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(AUDIO)Syrie : massacre à Treimsa, le Conseil de sécurité encore divisé

le 13 Juillet 2012 à 19:58 | Lu 731 fois

En Syrie, un nouveau massacre aurait causé la mort de plus de 150 personnes à Treimsa, une localité située près de Hama dans le centre du pays. Un massacre perpétré par les forces de sécurité du régime selon les opposants, par des terroristes selon le régime. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme, des troupes gouvernementales auraient bombardé Treimsa, appuyées par des chars et des hélicoptères. Ce massacre a lieu alors que le Conseil de sécurité doit se réunir pour décider de l’avenir de la mission de Kofi Annan et des observateurs en Syrie. Kofi Annan s’est lui-même dit choqué et effaré par les nouvelles du village de Treimsa.


(AUDIO)Syrie : massacre à Treimsa, le Conseil de sécurité encore divisé
Ce serait le massacre le plus sanglant qu'ait connu le pays depuis le début du soulèvement en mars 2011. Il fait suite à celui de Houla en mai dernier qui avait soulevé un tollé international, mais qui, selon le régime, avait été perpétré par des groupes armés.

Les forces gouvernementales du régime de Bachar el-Assad ont pilonné le village en utilisant des chars et des hélicoptères avant de poursuivre le massacre à terre. C'est ce qu'a déclaré le président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, à l'Agence France-Presse. Le bilan est d'autant plus lourd qu'une mosquée, qui abritait de nombreuses personnes venues y trouver refuge, a été bombardée, selon un militant de la région.

« Une trentaine de véhicules de l'armée ont totalement encerclé le village », raconte un autre militant. « Il n'y avait aucune possibilité de sortir. Quiconque essayait de fuir à travers les champs était abattu », a-t-il ajouté.

« Groupes terroristes »

Selon les autorités syriennes, des affrontements ont éclaté entre l'armée et un groupe de terroristes. L'agence de presse officielle Sana n'a donné aucun bilan, déclarant simplement qu'il y avait de lourdes pertes dans les rangs des « terroristes » et que trois soldats avaient été tués. Selon un témoin cité par Sana, les habitants auraient vécu un cauchemar lorsque des groupes terroristes armés ont attaqué le village. Les unités de sécurité disent avoir « combattu les terroristes, leur infligeant de lourdes pertes, en faisant certains prisonniers, confisquant leurs armes, parmi lesquelles des mitrailleuses de facture israélienne ».

Les autorités syriennes ont mis en cause la responsabilité de médias étrangers, pointant les chaînes satellitaires al-Jazira et al-Arabiya, qu’elles accusent régulièrement de manipuler l'opinion publique contre le régime syrien. Ce type d'actes intervient souvent à la veille de réunions internationales, souligne l’agence officielle. C'est encore le cas, puisque le Conseil de sécurité se réunit depuis jeudi afin de discuter de la poursuite mission des observateurs, voire d'éventuelles sanctions que souhaitent imposer les Occidentaux mais auxquelles se refusent Russie et Chine.

Propositions divergentes au Conseil de Sécurité

La mission des observateurs de l’ONU et de la Ligue arabe arrive à expiration le 20 juillet. Deux propositions circulent mais les avis sont très divergents. La Russie, principal allié de la Syrie, refuse toute référence au Chapitre VII de la Charte des Nations unies qui rendrait les résolutions contraignantes et pourrait déboucher sur l'usage de la force contre Damas en cas de non-respect de la résolution. Moscou se contente de proposer que la mission des observateurs soit renouvelée.

En revanche, la Grande-Bretagne a présenté une résolution que soutiennent notamment les Etats-Unis, la France, et qui donne dix jours au régime pour retirer ses troupes et les armes lourdes des villes, sous peine de sanctions diplomatiques et économiques. Les discussions se poursuivent ce vendredi.

L'opposition demande une intervention humanitaire

Pendant ce temps, le Conseil national syrien (CNS, un des principaux groupes d’opposition) ou encore Michel Kilo (figure emblématique de la lutte pour la démocratie en Syrie) se sont rendus séparément en visite à Moscou pour tenter d'infléchir la position de la Russie, alliée de Damas… mais sans succès.

Michel Kilo avait déclaré lundi : « Nous considérons qu’il est dans l’intérêt de la Russie (de parvenir à) la stabilisation de la situation ». Lui-même veut que la transition soit mise en œuvre, sans Bachar el-Assad « et sa clique », et pour cela « les Russes doivent comprendre que ce n’est pas dans leur intérêt de continuer sur leur position, et qu’ils sont devenus partie prenante dans le conflit » .

Le CNS veut aller plus loin. Pour l'organe de l'opposition, Kofi Annan, la Russie et l’Iran, par leur inaction, sont responsables de cette tuerie de Treimsa, faisant allusion à la tournée de Kofi Annan cette semaine entre Damas, Bagdad et Téhéran.

Les observateurs prêts à se rendre à Treimsa

L’émissaire conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe Kofi Annan a réagi en condamnant les atrocités. « Ceci est une violation avec les engagements du gouvernement de cesser l’utilisation des armes lourdes dans des zones habitées et de ses engagements sur le plan en six points ». Le général Robert Mood (le chef des observateurs en Syrie) a quant à lui déclaré lors d’une conférence de presse que « s'il y a un véritable cessez-le-feu, l'UNSMIS est prête à s'y rendre et vérifier les faits ».





SOURCE:Rfi