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Affaire Hussein Habré : Mike Dottridge confirme l’existence de cas de torture et d’arrestations arbitraires au Tchad

Le responsable d’Amnesty International, Mike Dottridge, a poursuivi, ce lundi, son audition sur les exécutions et violations des droits de l’homme subies par les prisonniers pendant le règne de Habré. Le parquet spécial a, par ailleurs, fait écouter un document sonore d’une conférence de presse d’Hussein Habré où il accusait Kadhafi de vouloir entretenir une tension au Sud du Tchad.


Rédigé par leral.net le Lundi 14 Septembre 2015 à 15:00 | | 0 commentaire(s)|

Affaire Hussein Habré : Mike Dottridge confirme l’existence de cas de torture et d’arrestations arbitraires au Tchad
L’audition de l’ancien responsable d’Amnesty International, qui a débuté vendredi dernier, se poursuit, ce lundi, au Palais de Justice Lat Dior, de Dakar. Ce face-à-face avec les Chambres Africaines extraordinaires, le Parquet et les avocats, a permis au responsable britannique, Mike Dottridge, de confirmer ses déclarations et d’apporter des précisons sur certaines questions. « Les documents consultés dans les archives de la Dds ont permis de confirmer les informations publiées dans nos rapports », a soutenu Mike Dottridge qui indique que l'ancien Président lui-même a décidé que certains détenus allaient mourir. Il est aussi intervenu pour demander la libération de telle autre personne.

Pour ce qui est de la crédibilité des informations rapportées, Mike Dottridge précise : « Amnesty international n’avait pas de représentant au Tchad, mais ils recevaient des informations de la part des prisonniers libérés ». Quid de l’arrestation des filles ? « Mon organisme n’était pas sur place. Donc, les responsables d’Amnesty de l’époque ne pouvaient pas affirmer exactement ce qui s’est passé là-bas, par rapport à l’arrestation des filles », a-t-il dit. « On nous a donné l’information que nous avons vérifiée sur le terrain après la chute de Hussein Habré. Les noms de ses femmes ont été retrouvés sur les archives de la Dds », rapporte-t-il.

Sur le traitement des prisonniers politiques, l’ancien responsable d’Amnesty International, de 1985 à 1995, renseigne : « Nous avons constaté, à un certain moment, que le traitement des personnes arrêtées pour un motif politique était plus dur que celui réservé à d’autres personnes ». Il a, par ailleurs, confirmé qu’« au Tchad, il y avait des détentions arbitraires parce qu’il y avait des gens qui ont été arrêtés par des agents de la Dds pour leur soutirer d’argent ». Mais, il informe que les responsables tchadiens ont toujours nié l’existence des arrestations arbitraires et des détenus politiques. « Après, les événements de ce que l’on a appelé septembre noir, c’est le ministre de la Communication qui a nié ce qu’on avait publié, par rapport à l’existence des prisonniers politiques », souligne-t-il. D’ailleurs, l’ancien Président du Tchad, Hussein Habré, a refusé la thèse de l’arrestation arbitraire dans un élément sonore d’une conférence de presse organisée par le Président Hussein Habré en 1984. M. Habré y accuse Mouhamar Kadhafi de vouloir créer la tension au Sud du Tchad. « Il y a un certain groupe qui n’a pas voulu jouer le jeu pour apporter la paix. Je souligne qu’il n’y pas de guerre, s’il y avait une guerre, il devait y avoir des pertes humaines ou matérielles », avait déclaré Hussein Habré dans ledit document sonore écouté à l’audience. Il y affirmait également : « Des gens arrêtés sont en prison et ils seront jugés. Ils veulent juste entretenir le feu dans le pays. Ces gens sont soutenus par Kadhafi pour créer une tension au Sud du Tchad »,.

Fara Mendy






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