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Affaire Oumar Sarr : Deux professeurs invitent le procureur de la République à revoir ses cours de Droit

Dans l'affaire Oumar Sarr, le procureur de la République Serigne Bassirou Guèye a violé la loi sur toute la ligne. C'est la conviction de Mady Marie Boiré, enseignant de Droit pénal à l'Ugb, et Ndiack Fall de la faculté des Sciences juridiques de l'Ucad.


Rédigé par leral.net le Lundi 28 Décembre 2015 à 13:33 | | 13 commentaire(s)|

La réponse des spécialistes du Droit ne s'est pas fait attendre, après la sortie du procureur Serigne Bassirou Guèye dans l'affaire Oumar Sarr. "C'est le jugement du flagrant délit qui devrait être applicable à Oumar Sarr", rétorque sèchement Ndiack Fall, enseignant à la faculté des Sciences juridiques de l'Ucad. Après avoir rappelé que selon lui, la notion de flagrance pose problème, il indique qu'en face d'un délit flagrant, la procédure implique l'attraction directe du délinquant devant le juge répressif. C'est ce qu'on appelle le jugement du flagrant délit, ajoute-t-il. Si le délit est flagrant, résume l'expert, on n'a pas besoin de passer par l'instruction, les faits ne méritant plus débat, car l'individu étant considéré comme la main prise dans le sac. Donc il n'a pas de passer par passer par le juge d'instruction", évacue M. Fall.

Le pénaliste Mady Marie Boiré confirme son collègue de l'Ucad. " Il y a une contradiction, car si l'infraction est flagrante, la personne va directement devant le tribunal de grande instance. C'est une anomalie qu'il faut noter."

L'avis de M. Boiré est aussi tranché sur la question de l'immunité parlementaire. " Si le député commet une nouvelle infraction, le Procureur devrait redemander la levée de son immunité. Car il se pourrait qu'à l'occasion de la commission de la seconde infraction, que l'Assemblée nationale ne lève pas son immunité", fait-il constater. " Quand une immunité est levée, elle l'est pour une infraction bien déterminée, quand le député commet une nouvelle levée", renchérit Ndiack Fall. Qui admet : " Il faut l'avouer, c'est une violation de la loi, on ne peut pas prétexter de la levée de l'immunité concernant les enquêtes de la Crei, pour envelopper les infractions commises présentement en 2015, c'est inimaginable."

Cela voudrait dire, raille-t-il, que les députés ont une capacité divinatoire qui leur permet de prévoir qui ne sont pas encore venues".






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