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Accélérer la dé-cadence - Par Ibra Pouye

Merci à l’humoriste Samba Sine, alias Kouthia, bourré de talents superflus et concrets de nous avoir ingurgité ce remède sous forme de catharsis transformé en chanson populaire dans la bouche des sénégalais. Rendons à César ce qui appartient à César !


Rédigé par leral.net le Vendredi 20 Juin 2014 à 09:59 | | 2 commentaire(s)|

Accélérer la dé-cadence - Par Ibra Pouye
L’honneur revient à Mimi Touré qui une fois nommée Premier ministre et pressant le pas quand elle dévalait les escaliers du palais, arriva devant une horde de journalistes acquis à sa cause et s’esclaffa en disant, « Le président de la République m’a confié comme mission d’imprimer la cadence » faisant fi du travail abattu et harassant de son ex prédécesseur, Abdoul Mbaye. Accélérer la cadence, oups ! Ou la dé-cadence est le phrasé qui rythme les conversations dans les chaumières de la capitale sénégalaise et sous les lambris dorés du palais de l’avenue Roume. Accélérer la cadence est une manière de dire, travailler et toujours travailler mais qui s’y frotte s’y pique.

En effet, c’est le défi que s’est lancé le Premier ministre, en l’occurrence Aminata Touré, femme flegmatique et bravache, la star du gouvernement de Macky Sall. Présidentiable ou est-elle en train de lorgner le fauteuil de son logeur et bienfaiteur? Les langues déliées et chauffées à blanc se répètent la phrase à longueur de journée. Tout cela se susurre et arrive aux oreilles du locataire du palais. Il est dit quand on est dans l’antichambre de la présidence, l’on rêve de grandeur et de projet très réalisable. Etre calife à la place du calife. Qu’on se le dise, être Premier ministre ne rime pas toujours à être président de la République. On peut être Premier ministre et une fois viré ou tombé en disgrâce retourner sur les bancs de l’école ou tourner les pouces. L’on se remémore de cet exemple patent du dernier Premier ministre de Wade.

Mais force est de constater qu’une fois Abdoulaye Wade nous avait habitués à cette scène de ménage dramatique et que dire de ses ministrons qu’il nommait à tout va. Des Farba Senghor, il en existe encore chez Macky le funambule. Le funambule risque de tomber et de s’écraser sous son poids. On ne sait pas sur quel pied danser avec lui. Il désarçonne et clive. Un apprenti il est ce Macky face à son prédécesseur dont l’égo surdimensionné dépasse largement l’ordinaire. Et quid de son monument de la Renaissance? Et oui les sénégalais s’en remémoreront et pendant en dix siècles encore!

Ndiombor toujours dans les esprits et sa patte toujours indélébile ! Dis donc, Abdoulaye Wade est diantrement couillu ! Que Dieu dans toute sa splendeur prête longue vie à la nation sénégalaise ! Que les institutions restent et que les politiques s’en aillent ! Ainsi est le destin de toute nation forgée dans ses tripes et dans la dignité !

Accélérer la cadence est la tâche à laquelle s’est attelé Macky Sall accompagné de Mimi Touré et de son gouvernement. On doit plutôt parler dé-cadence. Le parti APR avant la patrie oublie que ce diktat n’est qu’éphémère et illusoire. Macky Sall fait du Sénégal comme une famille qu’il régente. Le peuple le surveille comme du lait sur le feu et ses ouailles n’en font qu’à leur tête. C’est la pagaille, voire une vraie basse-cour.

Chacun dans l’APR fait ce que bon lui semble. Des candidatures qui font florès au détriment du mot d’ordre du président malmené de toutes parts. On assiste à une floraison de candidatures tirées à hue et à dia et ne sachant quelle direction prendre. Macky dirige mais fait du Wade sans Wade. Quelle bonne école ! Il essaie de copier son ancien mentor et bienfaiteur mais n’arrive pas à sa cheville. Macky bombarde et parachute ! Triste prologue ! La soupe kanja ne prendra pas. Le réveil sera brutal. Formations hétéroclites et contre-nature et j’en passe. Quelle bouillabaisse ! Elle ne sera pas avalée et gare à celui qui la mettra dans son ventre. Un partage du gâteau Sénégal qu’assistent les citoyens un tantinet impuissants.

A Saint-Louis, Cheikh Bamba Dièye, ministre de la Communication, est confronté au beau frère du président, en l’occurrence Mansour Faye et que dire du pauvre Alioune Badara Cissé, un des membres fondateurs de l’APR qui conduit une liste dissidente. A Grand Yoff, une commune de Dakar, Mimi la cadence est en bisbille avec un autre beau-frère de Macky, il s’agit du sire Adama Faye. Et c’est finalement à Guédiawaye qu’Aliou Sall, frère de Macky, rondelet comme une pomme, fait son premier baptême de feu. La goutte est en train de déborder le vase. Et la victime collatérale n’est que le numéro deux de l’AFP, El Hadj Malik Gakou. En présidentiable pour 2017, il l’a appris à ses dépens.

Macky Sall et sa famille occupent le Sénégal dans son plus petit lopin de terre. Le peuple ne doit pas accepter cela. Il déçoit, Flamby Sall. L’APR avance divisée comme une armée mexicaine pour une fois encore de même par rapport à l’opposition un peu soudée. Le Tous Sauf Macky est le mot d’ordre que se sont lancé bon nombre de partis naguère alliés et de l’opposition. En effet, l’APR est combattue en son sein même. L’APR une vraie pétaudière ! Une cacophonie règne entre alliés d’hier.

Dans ce tohu-bohu, on ne peut formuler qu’une prière et dire, « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis ! Quant à mes ennemis, je m’en charge ! ». Abdoulaye Wade et Idrissa Seck affûtent leurs armes et le combat sera plus que sanglant. Liesse populaire ou gueule de bois ? L’avenir nous le dira. Vivement le 29 juin! A un de mes collègues français, mordu de la politique africaine, qui me demande à chaque que je taille une bavette avec lui si le Premier ministre sénégalais travaille, je lui réponds, « Oh que si, elle est en train d’accélérer la dé-cadence ! ».

POUYE Ibra






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