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Adelson, ami de Romney et de Nétanyahou

le 8 Septembre 2012 à 11:34 | Lu 414 fois

L'un des principaux contributeurs du candidat républicain bouscule la presse israélienne.


Adelson, ami de Romney et de Nétanyahou
Benyamin Nétanyahou et Mitt Romney partagent le même mécène: Sheldon Adelson. Ce milliardaire américain, qui a amassé une fortune estimée à 20 milliards de dollars dans les casinos à Macao et Las Vegas notamment, est le principal contributeur de la campagne du candidat républicain. En Israël, il finance sur ses deniers le quotidien gratuit Israel Hayom (Israël aujourd'hui en hébreu), créé il y a cinq ans pour faire ­élire, puis soutenir sans état d'âme l'action de Benyamin Nétanyahou.

L'opération a d'ores et déjà réussi au-delà de toutes les espérances. Le journal, dont les moyens semblent illimités, s'est payé des grandes plumes et a réussi une percée au point de mettre désormais en danger la survie de ses concurrents payants, tel Maariv, longtemps le deu­xième quotidien du pays, dont la version papier risque de disparaître dans les prochains jours pour ne subsister qu'en version Internet. Deux autres quotidiens, Yediot Aharonot et Haaretz, sont eux aussi en situation périlleuse et ont dû procéder à des réductions drastiques des dépenses.

«Bibiton»
Pour de nombreux spécialistes, une grande partie de l'hostilité des médias vis-à-vis de Benyamin Nétanyahou procéderait de cette «concurrence déloyale» d'Israel Hayom surnommé Bibiton, un jeu de mot en hébreu, qui peut se traduire par le «journal de Bibi» (Nétanyahou). Un éditorial cette semaine a accusé les opposants à une attaque israélienne contre l'Iran de se «résigner» à voir ce pays devenir une puissance nucléaire et menacer la survie de l'État hébreu.

En quelques années, ce journal s'est en effet hissé à la première place par sa diffusion. Il se paye le luxe d'une édition magazine pour le Shabbat, le vendredi, tout aussi gratuite. Pour couronner le tout, Israel Hayom vient de remporter un appel d'offres pour les annonces légales, ce qui va diminuer d'autant les rentrées des autres journaux. Et il mord à belles dents dans un marché publicitaire d'ores et déjà en recul. Décidé à aller de l'avant, Sheldon Adelson, conservateur bon teint, s'apprête à financer l'ouverture d'un important site Internet d'informations lié à Israel Hayom qui concurrencera notamment celui du Yediot. Enfin le journal est sur le point d'acheter l'imprimerie du Haaretz. Bref une véritable boulimie qui a provoqué des accusations «d'hégémonie dangereuse pour la démocratie».



Par Marc Henry