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Affaire Lamine Diack : La justice française ne bat pas au rythme de la volonté du Prince


Rédigé par leral.net le Vendredi 18 Décembre 2015 à 21:17 | | 10 commentaire(s)|

Au début de l’affaire Lamine Diack, notre compatriote a bénéficié de la solidarité aussi bien de l’Etat que de nombreux compatriotes. Normal. Cependant, certains allaient même jusqu’à accuser la justice de racisme. C’est vraiment ignorer la nature des juges français qui posent chaque jour des actes qui témoignent leur volonté de donner corps à la séparation des pouvoirs. La justice française a condamné Alain Jupé et Jacques Chirac.

Rappelons que Jacques Chirac a été convoqué pour la première fois par le juge au moment où il était encore Président de la République avant d’être finalement entendu dès la fin de son mandat. Nicolas Sarkozy est sous le coup d’une mise en examen par la justice qui a aussi récemment cassé un verdict favorable à Bernard Tapie. Des juges ont remis en cause l'intérêt français en Afrique en déclenchant des procédures judiciaires contre les présidents Omar Bongo, Sassou Ngesso et Obiang Ngéma et fils (affaire des biens mal acquis).

Des juges inquiètent actuellement la Présidente du FMI, Christine Lagarde, dont l’affaire est susceptible de faire perdre à la France le prestigieux poste de patron de cette institution financière supranionale. La justice française a libéré suite aux attentats de Paris de présumés terroristes contre la volonté du pouvoir politique et a mis en détention préventive le fils de Laurent Fabius, Ministre français des Affaires étrangères, etc.

Disons avec honnêteté intellectuelle, la liberté du juge est plus une réalité en France que sous nos tropiques. Ceci ne dit pas que tous les juges français sont libres et il n'y a pas de juges africains libres. Mais le verdict des faits nous impose à reconnaître que la qualité de l'administration de la justice en Afrique bat, en général, au rythme de la volonté du Prince. Un ami farouche opposant de Wade m'a dit un jour à propos de l'affaire Karim Wade " Depuis que la justice française a classé le dossier Karim, j'ai compris que cette affaire n'est pas sérieuse. Sinon à l’image de Jacques Chirac dans l’affaire Alain Juppé, Me Abdoulaye Wade serait convoqué au moins comme témoin".

Ces propos prêtés au Président Lamine Diack par le très sérieux journal Le Monde sont gravissimes. Non seulement l’image du président Macky Sall qui se veut chantre de la bonne gouvernance en prend un sacré coup, mais l’image de notre République dont Macky Sall en incarne la plus haute institution en pâtit.

Alors pour son honneur et celui de la République, cette affaire ne peut pas être noyée par des communiqués et autres démentis. Le Président doit saisir la justice à défaut cette affaire risque de le rattraper. Les juges sénégalais pourront bien suivre les pas de leurs homologues français à propos du supposé financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par le Colonel Kadhafi.

Adama SADIO ADO
adosadio@yahoo.fr






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