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Adorons Allah tout le temps, pas juste le temps du Ramadan- Par El Hadji Djiby Sèye


Rédigé par leral.net le Dimanche 3 Juillet 2016 à 00:27 | | 1 commentaire(s)|

C’est bientôt la fin du mois béni de Ramadan, un mois de grâce, de bénédictions, de retraite spirituelle, de repentir sincère de nos péchés et surtout d'adoration d'Allah.

Cependant, le paradoxe constaté des musulmans sénégalais que nous sommes, est qu'un bon nombre de compatriotes se réserve exclusivement à l’adoration d’Allah que pour le seul mois de Ramadan, un mois sur 12 qu’en constitue l’année.

Durant ce mois béni, nous nous évertuons à conformer nos actes, paroles et comportements aux enseignements du Prophète Muhammad (psl); ce qui se constate presque partout. Les mosquées se remplissent aux heures où elles étaient moins fréquentées (le soir à cause des naafilas), les chapelets et livres islamiques sont vendus comme des petits pains, les habits indécents qu’une bonne musulmane, pratiquante de sa religion ne devrait jamais porter plaqués au fond des armoires, les programmes des chaines de télévision "ramadanisés", ceci parce que la majeure partie des téléspectateurs étant en période de jeûn s’intéresse plus à la Religion. De même, les conférences religieuses fluent de partout surtout les week-ends…

Tous ceux dont les activités pratiquées en temps normal sont illicites en Islam n'osent plus le faire comme si l’acceptabilité des actes était définie suivant la période. En effet, le mois béni constitue pour ces personnes là, un mois de chômage forcé car ayant conscience que leurs gagne-pain n'est pas acceptable en période de jeûn.

C'est comme si Allah swt nous interdit d'approcher les actes illicites, loin d'être acceptés par notre Religion le temps juste d'un mois. Dès l'apparition du croissant lunaire annonçant sa fin, il semble que tout ce qui nous était interdit devient immédiatement licite. De ce fait, les publicités de ces festivités reprennent à l’approche de la fin du mois béni. Certains redémarrent leurs activités le jour même de la Korité, oubliant les épreuves endurées quelques jours plus tôt et qui devaient leur servir de repentir et de retour définitif envers Allah. Et ceci avant que la mort ne les emporte de l’autre coté où nous tous témoignerons de nos actes accomplis ici-bas.

Dieu dit dans son Noble Coran dans la Sourate Zaariyaat (V56-58) : “Et Je n'ai créé les djins et les hommes que pour qu’ils m'adorent. Je n'attends nul don de leur part, et je n'exige d'eux aucune nourriture, Car c'est Dieu qui est le Dispensateur de tous les biens, le Tout-Puissant, l'Immuable.

Il dit aussi dans la Sourate Al An’am (V.120) : “Et évitez le péché apparent ou caché, certes ceux qui acquièrent le péché seront rétribués selon la gravité du péché qu’ils auront commis”.

Et dans la Sourate 5 (V.39), Il nous dit : “Mais quiconque se repent après son tort et se réforme, Allah accepte son repentir. Car, Allah est, certes Pardonneur et Miséricordieux”.

Ces versets suffisent pour nous faire prendre conscience qu'Allah nous a créé uniquement pour que nous l’adorions, de veiller ainsi à ne s’approcher d’aucune interdiction, à aucun moment de notre vie. Si ceci arrivait par inadvertence que nous nous précipitons sincérement vers le répentir au point de ne plus être amenés à renouveler de telles pratiques. Le Prophète Muhammad (psl) disait que les actes

Le mois béni de Ramadan devrait nous aider à nous repentir de tous nos péchés commis avant sa venue et de rester constant dans la droiture à la fin dudit mois.

Un repentir sincère regroupe nécessairement 5 conditions :

1- Etre sincère de son repentir envers Allah afin d’obtenir son pardon et d’échapper à Son châtiment ;
2- Regretter le péché qui a été commis dans son for intérieur ;
3- Arrêter immédiatement le péché ; si ce péché enfreint un droit envers Allah, en commettant un acte illicite, on ne doit plus le refaire. De même, si ce péché enfreint le droit d’une personne, on doit s’en acquitter en lui rendant son bien ou lui demandant pardon et en réparant le mal causé;
4- Etre déterminé à ne jamais refaire le péché dans le futur ;
5- Se repentir avant qu’il ne soit trop tard, c’est-à-dire avant que les portes du pardon ne nous soient fermées.

Ainsi si le mois béni nous permet de nous repentir de nos mauvais actes, seraità sa finent noiques banies il logique à sa fin de revenir aux actes prohibés après un repentir sincère. Par métaphore, ce serait comme si nous nous baignions jusqu'à enlever toutes les impuretés de notre corps et qu'après être sorti des toilettes nous nous jetions par terre pour redevenir plus sale qu'avant.

Un vieu sage disait à un de ses disciples quand le Ramadan approchait: "apprenez à changer vos mauvaises habitudes en bonnes pour la Face d'Allah et ne le faites pas juste pour une Lune avec qui vous partagez le même Seigneur. Si vous changez pour le mois, vous retournerez là où vous étiez dès sa fin mais si vous vous changez sincèrement pour Allah, Il est Omniscient, Omnipotent et Omniprésent. Et à lui vous vouerez tous vos jours, mois et années.

Cheikh Ahmadou Bamba disait dans son oeuvre Masaalikul Jinaan (les itinéraires du paradis) :

Sois, cher frère, parcimonieux dans l’emploi de ton temps, mettant à profit chaque instant de ta vie et chaque respiration

Sachant que le temps même d’une respiration de personne vaut une pierre précieuse sans égale avec quoi on peut acheter un trésor immense.

Laisser passer ce temps sans bonnes actions est une grande perte le jour du Jugement dernier.

Si par malheur tu le passes dans la désobéissance, voilà la plus grande catastrophe, c’est un dommage irréparable

Vivifie les heures de ta vie par les actions facultatives, après avoir accompli les obligations, en fuyant la négligence. »

Dieu aime ceux qui sont constants dans la droiture.

Nous ne nous génons pas quand nous remplissons les stades et soirées dansantes et allons prier dans la mosquée du quartier le lendemain. Certains même de nos marabouts loin d'être des exemples se vantent souvent d'avoir des disciples, rendus célébres par des activités qu’Allah n’agrée point. Alors que le rôle d'un véritable guide spirituel devrait être d’écarter ses disciples de toute action banie. Le Cheikh Ahmadou Bamba disait à ce propos qu'il faut fuir tout guide qui ne vous mène pas vers Dieu car il égarera incontournablement son suiveur.

Mieux nous n'avons pas de pudeur à invoquer les noms de nos vaillants saints hommes qui ont été des revivificateurs de la Sunna du Prophète Muhamad (psl) en actes, paroles et écrits tout au long de leur vie dans des lieux qu'ils n'ont jamais fréquentés et que tout bon musulman ne devrait approcher. Le constat est que bon nombre de personnes n'ose pas se détourner définitivement de satan pour se réserver exclusivement aux enseignements islamiques partout et à tout moment. Ce qui peut être expliqué par un excès de zèle envers nos désirs passionnels contraires à l'islam. Et pour en guérir il faudrait affronter les véritables ennemis de l’homme : nafs, satan, passion et ce bas-monde. Ce combat une fois gagné fermera issue aux ennemis précités qui ne pourront plus à cet effet faire fléchir le musulman vers le péché. Et c'est à partir de ce stade que nous goûterons aux délices des actes d'adoration d'Allah d’autant plus que le moyen le plus sûr d’en gouter, est justement d’abandonner le péché.

Ainsi tourner le dos définitivement aux interdits d'Allah permet de purifier l’âme charnelle. De par sa sacralité, le mois béni offre à tout musulman l'occasion de se corriger et de réorienter sa vie conformément aux enseignements du Prophète Muhammad (psl). Cependant si à sa fin nous retournons de nouveau en musulman de noms et presque paien voire animiste ou hypocrite en actes et paroles, nous ne trompons que notre propre personne et les leçons apprises durant le mois béni ne sauraient servir à grand-chose.

Que Dieu fasse de nous de véritables musulmans aux actes, paroles et comportements conformes aux enseignements du Prophète Muhammad (psl) où que nous soyons et durant tout notre séjour ici-bas. Que le mois béni de Ramadan nous trouve ainsi, qu’on le passe ainsi et qu’il nous laisse ainsi jusqu’à son retour l’année prochaine et nous retrouve ainsi. AMIIN.

El Hadji Djiby SEYE
Ecrivain en langue nationale, auteur de Jàngal sa diine ci wolof et de Seex Ahmadu Bàmba Xaadimu Rasuul jaar-jaar ak jàngale, bayedjibyseye@gmail.com






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