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Abou Abel Thiam sur la réduction du mandat: «Macky Sall ne saurait se renier...»

Ancien Porte-Parole du Président de la République, actuel Président du Collège de l’ARTP, Abou Abel Thiam est un compagnon de lutte du Chef de l’Etat Macky Sall, membre fondateur de l’APR, et acteur dans les combats qui ont mené à l’accession au pouvoir. Sur le débat autour de la durée du mandat, il se prononce.


Rédigé par leral.net le Vendredi 10 Avril 2015 à 11:29 | | 17 commentaire(s)|

Abou Abel Thiam sur la réduction du mandat: «Macky Sall ne saurait se renier...»
Un débat fait rage, autour de la réduction ou non du mandat du Président Macky Sall. Quelle est votre position ?
-J’ai le privilège d’accompagner le Président Macky Sall, depuis son passage à la Primature, jusqu’à maintenant. C’est donc à une position enviable qu’il m’a été donné de suivre et de participer au combat qui a façonné sa trajectoire, on ne peut plus linéaire et honorable, exceptionnelle dans le monde. L’aboutissement a été son élection à la Présidence de la République en 2012. Cette consécration, il la doit à son travail, son caractère et son engagement, mais aussi, notons-le, à une somme de sacrifices, d’engagements, de privations, d’investissements et crédibilisation consentis par tous ses compagnons. Le combat a commencé en 2007, au lendemain des élections législatives, quand les premiers coups de boutoirs ont commencé contre Macky Sall. Tous ces efforts ont tendu vers un objectif, l’élection de Sall, sous-tendus, lesdits efforts, par un idéal d’éthique, de justice, de démocratie, de solidarité et de vertu.
Dans ce combat-là, à l’occasion des nombreuses immersions dans le pays profond et des multiples visites à la diaspora sénégalaise, le candidat Macky Sall, incarnant en cela un idéal commun à tous ses compagnons, a porté haut le flambeau de la rupture. Une rupture fondée sur une approche républicaine du pouvoir et de la chose publique, cette rupture au nom de laquelle des Sénégalais se sont dressés en rempart contre l’injustice et la patrimonialisation du pouvoir politique qui le combattaient, ce qui a mené à son accession au pouvoir...C’est au nom de cette rupture-là que, lorsqu’il s’est agi de demander les suffrages des Sénégalais en 2012, le candidat Macky Sall s’est engagé, fortement et formellement, à réduire le mandat présidentiel de 7 à 5 ans, et à s’appliquer cette réduction.

-Vous pensez que le Président Sall est tenté de revenir sur cet engagement ?
Macky Sall ne saurait se renier, et je suis sûr qu’il n’entend pas le faire, même si je confesse n’avoir pas eu l’occasion d’en discuter avec lui. De ce que je sais de lui, il ne doit nullement être tenté de revenir sur cet engagement. Pas plus tard qu’il y a de cela deux semaines, on l’a entendu réitérer cet engagement.
Je peux comprendre un débat de juristes sur le procédé le plus approprié par lequel cette réduction doit s’opérer. En revanche, je ne comprends pas les arguments spécieux tendant à faire revenir le Président Macky Sall sur son engagement. Il s’agit d’une affaire de valeur humaine, d’honneur : on ne se renie pas. J’ai assez d’amitié pour le Président Macky Sall pour ne pas l’encourager à se renier. J’ai été avec lui en maints endroits où il a proclamé et réitéré cet engagement : dans les villages les plus reculés du Sénégal, au siège de l’Union africaine, à l’Elysée... Le débat me parait pernicieux, improductif, en ce qu’il donne des verges à nos adversaires pour nous battre.
Parmi les marqueurs négatifs de l’ancien pouvoir contre lesquels nous nous sommes battus pour porter Macky Sall au pouvoir, figure le reniement de la parole donnée, à coté de la patrimonialisation du pouvoir, l’arrogance, le déficit de fourniture d’électricité et les partis-pris antirépublicains...
Les marqueurs positifs du pouvoir actuel s’identifient à travers la solidarité nationale avec les couches vulnérables (bourses familiales, Couverture maladie universelle, réduction du prix du loyer, réduction des impôts sur les salaires et son corolaire l’augmentation des salaires...), la remise sur orbite des entreprises nationales, la pacification et la normalisation de nos relations diplomatiques, la maîtrise de l’électricité, la lutte contre les inondations, la réduction du train de vie de l’Etat, la banalisation positive de la fonction politique, la reddition des comptes...

«Théoriser le reniement de la parole donnée, c’est fragiliser le Président Sall, l’exposer à des attaques qui vont polluer son bilan»

Mais le plus fort aura été l’engagement du Président Sall à réduire son mandat, dans un contexte où, ailleurs en Afrique, les tentatives de rallongement font florès et causent tant de ravages. Cette réduction a une valeur politique, démocratique et pédagogique ; mieux elle emporte une valeur morale plus importante que tous les arguments spécieux opposés à elle. J’ai entendu dire que le Sénégal n’est pas une exception et que Macky Sall ne saurait être une exception. Le Sénégal a toujours été une exception, et Macky Sall doit continuer à être une brillante exception. Aucun chef d’Etat au monde n’a un parcours comme le sien. S’il devait faire comme tout le monde, il n’incarnerait aucune rupture. Un reniement de l’engagement de la réduction serait en porte-à-faux avec l’itinéraire de Macky Sall, une ponctuation négative de son cheminement avantageux en maints points de vue. D’ailleurs, si on continue à évoquer quelque artifice pour revenir sur cet éminent engagement qui nous a valu grande fierté, ce serait très grave.

Que voulez-vous dire par là ?
Ma conviction est que le travail de tous ceux qui sont loyaux à Macky Sall devrait être à deux détentes : expliquer aux Sénégalais combien est élogieux le bilan à mi-parcours de Macky Sall, et travailler d’arrache-pied pour le rendre encore plus beau. Je ne m’imagine pas une prolongation de ce mandat au-delà de 2017. Les deux dernières années seraient celles de quolibets polluants contre le Président Sall. En 2017, en plus d’un bilan élogieux, il aura en sa faveur son coefficient personnel, l’engagement de ses partisans, mais aussi la faiblesse de l’offre en face. Par contre, théoriser le reniement de la parole donnée, c’est fragiliser le Président Sall, l’exposer à des attaques qui vont polluer son bilan.
Personnellement, j’ai accompagné Macky Sall jusqu’à la Présidence de la République, par la grande porte (dans les deux sens du terme). Je n’entends pas sortir avec lui par un portillon dérobé. Je lui souhaite de quitter la tête haute, et d’aller investir sa compétence et sa jeunesse sur le plan international en 2022, après deux mandats. D’ici là, l’APR n’a qu’à travailler à se trouver un leadership de relai, capable de continuer l’œuvre. Pour moi, l’engagement est tellement fort qu’on peut dire que sur le plan politique Macky Sall a été élu pour un mandat de cinq ans. Même si, sur le plan juridique, la durée de son mandat est de 7 ans.

«Politiquement, Macky Sall a été élu pour 5 ans»
Pour ceux qui avancent que les chantiers commencés doivent être poursuivis, pour défendre l’idée du reniement de l’engagement, je dis qu’un Président de la République n’est pas élu pour accomplir le développement de son pays, mais pour jouer sa partition dans le développement continu de ce pays, le temps de son mandat. Seuls les dictateurs se prennent pour des messies. Les réalisations du Président Sall sont palpables et bénéfiques pour les populations, la reprise économique est un fait réel, comme il l’a dit à la présentation du PSE. Macky Sall va continuer le travail et passer le relai quand il aura fait ses deux mandats de cinq ans, avec le soutien de la majorité des Sénégalais.

-Et comment devrait-il procéder pour réduire le mandat, à votre avis ?
Je ne suis pas pour le référendum. J’estime qu’une réponse à la question sur la durée du mandat ne serait pas bonne pour le Président, qu’elle soit Oui ou Non. Dans les deux cas, on pourrait l’interpréter, en l’espèce, comme un désaveu. Le Président Sall doit passer par la voie législative, parfaitement justifiable, en donnant auparavant des directives claires et fermes à ses partisans à l’Assemblée Nationale, pour leur dire que c’est un engagement solennel qu’il entend respecter. On reviendrait ainsi à la constitution de 2001 que le peuple avait plébiscitée. Un chef d’Etat qui montre tant de valeurs, avec le bilan qui est le sien, se fera réélire sans coup férir, en 2017, pour un deuxième mandat.

Propos recueillis par Ndiaga NDIAYE






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