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Adieu, principes Par Demba Ndiaye

Début chaotique pour ce mois d’août chaud, lourd et quelque peu pluvieux. Un coup d’Etat « réussi » en Mauritanie et une tentative de coup d’Etat écrasé dans l’œuf en Guinée Bissau. La Mauritanie nous déçoit, alors qu’il y a seulement quelques mois, la « Communauté Internationale » ne tarissait pas d’éloges pour la « jeune démocratie » mauritanienne, un processus électoral transparent, etc…


Rédigé par leral.net le Jeudi 14 Août 2008 à 17:17 | | 0 commentaire(s)|

Les militaires qui avaient initié ce processus après le coup d’Etat de Ould Vall et l’équipe qui a repris aujourd’hui la tête du pays, viennent de mettre un frein à ce qu’ils se glorifiaient d’avoir apporté pour le pays. Si Ould Taya était un vrai tyran, un tortionnaire, l’acteur des déportations massives de négro-africains vers le Sénégal et le Mali, le Président déchu, Sidi Ould Abdallah, lui a été élu, a commencé à ramener les réfugiés chez eux. La junte l’accuse d’avoir mis en place un régime clanique, que sa femme piquait dans les caisses de l’Etat pour sa fondation. Outre que la solution à ces manquements dans la transparence de la gestion et de la gouvernance du pays n’est pas un coup d’Etat, qu’on nous dise un seul pays africain où ces pratiques n’ont pas cours. La solution à ces méfaits appartient aux forces démocratiques (partis, syndicats) aux institutions (parlement, corps de contrôle) et non à l’Armée.

Mais la vérité sur les vraies raisons des officiers qui ont pris le pouvoir à Nouakchott, c’est le fait que le désormais ex président, avait touché a ce qu’il ne fallait pas : la hiérarchie militaire. Parce qu’ils ont des armes, ils ont la vérité, le pouvoir de mettre et de défaire les régimes, initier un processus démocratique, mais aussi y mettre un terme. Le rôle de l’armée, c’est défendre la nation, le pays, pas de les mettre au pas quand bon lui semble.

Il est intéressant de voir comment la dite « Communauté Internationale » réagit à ce genre de hold up anti démocratique : des condamnations du bout des lèvres, des menaces de couper le robinet de l’aide et, ensuite, « donner des conseils » pour le retour de la démocratie. Au diable les principes ! Ils ne sont pas immuables, mais sont à géométrie politique variable selon le poids des intérêts. Ah la tyrannie du commerce international ! Rien ne pèse lourd devant lui. Surtout pas les principes démocratiques.

• La Guinée Bissau, ce petit pays narcotrafiquant est un habitué de coups d’Etat, de rebellions et autres manipulations de tout ce qui est armée là-bas. La famine est permanente, les fonctionnaires sont rarement payés, les narcotrafiquants règnent en maîtres, faisant de ce pays une tête de pont de la drogue en Afrique de l’Ouest. Mais faut-il pour autant désespérer de la classe politique Guinéenne ? il faut espérer qu’elle intrigue moins et s’active plus à « désarmer » les militaires et les policiers corrompus, à redonner espoir à un peuple qui l’a perdu depuis Amilcar Cabral.

• Je ne puis terminer ce rendez-vous sans parler de mon pays, le Sénégal. Le Gouvernement a crû devoir répondre à notre dossier de la dernière édition de « La sentinelle » intitulé : « Vacances gouvernementales : Délit de non assistance à populations en danger ». Le communiqué du Gouvernement dément que celui-ci soit en vacances, que nous aurions pu le savoir si nous avions été à la bonne source. Outre le fait qu’ils auraient pu et dû nous envoyer le communiqué que nous aurions volontiers publié, ils nous font un mauvais procès en disant comment faire notre travail. Un des journalistes qui a participé à la confection du dossier a appelé à plusieurs reprises le ministre de l’Information et porte parole du Gouvernement. Les premières fois, ça ne répondait pas, le ministre étant à Chicago avec le Président pour rencontrer des journalistes noirs Américains et, les militants libéraux en profitant pour se livrer à leur sport favori : tabasser du journaliste. Sénégalais. Comme il y a 53 jours les journalistes Kambel /Karamoko. Depuis cette édition, je reçois des coups de fil d’amis au gouvernement pour me dire : on n’est pas en vacances, on est en pause ». Jusqu’à l’extinction du soleil, pause signifie arrêt. Arrêt de n’importe quoi. D’autres m’ont appelé aussi pour dire : « merci, vous les avez empêchés d’aller en vacances ». Outre qu’on nous donne un pouvoir qu’on n’a pas, je ne crois absolument pas à cette histoire de « pause » en lieu et place de « vacances ». On verra bien.

• Enfin, que pensez-vous d’un gouvernement, d’un Premier ministre et d’un Chef d’Etat qui « découvrent » des années plus tard que des ministres se livrent à des dépassements budgétaires ? Que pensez-vous d’un Parlement qui n’exerce pas son contrôle sur l’action gouvernementale ? Avec tout le respect que je leur dois, le doyen Bara Diouf et mon grand Iba Der Thiam, devraient nous éclairer sur ces petits travers de notre République. Pour notre part, c’est ce que nous (journalistes) essayons de faire chaque jour que Dieu fait. C’est aussi ce qui nous vaut la « vendetta lancée » contre nous depuis quelques mois.






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