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Abdoulaye Wade, le récidiviste ! Le canasson Pds finira-t-il en minerai politique ? (Par Cheikh Sadibou Diallo)


Rédigé par leral.net le Mercredi 26 Novembre 2014 à 19:17 | | 4 commentaire(s)|

Abdoulaye Wade, le récidiviste ! Le canasson Pds finira-t-il en minerai politique ?   (Par Cheikh Sadibou Diallo)
« Bien entendu, on ne saurait connaître un homme complètement, son caractère, ses principes, son jugement, tant qu’il n’a pas montré son vrai visage, tant qu’il n’a pas gouverné, fait des lois » (Sophocle poète et tragédien grec)
Malgré l’affaire Karim Wade, le retour de l’ex-omni président ne fait plus vraiment de doute. Nulle velléité de sauver ce Jurassic Park qu’est devenu le parti libéral l’envie de se sauver lui-même. Et une certitude : Abdoulaye Wade est prêt à commettre les mêmes bévues. Longtemps le PDS s’est couché de bonne heure trente-deux mois, après avoir perdu le pouvoir. Il suffisait que le Pape du Sopi, qui demeure inlassablement la seule constance du parti, claque des doigts ou hausse compulsivement un sourcil, pour que ses barons accourent ventre à terre, se livrant à des exercices d’admiration, qui rappellent davantage le feuilleton « Les Soprano » qu’un palais républicain. Mais la nature politique a horreur du vide, l’absence de projet crédible ont nourri les ambitions. Dans ce Jurassic Park qu’est devenu le PDS, les vocations s’étaient vite réveillées. On a vu les premiers œufs éclore et les bébés dinosaures ( Fada, Farba, Ndéné Ndiaye et autres Madické Niang, Aïda Mbodj) faire leurs premiers pas trébuchants. Pour eux comme pour Oumar Sarr qui fut Premier sinistre de Wade, l’affaire Karim Wade est la divine surprise. Eux qui se sont toujours refusé à faire le droit d’inventaire de douze ans de wadisme, eux qui sont restés muets pendant tout ce temps, envisagent de tourner la page. Ou pas. Car, c’est précisément, leur indécision à prendre immédiatement le parti en mains, qui est à l’origine du retour en fanfare de l’ex-omniprésident. Leur main a tremblé. Et Wade est bien de retour avec son cortège de diatribes et d’accusations, sans en apporter la preuve irréfutable. Un Wade qui, malgré son âge avancé, comme l’attestent ses visiteurs, n’a en rien changé. Un Wade, comme le peuple sénégalais l’a constaté lors du meeting de la Place de la nation, à commettre les mêmes erreurs, à connaître les mêmes emportements et à perpétrer les mêmes caprices, incartades, frasques, et écarts, qui se sont d’ailleurs confirmés dans son long réquisitoire de la Place de la nation.

L’un des passages du discours de Wade, qui aura suscité le plus grand nombre de commentaires dans les medias, qui atteste la nature insupportable du Pape du Sopi, telle qu’il n’a cessé d’être, allant jusqu’à requérir au Chef de l’Etat d’écourter son mandat en démissionnant de son poste. Et d’articuler, en ces termes : « Macky Sall doit avoir le courage de démissionner de son poste de Président de la République, à cause de la situation désastreuse dans laquelle le pays est plongé depuis son élection, d’où son incompétence » Il a surtout eu l’outrecuidance, teintée de menace, de fixer un ultimatum de trois jours au Chef de l’Etat, pour répondre à son interpellation, poussant la provocation jusqu’à « promettre de révéler le contenu de la réponse reçue à ses militants, après le Sommet de la Francophonie, au cours d’une manifestation qu’il projette d’organiser ». Est-il encore besoin de rappeler au citoyen lamda Abdoulaye Wade qu’il n’a pas le droit d’interpeller le Président de la République, publiquement. C’est par le truchement de députés de son parti à l’Assemblée nationale qu’il doit poser des questions aux membres du gouvernement, sur toutes interrogations d’actualité. Dans un pays qui repose sur les principes de la démocratie, les hommes politiques ne passent pas leur temps à battre le macadam ou à haranguer des foules, afin d’éviter de se situer dans des campagnes électorales permanentes. Ils s’opposent à l’intérieur de l’Assemblée nationale, temple de la démocratie, qui est l’auguste emplacement pour débattre et non la rue. Aucun homme politique français ne se risquerait à appeler, avec menace à l’appui, à l’insurrection encore moins de fixer un ultimatum. S’inspirant de la chartre fondamentale de la République, ils respectent suffisamment leurs concitoyens, pour ne pas se livrer à un tel acte, qui serait une insulte à leurs votes.

Ce qui est déconcertant dans le revirement spectaculaire d’Abdoulaye Wade, après trente-deux mois de silence qui ont suivis sa défaite, ce n’est pas l’insoutenable légèreté de ses arguments, c’est la violence avec laquelle il s’y est pris pour attaquer le Chef de l’Etat. Un ton de discorde et d’animosité sans commune mesure. Ce me remet aussitôt en mémoire sa «fameuse» tentative d’organiser des élections anticipées dans 40 jours, au lendemain des évènements du 23 juin 2011, qui ont failli emporter son régime ; où l’opposition et la société civile, réunies au sein du Mouvement du 23 juin, après l’avoir contraint au retrait d’une loi scélérate, portant la marque, tant sur la forme que sur le fond, d’un pouvoir autiste, avaient demandé son départ avec ce slogan « Wade ça suffit ! » La colère populaire, derrière la condamnation de cette loi qui voulait modifier les règles de l’élection présidentielle, visait avant tout, le Président Wade qui, dans l’exercice de ses fonctions, n’a souvent obéi qu’à ses humeurs et ses caprices, bafouant sans discontinuer la Constitution et les Institutions de la République. L’Etat, à ses yeux, n’a de sens que s’il se plie à ses volontés et l’Etat, en tant que tel, se confond avec sa propre personne ou avec la vision qu’il peut en avoir. C’est d’ailleurs cette singulière conception des règles de fonctionnement de l’Etat et de la séparation des pouvoirs que procèdent les nombreuses réformes institutionnelles et constitutionnelles engagées au cours des dix dernières années, ainsi que l’instabilité chronique ministérielle dont la périodicité frise la caricature. C’est à cette même démarche, faisant fi des grands principes qui prévalent dans une démocratie représentative que se rattache le projet de loi de révision constitutionnelle, qui ne répondait qu’a ses convenances personnelles et familiales. Le recul du Président Wade, illustré par le retrait pur et simple du projet de loi, sous la pression populaire, a toutes les allures d’une rupture définitive du contrat entre Abdoulaye Wade et le peuple sénégalais.

Arrivé au pouvoir en 2000, dans une ambiance euphorique, le Pape du Sopi s’est vu confronté, à huit mois de l’échéance présidentielle fatidique, à une situation politique inextricable que la somme des graves dérives de son exercice du pouvoir a rendue inévitable. Quoiqu’il eut fait dans les prochaines semaines, Wade savait désormais que son impopularité révélée par les événements du 23 juin, lui barrait définitivement la route d’une éventuelle candidature au scrutin de 2012, déjà irrecevable juridiquement et désormais inacceptable politiquement pour l’écrasante majorité des Sénégalais. C’est donc, en toute logique, qu’il a payé au prix fort les nombreuses fautes qu’il a commises au cours de la dernière décennie de son règne. Quatre vitales d’entre elles, s’en détachent copieusement… La première, c’est d’avoir cru - et ses multiples actes en ont largement témoigné - que l’alternance de 2000 équivalait à un blanc-seing accordé par les Sénégalais, oubliant au passage que les électeurs ont, à cette occasion, davantage exprimé un vote sanction à l’endroit du candidat socialiste, qu’ils n’ont émis un vote d’adhésion à la personnalité de Maître Abdoulaye Wade. C’est ce malentendu originel, aggravé par le caractère narcissique du mode de gouvernement, qui a conduit à un exercice solitaire du pouvoir, d’autant que son titulaire est convaincu qu’il a toujours raison contre tous les autres.

Les dérives de sa politique, tant interne qu’internationale, ont souvent résulté de sa perception d’une mission quasi divine qui l’autorise à agir, sans tenir compte des avis des autres acteurs politiques, sommés de le suivre... La deuxième série de fautes, qui est indissociable de la première, se rapporte à l’attitude de mépris que le Président de la République a toujours affichée, publiquement, à l’égard de son opposition et de la classe politique en général, y compris pour son propre parti. Qui n’a d’ailleurs, en mémoire, la terrible phrase qu’il a prononcée au cours d’une interview en 2004 : « J’ai beau chercher dans le camp de l’opposition, comme dans mon propre camp, je ne trouve personne qui soit susceptible de me succéder » Se jouant de mots, de manière parfois blessante, il n’a eu de cesse de pourfendre l’incapacité des dirigeants de l’opposition ainsi que des principales figures de la société civile, d’offrir la moindre alternance politique.

La troisième série de fautes, qui a nourri l’exaspération populaire est à rechercher dans le fait que le Président Wade, ayant souvent privilégié le lien direct avec le peuple, était exposé directement, en cas de tempête politique. C’est bel et bien ce qui s’est passé le 23 juin où les manifestants s’en sont, directement et nommément, pris à lui. Ne disposant d’aucun «fusible», la sortie de crise ne saurait se limiter au limogeage du Premier Ministre, ou de quelque ministre que ce soit… La quatrième et dernière série de fautes renvoie à la dérive familiale du pouvoir. La mise en avant sans aucun gêne ostensiblement sur la scène politique de la fille et du fils, à l’occasion des grands évènements, le FESMAN ou l’ANOCI et les importantes responsabilités qui leur ont été confiées, ont considérablement contribué à asseoir le socle de l’impopularité d’Abdoulaye Wade…Même les images sur la poignée de main furtive de Karim Wade à Barack Obama et le voyage à Benghazi, n’ont fait qu’ajouter à la défiance des Sénégalais, à l’égard d’une collusion aussi étroite de la famille à la conduite des affaires du pays.

C’est une vérité de Lapalisse que si son fils Karim est détenu à Rebeuss depuis dix-neuf mois, dans le cadre de la traque des biens mal acquis, force est de constater que c’est lui, Abdoulaye Wade, dont nul ne peut ignorer la souffrance d’un père de voir son fils en prison, qui l’a mis dans cette situation inextricable, en lui confiant cinq départements ministériels et en le laissant libre cours, dix années durant, utiliser l’argent du pays comme bon lui semble, sans aucun contrôle. Et de surcroît, en jet privé ! Maintenant qu’il y a reddition des comptes, Il ne suffit que d’avoir la patience d’attendre la sentence de la Justice… Après le fameux meeting du 21 novembre, teinté d’attaques et d’accusations fallacieuses de tous ordres de l’ex-président contre le Président Macky Sall, voilà qu’apparaît subitement dans la presse, à quelques jours de l’enclave du grand conclave des pays francophones, la mise en branle de Karim Wade, à l’image de son père, reliée par ses conseils, la lettre ouverte de dénonciation adressée aux Chefs d’Etat et de gouvernement de pays francophones, attendus à Dakar pour les besoins du XVe Sommet de la Francophonie,

1 - Dénonce la CREI ! C’est une justice sélective, doublée d’un complot politique.

2 - Justice sélective, doublée d’un complot politique.

3 - S’indigne auprès du Secrétaire général de l’OIF.

4 - CREI, tombée en désuétude : volonté du Président de l’empêcher d’être candidat en 2017

5 -Dans la lettre ouverte, les Avocats de Karim «pilonnent» le régime de Macky Sall, l’accusant de non-respect des valeurs de la démocratie, des libertés publiques, de l’Etat de droit et des droits de l’homme.

Tout ceci dans un objectif prémédité bien défini : tenter, vaille que vaille de gâcher la grande fête de la rencontre annuelle du Sommet de la Francophonie et, particulièrement l’hommage qui sera honorablement rendu à son Secrétaire Général, l’ancien Président Abdou Diouf, qui a eu le privilège et l’honneur de présider aux destinées du Sénégal dix-neuf durant. Ce très distingué fleuron de notre pays est un grand homme d’Etat du Sénégal qui, à l’occasion de cette mémorable circonstance va passer le relais à son heureux successeur à la tête de cette grande Institution. C’est donc une initiative vaine qui, à priori, n’aura aucun résultat, car tous ces invités de marque, les Chefs d’Etat et de gouvernement, auxquels le fils Wade s’adresse, par l’entremise de ses Conseillers, sont parfaitement conscients qu’au lendemain du départ de l’ancien Président de la République qui a dirigé le Sénégal pendant douze années, il a fallu restaurer toutes les valeurs fondamentales de notre beau pays (diom, foula, fayda) négligées et littéralement foulées au pied. C’est à cette grande entreprise depuis son élection à la Magistrature suprême que le Président de la République Macky Sall s’est attelée et que rien, s’il plaît à Dieu, ne pourra l’en empêcher.

Mais gageons que Maître Abdoulaye Wade, au lieu de vouloir entretenir une tension permanente dans le pays qu’il aime tant, la sagesse et la clairvoyance finiront par l’emporter !


Son Excellence Monsieur Cheickh Sadibou DIALLO
Conseiller Spécial politique du Président de l’APR
Administrateur de la DES APR France







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