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Alpha Condé en toute liberté : «Les chefs d’Etat échouent en Afrique pour trois raisons : l’argent, les femmes et la famille»

Le Président Condé a fait des révélations étonnantes lors d’une conférence de presse tenue ce dimanche 15 mai 2016. En usant d’une liberté de ton inattendue, il s’est lâché sur plusieurs sujets. Pour le Chef d’Etat guinéen, par exemple, « les chefs d’Etat échouent en Afrique pour trois raisons : l’argent, les femmes et la famille. Aucun membre de ma famille n’est dans une affaire » a-t-il déclaré devant des journalistes quelque peu amusés. Il est aussi revenu sur les dessous du contrat d’acquisition du port de Conakry, ses démêlés avec la presse occidentale, les rumeurs qui courent sur l’implication supposée de son fils dans les affaires... Quelques extraits d'un délire présidentiel.


Rédigé par leral.net le Lundi 16 Mai 2016 à 20:47 | | 8 commentaire(s)|

« Qui d’entre vous ici, connaît le visage de mon fils, parmi les journalistes ? Il n’y en a pas beaucoup. Comme on n’arrive pas à m’atteindre, puisqu’en matière de communication, ils n’ont pas d’argent, il faut trouver un bouc- émissaire. Franchement, ça ne me fait ni chaud, ni froid. Dès que je suis devenu président j’ai dit dans Jeune Afrique que si ma femme se trompe pour m’apporter un dossier, je divorce parce que moi, je connais l’Afrique. Les chefs d’Etat échouent en Afrique pour trois raisons : l’argent, les femmes et la famille. Aucun membre de ma famille n’est dans une affaire. Les gens sont libres de dire ce qu’ils veulent. Allez voir un membre de ma famille d’aller dire telle chose au président.

Parfois même, les femmes racontent des histoires en ville parce qu’on ne connaît pas ma maitresse, ceci ou cela. Moi, je ne suis pas dedans. Moi, je veux réussir. Il ne faut pas que l’argent, une maîtresse ou ma femme ait de l’influence sur moi. J’agis dans ce sens-là. Vraiment, les gens n’ont qu’à écrire ce qu’ils veulent. Cela ne me fait ni chaud, ni froid. Ce sont les gens dont on met les intérêts en cause qui paient les journalistes, c’est tout.

Dès que je suis venu en 2011, il y a eu un attentat contre moi parce que j’ai remis en cause les mines. Est-ce que cela m’a empêché de continuer ? Nous allons continuer et nous allons récupérer d’autres permis. Ils sont libres de dire ce qu’ils veulent. Moi, j’ai été opposant, j’ai gagné les élections. Demandez à un homme d’affaires étranger, français ou guinéen, qui m’a financé ? Personne.

On parle du port. Le président Conté avait suspendu le contrat de Getma bien avant moi. Quand Dadis est venu, il a renouvelé la suspension. Le président Blaise a envoyé Diendéré pour demander à Dadis de remettre. J’étais à Ouaga, j’ai dit à Blaise, tu es mon ami. Mais je défends les intérêts de la Guinée, si je deviens président, je vais annuler le contrat de Getma, bien avant que je ne sois président. Parce que c’est un contrat qui est contraire aux intérêts de la Guinée. Sur trois conditions, Getma ne remplissait qu’une seule. Bolloré remplissait trois, Maersk trois aussi. Donc, Getma devait être éliminé de l’appel d’offres. Alors, comment a-t-il pu gagner parce qu’il a distribué de l’argent ? J’ai dit aux cadres d’accepter de témoigner et je ne les arrêterai pas. Certains ont témoigné, d’autres non. Bon, il y a eu une combine. On a perdu au premier mais on a gagné en appel. La justice nous a donné raison. Comparez le port de Conakry hier à aujourd’hui.

Moi, je me suis battu pendant des années, je n’ai pas accepté d’être dans un gouvernement, ni un membre de mon parti. Honnêtement, je m’en fous. Qu’ils écrivent ce qu’ils veulent. Ce n’est pas les journaux qui dirigent la Guinée. Ce n’est ni Le Monde, ni le Figaro, ni RFI, ou quoi que ce soit, qui dirige la Guinée. Qu’ils écrivent ce qu’ils veulent. Moi, mon seul juge, c’est le peuple de Guinée et le peuple africain, c’est tout. Tant que je mène la politique que mon peuple veut, personne ne me dira qu’il m’a donné de l’argent. Si on n’atteint pas le papa, on attaque le fils. Ils sont libres d’intoxiquer comme ils le veulent. Je ne suis pas impressionné par ce que la presse écrit. La preuve, je ne vais jamais sur internet, sauf sur mon Facebook. Je ne lis pas les journaux. Depuis que j’étais opposant, je ne lis pas les journaux, je n’écoute pas la radio….

Depuis que je suis président, je n’ai jamais poursuivi un journaliste. Il y a des pays démocratiques où on arête les journalistes, où on arrête les opposants. On n’en parle pas. Beaucoup de chefs d’Etat donnent de l’argent aux journalistes, ils se taisent. Moi, je n’ai donné de l’argent à personne (il tape du poing sur la table).

Et je n’ai pas pris de cabinet pour ma campagne, je n’ai pas payé un cabinet. Je ne paie pas de cabinet pour faire mon lobbying. Je ne paye aucun cabinet en France. La dernière fois, un cabinet m’a demandé deux millions, il y a un ambassadeur qui m’a dit que mes collègues Chefs d’Etat paient quatre millions. Moi, je ne paierai personne. Ils n’ont qu’à écrire ce qu’ils veulent, cela ne m’empêche pas de dormir. Cela ne m’empêche pas de diriger mon pays. Honnêtement, ils n’ont qu’à écrire ce qu’ils veulent. Je ne donnerai pas un centime à une société de communication, ou je ne sais quoi encore, seul mon peuple est souverain, et le peuple africain ».






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