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Afrique du Sud - Pourquoi les chauffeurs de taxis collectifs doivent retourner à l'auto-école

le 26 Juin 2012 à 11:00 | Lu 453 fois

«Chaque jour, on croise des taxis accidentés, au bord de la route. Dans leur conduite, ils sont trop pressés», se plaint Jean-Michel, un Sud-Africain, au micro de RFI.


Afrique du Sud - Pourquoi les chauffeurs de taxis collectifs doivent retourner à l'auto-école

Tous les jours, la peur au ventre, ce dernier grimpe dans un taxi collectif pour se rendre sur son lieu de travail à Johannesburg.

Une peur qui n’est pas anodine car, selon des informations du site sud-africain Mail & Guardian, près de 14.000 personnes sont tuées sur les routes en Afrique du Sud chaque année, soit l'une des plus fortes mortalités au monde.

La cause de ces accidents? Les taxis collectifs vont trop vite, souvent pressés par des patrons peu scrupuleux.

«Quand il faut conduire à 60 kilomètres heure, ils sont à 80. Ils ne respectent pas les règles. Ils ne s’arrêtent pas au stop. Ils franchissent les lignes blanches et grillent les feux de rouge», affirme un moniteur d’auto-école, Sthembiso Segolela.

En février dernier, un chauffeur de taxi collectif avait même écopé de 20 ans de prison pour avoir causé l’accident d’un minibus tuant 10 enfants.

Pourtant, 20 à 25 millions de personnes, dont de nombreux écoliers, continuent d'emprunter chaque jour les taxis collectifs, par manque d’argent et par gain de temps mais souvent au péril de leur vie.

C'est devant cette situation alarmante que le gouvernement sud-africain a lancé en 2004, une campagne de prévention auprès des conducteurs de taxi pour limiter les accidents.

Cette campagne de sensibilisation sous forme de grand concours (Number 1 Taxi Driver Campaign) se déroule dans tout le pays.

Plus de 5.000 participants ont répondu à un questionnaire sur le code de la route et viennent passer des tests de conduite, motivés par la perspective d’être élu «chauffeur de l’année» et gagner un des quatre minibus flambant neufs.

Dans le même temps, le gouvernement a mis en place des glissières de sécurité le long des routes et proposé des sentences plus sévères pour les conducteurs responsables d’accidents mortels.

Toutefois, selon plusieurs syndicats de taxis et organisations non-gouvernementales, les efforts des officiels sud-africains ne suffisent pas.

D’une part, il faut lutter contre la corruption des forces de l’ordre.

«Parfois, quand un chauffeur ne s’arrête pas à un stop ou à un feu rouge, les policiers ont tendance à demander des pot-de-vin. Il faut aussi quelque chose pour lutter contre ces pratiques», dénonce un syndicat de taxis.

D’autre part, selon les ONG, il est vital de créer des formations obligatoires pour les chauffeurs de minibus.

Lu sur Mail&Guardian et entendu sur RFI


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