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Affaire Khalifa Sall: l'indépendance de la justice au cœur du débat

Au Sénégal, Khalifa Sall, soupçonné de détournement de deniers publics et d’association de malfaiteurs, est en détention depuis mardi soir 7 mars. Désormais, le maire de Dakar va devoir préparer sa défense et s’expliquer devant le juge sur l’utilisation par sa mairie de 2,7 millions d’euros. Au cœur du débat : l’indépendance de la justice.


Rédigé par leral.net le Jeudi 9 Mars 2017 à 13:52 | | 0 commentaire(s)|

Défendu par une batterie d’avocats, Khalifa Sall aura à s’expliquer sur l’utilisation par sa mairie de 2,7 millions d’euros. L’argument principal de sa défense n’est pas juridique, mais politique. Maître Clédor Ly dénonce en boucle une justice aux ordres. « C’est un dossier qui est politique, nous le savions. Tout cela pour un homme qui aspire à la magistrature suprême, cela fait quand même mal », assure-t-il.

Seydou Guèye, porte-parole du gouvernement, balaye cet argument et considère au contraire, que l’indépendance de la justice est une volonté du président Macky Sall. « Un gouvernement n’a pas pour mission de faire de la manœuvre politique. C’est à l’honneur de la justice que de se montrer une véritable autorité, un véritable pouvoir dans notre pays, puisqu’on a trop crié sur la justice, suspectant son indépendance », rappelle-t-il.

Le porte-parole du Parti démocratique sénégalais, Babacar Guèye, estime que les chefs d’inculpation ne sont pas corrects. « Khalifa Sall a certainement commis par négligence une faute de gestion. Je ne pense pas que cela ait été une occasion pour lui de s’enrichir de manière illicite. Je ne pense pas aussi qu’il y ait un détournement de deniers publics et qui aurait eu pour conséquence un enrichissement personnel », commente-t-il.

L'incarcération du maire de Dakar fait donc bondir son camp politique, mais également les organisations de défense des droits de l'homme. Maître Assane Dioma Ndiaye, avocat au barreau et président de la Ligue sénégalaise des droits humains, dénonce cette décision judiciaire : "Chaque gouvernement utilise la justice selon ses objectifs et la justice semble être un instrument de règlement de comptes. L'état d'esprit en cours au Sénégal ne me paraît pas conforme à la séparation des pouvoirs".

Les clefs de ce dossier sensible sont désormais dans les mains du juge qui va multiplier sans aucun doute, les interrogatoires et les confrontations.

RFI-AFRIQUE