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Abdou Ndéné Sall, Secrétaire d’Etat au réseau ferroviaire national : « Les chantiers du train Express régional vont démarrer en fin juillet prochain »


Rédigé par leral.net le Samedi 18 Juin 2016 à 13:54 | | 3 commentaire(s)|

Dans cet entretien accordé à « L’As », Abdou Ndéné Sall, secrétaire d’Etat au réseau ferroviaire national, aborde différentes questions relatives au processus de relance du chemin de fer, enclenché par le gouvernement. en ce qui concerne le Train express régional (Ter), il a annoncé le démarrage des chantiers en juillet prochain et répondu aux anciens cheminots, qui ont affirmé, récemment dans nos colonnes, qu’un projet ferroviaire viable ne doit jamais être adossé à un aéroport. Entretien

L’As : plus de 3 mois après le retrait définitif de Abbas Jaber, quelle est la situation à Transrail?

Abdou Ndéné Sall : Je dois d’abord préciser que le Président Macky Sall, dans sa vision futuriste et conscient du rôle du chemin de fer dans l’économie du pays, a exprimé l’ambition ferme de relancer le chemin de fer, dans le cadre du Plan Sénégal émergent (Pse). C’est ainsi qu’il a mis en route un important maillage du territoire national, avec un chemin de fer adossé à un programme minier, mais aussi à une volonté de désenclaver toutes les régions du Sénégal, notamment la Casamance. Cependant, nous avons trouvé le secteur du chemin de fer totalement en déclin. Il nous faut donc mettre beaucoup de moyens. Dans ce cadre, il faut d’abord trouver les moyens d’assurer la réhabilitation de l’existant, d’autant plus qu’il est évident que c’est la voie qui fait le chemin de fer. Or, actuellement, la voie est tellement détériorée que la vitesse commerciale est réduite à 20 km/heure entre Dakar et Bamako. Ce qui veut dire que pour convoyer des marchandises à Bamako à partir du Port de Dakar, il faut 2 à 3 jours de voyage. C’est pour apporter des solutions à toutes ces questions qu’un ensemble de projets cohérents ont été étudiés, avec l’accompagnement de partenaires techniques et financiers. En attendant et pour maintenir l’activité ferroviaire, Dakar-Bamako-Ferroviaire (DBF) a été créé, pour se substituer à l’investisseur privé, qui n’a absolument rien fait depuis qu’il est là. Nous avons repris un chemin de fer qui est presque à zéro. Nous avons nommé une équipe de transition qui est mise en place difficilement. Chacun des deux pays s’est engagé à donner 3,750 milliards de Fcfa soit au total 7,5 milliards. Il s’agit de sécuriser 3 milliards pour les salaires, 2,5 milliards de Fcfa pour la réhabilitation de la voie, notamment le traitement des points critiques et le reste pour assurer la réparation des locomotives. C’est donc pour créer les conditions d’une capacité opérationnelle de Dakar-Bamako-Ferroviaire (DBF). Et dans ce cadre, la réparation des locomotives est un aspect très important, car nous avons trouvé une seule locomotive fonctionnelle, que d’ailleurs l’Etat avait achetée et donnée à Transrail pour la gestion. Le Sénégal a déjà mobilisé près d’un milliard, ce qui nous a permis de payer les salaires depuis 5 mois.

Justement, les cheminots se plaignent de retards dans le paiement des salaires.

Il faut aussi qu’ils sachent qu’ils sont dans un secteur qui n’est pas actuellement rentable, où les gens ne travaillent pas, par manque de matériels. Nous ne faisons qu’un seul train par semaine, soit à peu près 4 trains le mois. Ce qui ne peut pas supporter les charges de Dakar-Bamako-Ferroviaire. C’est pourquoi l’Etat vient en appui, pour aider. Vous savez, le salaire, c’est pour rémunérer un travail bien déterminé. Il faut que les partenaires sociaux sachent qu’il n’y a pas actuellement de travail aux chemins de fer. Le marché du transport est là, mais il n’y a pas de matériel pour l’assurer et la voie n’est pas bonne. Les salaires sont estimés à 500 millions Fcfa par mois et si nous continuons sur ce rythme, il y a risque d’engloutir l’essentiel des efforts fournis par les Etats. C’est un suicide de consommer tout cet argent en salaires, sans rien faire. Donc, il faut que les partenaires sociaux fassent preuve de patience. Ce qu’il faut maintenant, c’est que tout le monde se mobilise autour de la réparation des locomotives, pour faire du transport, avoir des ressources et être indépendant de l’Etat.

Des syndicalistes ont même craint une fermeture de l’entreprise.

Ce n’est pas possible. Je vous ai dit que la demande est là et la volonté d’assurer l’exploitation est manifeste. La fermeture de l’entreprise n’est pas envisageable. Au contraire, ce qui est envisagé, c’est le redressement de l’outil ferroviaire, pour aller vers un équilibre d’exploitation, qui puisse permettre de prendre en charge les salaires et toutes les autres charges.

Est-ce que la question du retard de paiement des salaires est définitivement résolue ?

Le problème, c’était que Dakar- Bamako-Ferroviaire n’avait pas encore de compte. Il s’y ajoute que le statut juridique de l’entreprise n’était pas encore disponible. C’était donc la croix et la bannière pour virer de l’argent public dans ses caisses. Tous ces obstacles ont été maintenant levés et il convient de féliciter l’Administrateur Joseph Gabriel Sambou. Les comptes pourront maintenant être approvisionnés dans les meilleurs délais, pour un paiement des salaires dans les meilleurs délais.

Où en êtes-vous avec le projet de Train express régional (Ter)

Il faut d’abord souligner que le TER, c’est un projet personnel du président de la République. Les appels d’offres ont été lancés et répartis en 5 lots. Le premier lot relatif au matériel roulant a été attribué et les autres le seront, au plus tard, la semaine prochaine. Il faut signaler que toutes les grandes entreprises ferroviaires du monde ont participé au dépouillement qui a été fait dans la totale transparence. Les partenaires du Sénégal sont venus massivement pour financer ce projet du président de la République. L’Etat du Sénégal va mettre 100 milliard Fcfa, la Banque Islamique de développement (Bid) à peu près 181 milliards Fcfa, l’Agence française de développement (Afd) à peu près 70 milliards, la Banque africaine de développement (Bad) 100 milliards de Fcfa. Nous comptons commencer l’exécution des travaux en fin juillet, pour une durée de 26 mois. C’est un projet novateur qui permettra d’améliorer la mobilité urbaine au niveau de la banlieue. Au démarrage du TER, pas moins de 115.000 personnes vont transiter par les 14 gares prévues, pour emprunter le train chaque jour. Vers les Baux Maraîchers, il est prévu une passerelle pour entrer directement dans la gare routière. Il s’agira d’une double voie standard avec des trains qui vont rallier l’Aibd en 45 minutes à partir de la gare de Dakar. Ce TER va remplacer le Petit Train de Banlieue (PTB), qui n’a actuellement qu’une capacité de 15.000 voyageurs par jour.

Que répondez-vous à ceux qui disent qu’un projet ferroviaire viable n’est jamais adossé à un aéroport ?

Ceux qui le disent ne comprennent rien. Un projet de transport est mis en place en fonction des besoins de déplacement. Un système de transport est aussi lié à la démographie. Or la croissance démographique est de 30% au Sénégal. Et puis, tous les aéroports du monde sont reliés aux zones d’habitation par la route et le train. Que ceux qui le disent me citent un seul aéroport moderne du monde qui n’est pas relié par une ligne de chemin de fer. Parmi les facteurs clés de la réussite d’un aéroport, il y a le système de transport fiable, régulier, ponctuel, car l’avion n’attend pas.

L'As






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