’hydraulique en zone aride, sur financement de l’Usaid. Là-bas, j’y ai vécu un drame, car j’ai vu des gens mourir de faim. J’ai demandé à être libéré et ils m’ont transféré aux Etats-Unis. Je ne suis pas resté là-bas très longtemps. On a estimé que je suis un révolutionnaire et on m’a proposé un poste au Burkina Faso qui était en plein révolution et qui avait un programme très ambitieux de maîtrise de l’eau. Mais il faut avouer une chose, mon séjour aux États-Unis a complètement changé ma vision du monde et des affaires, et j’ai revu à la baisse mon ambition de devenir Président ou Directeur d’une entreprise publique. Je suis revenu avec l’ambition d’être chef d’entreprise, mon propre entreprise. Et quand je quittais le Tchad, je leur ai tout simplement dit que je voulais rentrer en Casamance, à Adéane plus précisément, pour faire la culture de la mangue et ensuite les vendre pour gagner de l’argent. Parce que, ce que j’ai compris c’est que, c’est l’argent qui comptait et ça je l’ai compris aux États-Unis.


Comment ?

C’est une longue histoire. Celui qui m’encadrait m’a invité, un jour, à discuter entre frères américain et africain. Nous sommes partis à sa ferme et avons passé toute l’après-midi à labourer. A ce moment, en tant que bon Sénégalais, j’avais avec moi 2 000$ que j’avais gardé et je voulais m’en servir pour acheter des magnétoscopes, bref des trucs modernes pour venir frimer à Dakar. Alors, nous sommes montés sur ses tracteurs, nous avons labouré presque toute la journée ensemble et après avoir discuté, il m’a fait comprendre que nous (Africains) n’avions pas raison. Le plus important dans la vie, ce n’est pas aller se payer des gadgets ou de beaux costumes pour venir frimer. Depuis lors, j’ai carrément changé de vision et j’ai cherché une opportunité pour créer une entreprise.


Comment avez-vous connu Macky Sall ?

Je l’ai connu au moment où j’appuyais la campagne du Président Wade à Ouagadougou pour le compte du Pds. En 2007, le Pds a eu des problèmes à Ouagadougou où une partie de l’électorat a voulu faire un vote sanction. Ils sont venus me voir en me disant : «Grand, il faut que tu nous aides parce que si tu n’interviens pas, le Président va perdre au Burkina Faso.» J’ai dit : «Non, ça quand même je ne le voudrais pas.» Je suis intervenu, j’ai mis les moyens, bref ça s’est très bien passé et ils ont estimé que je devais connaître le Directeur de campagne du Pds (Coalition Sopi 2007, plutôt). Et ils m’ont mis en rapport avec Macky Sall qui occupait ce poste à ce moment-là. Et lorsque je suis arrivé à Dakar, je l’ai rencontré et je lui ai fait un appui et ensuite j’ai été voir Wade à qui j’ai également fait un appui.


C’est quoi un appui ?

Bon ! (Il sourit) C’est-à-dire que j’ai donné ma contribution financière.


A hauteur de combien ?

Non, je ne peux pas le dire. Je l’ai fait pour la campagne du Président Wade et il le sait. J’ai contribué à sa campagne en 2007. Dans les départements de Matam et de Kanel aussi, j’ai donné ma contribution. Donc, aussi bien à Ouagadougou qu’au Sénégal, on a mis les moyens. Voilà, c’est comme ça que j’ai connu le Président Macky Sall.


Pourquoi avez-vous quitté Wade que vous appuyiez en premier pour rejoindre le camp de Macky Sall ?

Discrètement, je faisais partie de ceux qui ne voulaient pas la rupture jusqu’au dernier moment. Comme je suis venu et j’ai trouvé que l’équipe était soudée et autant j’étais avec les amis de Karim, autant aussi j’étais avec les amis de Macky qui formaient un groupe soudé autour du président de la République. Je suis arrivé en pleine campagne, j’ai appuyé les amis de Karim, tous bien sûr, et les amis de Macky aussi. Et pour dire vrai, on a vu les fissures se dessiner, on a senti qu’il y avait des problèmes dans le camp de Wade depuis 2007. Et j’ai découvert ça, en pleine campagne, mais je ne vais pas entrer dans les détails. J’ai vu que ça commençait à partir en catastrophe. Alors, on a essayé de souder nos forces et rester ensemble, mais jusqu’au dernier jour, c’est-à-dire la rupture, nous n’avons pas désespéré. On pensait qu’on allait trouver des solutions mais, malheureusement, je voyais que les deux positions devenaient de plus en plus tranchées et nous avons donc estimé que Macky a été injustement sanctionné. Il a été injustement sanctionné et, pire, on a essayé de l’humilier. C’était vraiment l’humiliation. Alors, j’ai trouvé cela un peu choquant, c’était même mauvais pour l’image de notre pays. Nous, nous estimons que quand quelqu’un sert l’Etat, il y a de ces choses… (Il ne termine pas sa phrase). Quand quelqu’un sert l’Etat à un certain niveau, il doit y avoir certaines choses à préserver. Cela est bénéfique pour l’image de notre Etat et de notre Administration. Alors, nous avons pensé que ce n’était pas la bonne solution et nous avons lutté.


Mais jusqu’à présent, les gens ne savent pas ce qui s’est passé réellement entre Macky Sall et Abdoulaye Wade. Que s’est-il passé ?

Je ne suis pas dans leur secret. Nous avons juste vu ce qui s’est passé entre eux. On sait tous que Macky a convoqué son fils et on a tous vu ce qui s’en est suivi. La bagarre a commencé. Ensuite, c’était la levée de bouclier partout, les gens faisaient des déclarations tous azimuts et il a été débarqué de l’Assemblée nationale.


Vous avez dit tantôt que vous avez essayé de les rabibocher. Quelle était la position de Wade ?

(Il interrompt). Moi, honnêtement, je ne parlais pas à Wade, je parlais à des amis de Karim parce qu’en toile de fond, c’est Karim qui était le problème. (Il se répète) Moi, je parlais avec des amis de Karim. Il y en a avec qui j’ai gardé de bonnes relations jusqu’à aujourd’hui et nous, nous essayions de travailler ensemble pour que les gens se retrouvent. Cela n’a pas marché.


Est-ce que Karim en son for intérieur voulait ce divorce entre son père et Macky ?

Dans la politique, chacun vient avec ses ambitions. Macky dérangeait, peut-être, et il fallait l’éliminer pour que cela soit plus simple. Sinon moi, je ne m’explique pas l’acharnement contre Macky (Sall). Le fait de convoquer Karim, c’était bien pour lui, mais les gens ont mal pris cela. Je pense que, c’était un problème d’ambitions qui se posait. Des ambitions qui se développaient de part et d’autre et puis, c’était normal. Nous avons regretté que la famille explose. Nous avons lutté pour que la famille se retrouve, malheureusement cela n’a pas marché.


Est-ce que c’est la procédure dont a été victime Macky qui vous a poussé à prendre son parti dans ce combat-là ?

Nous, Sénégalais de la Diaspora, nous sommes des bâtisseurs sur l’ensemble du territoire national. Nous construisons des dispensaires, des écoles, des forages. A un moment donné, lors des premières années de l’«Alternance», il y a eu des flottements. Les gens faisaient de la politique et il n’y avait pas d’actions. Le passage de Macky Sall à la Primature a coïncidé avec la réalisation de grands travaux, des infrastructures du Président Wade. Et nous, nous nous sommes retrouvés dedans. Ce qui explique la grande adhésion de la Diaspora en 2007 et nous avons voté massivement pour Wade. Non seulement, on a voté pour lui, mais aussi on a même battu campagne pour lui. On a trouvé en lui un allié, mais, on a aussi trouvé en Macky Sall, un acteur important qui parle peu et agit beaucoup. Le fait qu’on l’ait écarté comme cela a fait que l’on soit entré dans la politique politicienne. Macky a suscité un espoir chez nous en lançant les grands travaux du Président Wade. Personnellement, j’ai été touché par l’attitude de Macky et de sa femme à un moment donné. Je pense qu’à un moment, ils (les autorités étatiques) avaient tout envisagé. Ils envisageaient de mettre Macky en prison. Et un soir, j’appelle Macky qui était avec sa femme, il me dit : «Harona, tu sais que la situation actuelle n’a pas de solution et, en tout cas, moi, je ne renoncerais pas à mes principes et il y a des choses que je n’accepterais pas maintenant, je suis prêt à aller en prison, c’est ce qu’ils veulent. Ne n’inquiète pas pour ça.» Il me passe sa femme (Marième Faye) qui me dit : «Franchement, si c’est à cause des principes qu’incarne mon mari qu’ils veulent le mettre en prison, je suis prête pour qu’il y aille et je suis prête à assumer.» J’ai compris qu’il y avait en cette famille une forte détermination et une forte conviction aux valeurs. C’est cela qui m’a marqué et je me suis dit : je vais m’engager avec Macky Sall dans la politique.


C’est pourquoi vous avez financé des milliards dans la campagne de Macky Sall ?

Les gens le disent, mais ils n’ont aucune preuve. Je ne suis pas le seul, tout le monde a contribué. Vous allez au Fouta, vous allez trouver des gens qui sont venus du Congo, du Gabon de partout.


Pourquoi cherchez-vous à cacher votre implication dans la montée en puissance de Macky Sall ?

Je ne cache rien. J’ai contribué, mais je ne suis pas le seul. Nous avons tous contribué. Nous nous sommes partagé les rôles. Je me suis engagé le premier et j’ai entraîné les autres avec moi. Chacun a mis les moyens à la hauteur de ses possibilités. Peut-être que j’ai fait plus que les autres et que j’ai plus de mérite que les autres. Mais tout le monde s’y est donné.


Mais est-ce que vous ne soutenez pas Macky Sall, comme les autres riches Foutanké d’ailleurs, parce que vous trouvez en lui un parent ?

Honnêtement, cela ne peut pas être exclu. Mais nous avons des parents qui sont avec Wade et nous ne les soutenons pas. Nous avons combattu ensemble sur le terrain.


Combien de milliards avez-vous investi dans la campagne de Macky ?

Je ne peux pas le dire. Je me demande même si j’ai des milliards à investir dans une campagne.


Mais on parle de 35 véhicules 4X4 que vous avez achetés pour les 14 régions du Sénégal. Vous avez donné environs 5 à 6 milliards à 26 collectivités pour implanter davantage l’Apr. Cela, vous ne pouvez pas le nier…

(Il interrompt) Je ne nie pas que j’ai contribué au déroulement de la campagne l’Apr. Mais là où on ne s’entend pas, c’est quand vous voulez quantifier mon apport. Ce n’est pas avec 35 4X4 que nous avons gagné les élections. Il y a eu plus que ça.


Mais les 35 4X4, c’est une réalité ?

C’est bien plus que cela. Nous avons mis les moyens. Beaucoup d’argent et nous avons eu de bons résultats. Nous avons eu un répondant. Les gens exagèrent et disent que j’ai corrompu des dirigeants, j’ai donné à chacun des grands électeurs du Fouta des millions pour acheter des 4X4, j’ai suivi tout cela et ça me fait rigoler. Ce sont eux qui ont acheté les gens. Ils étaient dans les bureaux de vote avec leurs liasses d’argent. Et je me demande même pourquoi ils ne sont pas venus m’acheter ? (Il éclate de rire) Il pouvait venir négocier avec moi. Je suis un homme d’affaires, mais ils ne m’ont rien proposé.


Peut-être que vous êtes un intouchable, pour reprendre un terme en vogue ?

(Il rigole). Non, moi je suis touchable puisque je suis un homme d’affaires. Vous savez, le Sénégal est une grande nation démocratique. Aujourd’hui, au niveau international, notre cote est montée en flèche et si nous pouvons continuer à contribuer à la démocratie sénégalaise, il faut que nous investissions mieux chez nous. On doit investir aussi sur les hommes, avec Macky Sall, peut-être, qu’il y aura retour sur investissement, mais pas pour Harouna Dia, mais pour tout le Sénégal. Nous estimons que si tu es riche alors que 9 de tes parents sont pauvres, ça ne sert à rien.


Pour revenir à Macky Sall, pensiez-vous qu’il serait élu en un laps de temps ?

Vous savez, je suis un homme d’affaires et nous, les hommes d’affaires, prenons des risques tous les jours, mais ce sont des risques mesurés et calculés. C’est la même analyse qu’on a faite avant de s’engager avec Macky Sall. Il faudra, en Afrique, que les hommes d’affaires apprennent à investir sur des hommes politiques. Parce que quand le politique est bloqué, les affaires ne marchent pas. J’ai pris un risque et j’ai subi les contrecoups, des menaces de toutes sortes.


De la part de qui ?

De la part des gens qui étaient là, au pouvoir.


Quand avez-vous senti que Macky pouvait être Président, que c’était le bon moment ?

En 2009, quand il partait aux élections locales, Macky n’avait pas de parti, ils ont refusé de nous donner le récépissé. Mais, nous les avons battus sans parti. Et le fait que l’on soit avec Macky, qu’on ait pu mobiliser la diaspora du monde entier, nous a fait comprendre que la population adhérait et le soutenait. On a senti qu’il y avait vraiment une dynamique Macky dans le pays depuis 2009. Toutes les tendances qui sortaient, il était dans le duo de tête.


Votre homme arrive au pouvoir dans un contexte difficile marqué par la crise économique et financière, alors qu’il a fait beaucoup de promesses à l’électorat sénégalais, à commencer par la baisse des prix des denrées de première nécessité. Comment comptez-vous faire pour ne pas décevoir les Sénégalais à ce sujet ?

Vous voyez qu’il a plu aujourd’hui, en pleine saison sèche (l’entretien a été réalisé le mardi 28 mars dernier), ce n’est pas un hasard. Ensuite, je suis allé saluer Macky tout à l’heure (il faisait minuit), il m’a fait entrer et j’ai trouvé là-bas de grands financiers et nous avons discuté. Ils ont dit à Macky Sall qu’avec son élection, les conditions de mobilisation d’argent sont plus faciles pour le Sénégal actuellement, nous sommes prêts à mobiliser ce que vous voulez. Aujourd’hui, vous pouvez demander à n’importe quel financier, il vous dira que l’élection de Macky Sall a créé une situation nouvelle pour le pays. J’estime que nous sommes suffisamment intelligents, nous avons des cadres valables et nous allons les exploiter. On ne peut pas faire de la politique sans penser à l’homme, on ne peut pas faire des infrastructures si ce n’est pour servir l’homme. Les Sénégalais ne mangent plus à leur faim, ils sont fatigués et on va s’attaquer à cela (…) Mais, gérer ce secteur, c’est augmenter de façon durable la production agricole. Il faut qu’à la prochaine campagne, il y ait une surproduction au Sénégal. Et pour cela, le Président Macky Sall a déjà commencé à réunir les partenaires impliqués dans l’agriculture, pour que les semences soient mises en place. Nous allons moderniser et vous allez voir ce que ça va donner. Ensuite, pour ce qui est des importations, il y a des choses que nous ne maîtrisons pas. Au Burkina, par exemple, l’Etat a décidé de renoncer à ce qu’il prenait sur les denrées de première nécessité, ni taxes ni Tva, et les prix ont baissé. Même les gens qui ne voulaient pas comprendre du côté des «Fal2012» ont admis que si la Tva est annulée, les prix vont baisser.



Mais, est-ce que cela ne va pas causer des problèmes ailleurs ?

Un budget, c’est l’équilibre. Si on compile les charges de l’Etat, de la Présidence du Sénégal, il a été démontré qu’elle fait quatre fois le fonctionnement de la Présidence française. Nous allons comprimer cela et ça pourra compenser tout le reste. Nos experts sont en train de calculer. Il y a du gaspillage dans ce pays, ce qu’on reproche à ce gouvernement, c’est la gouvernance économique, il y a eu un vrai gâchis, des monuments de 90 milliards FCfa, les fêtes de 75 milliards… Ils ont jeté l’argent par les fenêtres. Cet argent, nous voulons le donner aux populations. Si nous ne faisons pas cela, il faut considérer que c’est un problème de sécurité qui se pose pour le pays. Les gens ne peuvent pas continuer à vivre dans cette situation de pauvreté, d’indigence alors que nous dormons tranquillement dans les hôtels de luxe, ils vont venir nous envahir. Il faut considérer la baisse des denrées de première nécessité comme une question de sécurité nationale. Parce qu’à un moment donné, les gens vont exploser, donc nous sommes obligés. C’est comme une route, comme l’Armée, ce sont des dépenses incompressibles que nous sommes obligés de gérer. Et on le fera avec nos partenaires techniques et financiers, et vous allez voir que nous allons y arriver.


Pour vous, la sécurité passe par l’autosuffisance alimentaire. Est-ce que la meilleure manière d’y arrive, ce n’est pas de passer par le secteur de l’agriculture et développer la vallée du fleuve Sénégal ?

Bien sûr, moi j’en suis convaincu. D’ailleurs, je l’ai fait chez moi, pour les gens qui avaient abandonné l’agriculture dans mon village. J’ai irrigué et j’ai amené des tracteurs aussi. Nous allons moderniser le secteur, donner des tracteurs aux gens dans le monde rural.


Qu’avez-vous fait précisément chez vous ?

J’ai fait deux périmètres irrigués dans mon village, un pour les femmes et un pour les hommes, à partir des forages. Parce que, j’ai trouvé que le gouvernement a fait des forages, mais quand on fait un forage, c’est dans le but de lutter contre la pauvreté. Mais on peut aussi l’équiper dans l’optique de l’autosuffisance alimentaire. Les forages que nous faisions, il y en a qui produisent 100 à 150 m3 par heure, mais ils les équipent avec des machines qui sortent 25 m3 par heure, parce qu’ils veulent simplement que les populations boivent. Moi j’ai enlevé les pompes «lutte contre la pauvreté» et j’ai mis les pompes «pour le développement». Et j’ai irrigué plus de surfaces de terre, ce n’est pas compliqué. Je l’ai expliqué au Président Wade. Et les gens gagnent de l’argent, ils paient leurs factures d’électricité, vendent leurs légumes. C’est l’aptitude douze mois sur douze, parce que quand tu as de l’eau, la saison sèche n’existe pas. Avec les forages, on crée la pluie à tout moment. Il suffit d’ouvrir, les asperseurs qui jettent de l’eau de pluie et les gens cultivent à tout moment.


Donc, c’est ce projet, que vous qualifiez de pilote, que vous proposez au Sénégalais ?

Entre autres ! Celui-là existe, mais il existe aussi dans la vallée des aménagements. Maintenant, nous allons dire aux gens, cultivez une fois, deux fois, c’est mieux que de cultiver une fois le riz, de semer, de récolter et de s’arrêter. Quand on cultive le riz, on peut après cultiver le maïs, ou même des légumes. C’est là où il y a le fleuve et même là où il n’y a pas le fleuve aussi, nous voulons que les gens cultivent, même à Ndoffane, là-bas dans le Saloum, nous voulons que les gens travaillent douze mois sur douze.


Vous n’aviez pas mis les pieds au Sénégal depuis 5 ans, vous revenez juste après l’accession au pouvoir de Macky Sall. Est-ce pour récolter un peu les dividendes de vos investissements ?

Honnêtement, je ne suis pas dans ça. Je vais bientôt retourner à Ouagadougou. J’étais là pour l’investiture de Macky Sall, revoir les militants, les parents. Mais je fais partie de ceux qui réfléchissent, ceux qui expliquent, ceux qui conseillent. Nous avons une expérience importante dans notre parcours international, nous allons mettre ça à la disposition de Macky et de l’équipe qui sera mise sur pied.


Vous n’avez pas l’ambition de figurer dans l’équipe de Macky Sall ?

Non, je suis un homme du privé. Je suis passionné par le privé. Je ne suis pas politique. Je suis venu donner un coup de pouce, je retourne dans mon milieu naturel, dans mes affaires. Peut-être que je ferais des investissements au Sénégal. Que je revienne et que j’investisse au Sénégal dans l’industrie d’huile d’arachide. Je suis en train de réfléchir pour investir dans d’autres secteurs, car si je n’ai pas investi au Sénégal, c’est que les conditions ne s’y prêtaient pas. Nous avons les pieds sur terre et une fois, le Président Ousmane Seck (ancien président de la Bid) m’a dit : «Tu sais Harouna, le problème de nos chefs d’Etat, c’est que tant qu’ils n’auront pas des conseillers qui ne dépendent d’eux, ils ne vont pas s’en sortir.» Et c’est cette expérience qu’on veut tenter avec Macky. Je n’attends rien de lui. Je ne ferai pas partie des salariés. Je n’en ai pas besoin, je suis avec le peuple. Nous allons les aider avec des idées claires. Il faut que les gens investissent dans le secteur privé, car c’est le privé qui développe un pays. L’état peut tout simplement jouer un rôle régalien. Maintenant, il faut qu’on passe au statut de chef d’entreprise et non pas seulement au statut d’employé de la Fonction publique. Il faut que l’entreprise soit développée. Avec ma contribution, les gens vont encourager l’investissement dans le secteur privé, monter des entreprises, créer des emplois, des richesses et développer le pays.


Est-ce que ce ne sont pas de belles idées qui vont buter sur l’exercice du pouvoir parce que déjà, la chronique soutient que le Sénégal est à quelques encablures de la banqueroute et que les caisses sont vides. Et Macky a 5 ans pour mettre en œuvre tout ce que vous nous vendez ?

Moi, je suis de nature optimiste. Vous savez, même le Président Wade a dit toute sa surprise de voir Macky venir. Il est surpris et les gens seront encore surpris. Il y a eu la pluie. Il y a des pays qui ont connu des situations plus difficiles que çà et ils se sont relevés. Le monde est maintenant un village planétaire. Le Président Macky a dit : «Nous allons faire le point.» Tout ce qui reste, c’est des spéculations. Nous allons voir ce que nous avons et ce que nous n’avons pas. Qu’est-ce qui existe concrètement, ce qui est faisable et ce qui n’est pas faisable, nous allons faire appel à nos partenaires. Les gens vont nous accompagner. Le Sénégal a montré des choses extraordinaires à la face du monde. Le peuple est prêt à nous accompagner si nous avons des programmes sérieux qui touchent le problème de la pauvreté. L’Europe subit les contrecoups, certains meurent là-bas, d’autres veulent revenir. Donc les gens vont nous accompagner. On peut emprunter sur le marché international. Nous sommes encore solvables.

Mais le mode n’est plus solvable. Est-ce que cet appel de fonds qui vous semble très évident pourra se réaliser concrètement ?

Nous sommes en train de spéculer. Concrètement, nous allons attendre, nous sommes en train de réfléchir et je n’ai pas entendu que le Sénégal est au bord de la banqueroute. Si c’est vrai, les gens vont nous expliquer pourquoi nous sommes en banqueroute ? Et nous allons faire appel à nos partenaires internationaux. Mais à partir du moment où il y a une volonté politique réelle affirmée de rompre avec les anciennes pratiques de gabegie, de mal gouvernance, vous allez voir qu’il y aura nécessairement une amélioration. Rien ne sera plus comme avant dans ce pays. Je suis convaincu de cela. C’est la volonté politique au sommet qui nous manquait. La diaspora fait entrer plus de 900 milliards par an, ça c’est déjà important.


On a vu que vous n’avez pas parlé de vous, mais dans quel domaine avez-vous investi pour faire fortune, au point d’être considéré comme un milliardaire ?

Très jeune, j’ai eu de bons salaires. A ce moment, je ne travaillais pas pour l’argent. J’étais passionné, je voulais développer des activités. J’étais passionné de création et de développement. J’ai vu qu’en six ans, je n’ai rien développé. J’ai échoué partout. J’ai appris à travers mon travail au Burkina-Faso où j’ai été envoyé comme consultant pendant trois mois. En trois ans, j’ai mobilisé trois millions de dollars (1,5 milliard de francs Cfa) et on me payait 3 000 dollars (1,5 million de francs Cfa) par an. Et les Américains m’ont dit que ce qu’on faisait là c’était du business. Ils m’ont dit : «Harouna, il faut te concentrer sur le business. Il faut qu’on gagne de l’argent. Alors, je j’ai réfléchi et je me suis dit : mais pourquoi pas moi ? Si je fais 10% des efforts que je fournis, je vais y arriver. Je me suis dit : tout seul j’ai réussi à mobiliser 3 millions de dollars par an. J’écrivais les projets, je faisais les analyses financières, je faisais presque tout et on ne me donnait que 3 000 dollars. C’était un gros salaire en ce temps-là, on avait une belle maison. Je vendais la misère des populations du Burkina pour gagner cet argent-là. Et je me suis dit : je vais chercher à vendre quelque chose pour gagner de l’argent en toute liberté. J’ai alors demandé à un de mes agents au Burkina, ce que je pouvais vendre pour avoir de l’argent. Il m’a dit : «Mais patron, chez vous, on jette le poisson et nous, nous n’avons pas de poisson. A ce moment-là, c’était le poisson fumé. Je suis allé voir les vendeurs de poissons d’Abidjan (Côte-d’Ivoire) pour leur demander conseil, puisque les Burkinabè consommaient des produits ivoiriens. J’ai attendu d’avoir réuni 15 millions Cfa dans mon compte pour rendre le tablier et revenir au Sénégal. Je suis parti à Mbour, Joal, j’ai étudié la situation et j’ai vu qu’ici, les gens vendaient le poisson à 80 FCFa, et au Burkina, ils disaient qu’ils pouvaient me l’acheter à 1 200 FCfa. Je me suis dit : «moi j’ai perdu du temps jusque-là». Alors, je suis rentré dedans. Mais j’ai perdu tout mon argent. Tout était foutu. Les Sénégalais étaient faux. Les Burkinabè aussi. Tout ce qu’ils me disaient était du faux. D’abord, le «kéthiakh» (poisson fumé) tel qu’ils le faisaient ici ce n’est pas ce que les burkinabè voulaient. Les Sénégalais ne pouvaient pas faire ce que les Burkinabè voulaient. Avant de le comprendre, tout mon argent était fini. Je suis allé prendre des gens au Ghana, en Côte-d’Ivoire etc. et je les ai amenés à Joal. Aujourd’hui, il y a un quartier à Joal habité par eux. Bref, à la fin, j’ai compris avec quelle technologie il fallait préparer le poisson sénégalais pour qu’il soit consommé au Burkina. Quand j’ai réalisé cela, j’ai gagné beaucoup d’argent. Les gens faisaient la queue chez moi pour verser l’argent à 05 heures du matin. Je choisissais même des billets neufs (il éclate de rire). Je me suis dit : «Moi qui suis cadre, formé dans les grandes écoles aux Usa, je ne peux pas produire mes propres salaires.» Il fallait que je règle cela. Je vais vous raconter une anecdote. Il y a un ami qui est venu me voir à l’hôtel Téranga, il cherchait du travail. Il m’a dit que cela faisait trois ans qu’il cherchait du travail. Il me demandait d’intervenir auprès d’un de nos amis qui travaillait aux Nations Unies pour qu’on l’embauche là-bas. Je lui ai dit : «Je ne peux pas intervenir. Tu as cherché du travail pendant trois ans. Je veux que l’on conclue qu’il n’y a pas de travail. A ce moment, nous pourrons avancer. Si tu acceptes qu’il n’y a pas de travail, je vais te donner des conseils.» Il me dit : «Mais, comment ça ?» Je lui ai rétorqué : «Nous avons cherché pendant trois ans et nous n’avons pas trouvé. Arrêtons de chercher, au moins tu vas te reposer.» Il me dit : «Je fais quoi alors ?» Je lui réponds : «Tu vas chercher de l’argent». Il me dit : «Comment peut-on chercher de l’argent s’il n’y a pas de travail ?» J’ai lui dit : «C’est différent. Chercher du travail et chercher de l’argent, c’est différent. Je vous conseille de chercher de l’argent mais de ne pas chercher du travail.» Il m’a dit : «Explique-toi.» Je lui ai dit : «Tu cherches du travail parce que tu es un ingénieur du textile. Tu vends ta matière grise d’ingénieur du textile. C’est pourquoi tu n’as pas trouvé du travail. Je lui ai dit : «Combien on te payait ?» Il m’a dit : «200 000 FCfa. A ce moment, moi j’achetais les cartons Mtoa (qui servent à emballer les cigarettes) chez les Baol-Baol. Ils partaient chercher les cartons d’emballage à 300 francs Cfa et ils me le vendaient à 2 000 FCfa. Il gagnait 1700 FCfa par carton. Je lui ai dit : «Le Baol-Baol, s’il vend 100 cartons, cela lui fait 170 000 FCFa. 100 cartons du Baol-Baol, cela fait ton salaire d’ingénieur. Donc, arrête de chercher du travail et va chercher de l’argent. Il faut aller voir chez toi ce que tu peux faire pour gagner tes 200 000 F Cfa. Libère-toi.» Moi, je voulais produire mon salaire de 30.000 dollars, je suis rentré dans le «Kéthiakh (poisson fumé)» et en 1992, nous avons fait le plein emploi à Joal. Tous les jeunes et les femmes de Joal, nous les avons employés. J’ai investi sur au moins 10 ha à Joal. J’ai financé les femmes etc. Ce sont des camions, des wagons qui s’alignaient sur le Burkina. Le Sénégal a repris tout le marché de Burkina en poisson fumé. Je ne pouvais même plus ravitailler le marché, parce qu’ils ont découvert que c’était mieux que le poisson de Côte-d’Ivoire. Avant, ils disaient : «Vous savez le Guorgui (le Sénégalais), c’est un truand.» Quand j’amenais le «kéthiakh», ils disaient : «Comment le Guorgui peut-il amener du poisson qui n’a pas de tête, qui n’a pas d’écailles ? Ça ce n’est pas bon.» Je vendais le poisson sénégalais moins cher que celui ivoirien. Ils m’ont dit que le poisson du Gorgui, ce n’est pas bon. Ce n’est pas du poisson. Mais quand ils ont découvert que c’était du poisson, tout le monde a plongé et je ne pouvais plus ravitailler le marché. Et les burkinabè sont venus investir à Joal. Bon, quand ils sont rentrés dans le marché du «kéthiakh», je me suis retiré. Là, maintenant, ce n’était plus pour mon salaire. Je me suis tourné vers le poisson frais pour gagner d’argent.


Combien ?

(Il éclate de rire). Ça, je ne peux pas le dire. Non, je ne vais pas le dire. J’ai été gagné par la passion de l’entreprise. Je me suis retiré du poisson fumé, je suis rentré dans le poisson frais congelé. Je possède 45 camions frigorifiques. J’ai 160 employés. J’ai un réseau. C’est bon. Cela veut dire que j’ai réglé un compte avec moi-même. J’ai pu créer mon salaire, créer les salaires de 160 employés, avoir même des excédents qui me permettent de soutenir, financer Macky Sall. C’est ce que vous vouliez entendre (il éclate de rires).


Au lendemain du festival de Thilogne où Demba Dia qui avait amené sa sono avait interdit le micro à Baba Maal, la chronique soutient que dès le lendemain, vous lui avez acheté une sono à 300 millions. Est-ce vrai ?

Oui, oui ! Parce que cela m’avait fait mal. Maintenant, je ne donne pas des chiffres. Je ne dirai pas la valeur exacte, mais j’ai acheté la sono parce que d’abord, Baba Maal c’est mon camarade de promotion. Nous avons fait le lycée ensemble. Donc, quand j’ai appris qu’il n’avait pas son propre matériel de musique, cela m’a fait mal et comme j’étais son ami, je lui ai acheté la sono. J’ai les moyens de le faire et je l’ai fait discrètement. Effectivement, j’ai acheté sa sono et il est content. C’est pour faire marcher son entreprise. C’est toujours l’esprit d’entreprise que j’ai dans la tête. J’encourage toute initiative privée. Baba, chef d’entreprise, avec ses employés, est venu au Burkina, nous avons discuté. Si je l’aide, l’argent qu’il utilise pour louer du matériel, va servir à son entreprise. C’est toujours l’idée de pousser pour que les gens se développent.


Quelles sont vos relations avec le Président Burkinabè, Blaise Compaoré ?

Nous n’avons pas de relations particulières. Je ne l’ai jamais vu, je ne l’ai jamais rencontré. Mais je connais très bien sa famille. A un moment, j’ai eu des difficultés dans mes affaires et il a eu à aider quelqu’un qui m’a aidé. J’ai de très bons rapports au Burkina. De très bons rapports avec tout le monde. La classe politique, le privé, tout le monde.


Avez-vous introduit Macky auprès de lui ?

Non. Macky a aussi ses propres réseaux. Moi, je ne suis pas politicien. Je suis un privé. Macky a ses réseaux, mais quand il vient au Burkina, je vais l’accueillir à l’Aéroport. Mais quand il va en audience, je n’y vais pas.

…Par PAPE SAMBARE NDOUR OBS

* poisson fumé

Plus d'informations demain sur leral ( La rédaction )



1.Posté par Nick le 31/03/2012 23:41 | Alerter
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il a raison on est trop concentre a trouver un boulot or qu on pourrait se concentrer a cree des business et comme il le dit " chercher l argent "

2.Posté par miel le 01/04/2012 09:47 | Alerter
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3.Posté par yayi le 01/04/2012 17:48 | Alerter
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MERCI MR DIA
Pour l effort consenti vous la avez pour tout le peuple senegalais Que DIEU VOUS GARDE
Nous une Groupe de femmes senegalaises cadres superieures qui sollicitent l'appui de Mr DIA dans la participation du capital de leur société

4.Posté par sy le 02/04/2012 00:10 | Alerter
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