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Abdoulaye Wade-Idrissa Seck: L'inévitable confrontation

A l’ombre des difficultés du président de la République, la guerre de tranchées entre Abdoulaye Wade et Idrissa Seck. Une version mise à jour du combat mortel qui a opposé naguère «Lui» et «Moi».


Rédigé par leral.net le Mardi 19 Août 2014 à 13:13 | | 13 commentaire(s)|

Abdoulaye Wade-Idrissa Seck: L'inévitable confrontation
Manoeuvres par gros temps ! Si le pouvoir de Macky Sall traverse une zone de turbulences avec la mort tragique de l’étudiant Bassirou Faye, après les violents affrontements de la semaine dernière entre des étudiants de l’Ucad et la police, et des acteurs qui ont le couteau entre les dents, l’opposition n’est pas mieux lotie.

Elle aurait même pu se frotter les mains, tant la conjoncture lui paraît favorable -a priori-, avec une opinion chauffée à blanc par les affaires politico-judiciaires, la détresse hydrique dans le monde rural et les mouvements de menton dans le camp présidentiel marqués par des départs fortement médiatisés. Mais la réalité est tout autre. La division est la chose la mieux partagée dans ses rangs.

Division ? Pire, c’est plus qu’une guerre de tranchées qui oppose désormais le président Wade et son ancien Premier ministre Idrissa Seck. Les «armes » utilisées sont conventionnelles car étant la démarche politique par excellence : le débauchage…

Les deux figures les plus en vue de l’opposition ont certes la même cible, mais, ils ont des agendas différents. Si le président Wade, chef de l’opposition au regard des derniers scrutins, cherche avant tout à trouver une solution heureuse aux déboires judiciaires de son fils et ancien ministre, Karim Wade, le président du Conseil départemental de Thiès a, lui, un calendrier calibré sur la prochaine présidentielle.

Decroix pris entre deux feux

Tous deux ont donc un « ennemi » commun, mais ils font mentir l’adage car eux-mêmes ne sont pas « amis ». La preuve, « l’affaire » Mamadou Diop Decroix, secrétaire général d’Aj/Pads et membre de la coalition Front Patriotique pour la Défense de la République (Fpdr/Taxawu Askan Wi), tiraillé entre le vieil opposant et le sémillant ancien Premier ministre (2002-2004).

Tout s’est joué la semaine dernière quand Idrissa Seck a appelé à la constitution du Ca 2017 (Conseil d’administration). Ont d’abord répondu à son appel l’économiste Moubarack Lô, ancien conseiller de Macky Sall, et le leader du Fsd/Bj, Cheikh Bamba Dièye, membre des gouvernements de la deuxième alternance jusqu’au dernier remaniement ministériel.

Jeudi dernier, c’était au tour du secrétaire général de And- Jëf/Pads, Mamadou Diop Decroix, de ratifier les termes de l’accord de la Ca 2017.

«Idy est plus futé que toi !»

La dénomination Ca 2017 n’est pas banale. Le premier cadre électoral de l’opposition pour faire partir le président Diouf en 2000 s’appelait…Ca 2000.

Donc l’allusion à l’échéance, le rappel de la stratégie d’alliance, le rappel de maximum de troupes, tout dans la démarche du maire de Thiès (remplacé par son nouvel allié Talla Sylla à la tête de la municipalité) rappelle une stratégie encore fraîche dans les mémoires malgré les 14 ans qui nous séparent de son déploiement. Mais les hommes ont changé, des comptes sont à solder et, surtout, la confiance entre acteurs fait défaut.

A chacune de ses sorties, depuis son retour de son séjour à l’étranger, Idrissa Seck ne cesse de flétrir la gouvernance du quatrième président de la République. Tout y passe. Cette nouvelle posture, offensive à souhait, n’est pas encore quantifiable en termes d’attraction populaire, mais elle a le mérite de placer le patron de « Rewmi » sur les feux de la rampe.

Sur la même rive, mais regardant des côtés opposés, Me Wade et Idrissa Seck ont donc lancé le rappel des troupes avec un bilan pour le moins mitigé. Ayant appris le rapprochement entre Mamadou Diop Decroix et son ancien bras droit, le (toujours) secrétaire général national du Pds a vite fait d’inviter Decroix, dimanche dernier, à une réunion extraordinaire du comité directeur du Pds. Ce dernier s’y est entendu conseiller de « faire attention à Idy » car étant « plus futé que toi », selon les termes qu’aurait utilisé « le pape du Sopi ». Ambiance !

Mamadou Diop Decroix, selon des participants à la rencontre, a alors précisé le sens de son appartenance au Ca 2017, qui ne saurait être, à ses yeux, « une courte échelle » pour qui que ce soit. Mais nos sources sont formelles : les manoeuvres entre étatsmajors vont plus loin que les fusées éclairantes balancées dans la presse.

Si Idrissa Seck attaque le régime tous azimuts, de manière quasi quotidienne, le néo-opposant Me Wade après 12 ans au pouvoir, semble lui plongé dans l’écriture d’un scénario calqué sur les péripéties qui rythment le procès de son fils Karim. Après Decroix, à qui le tour ?

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