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Animateurs suspendus pour avoir jeûné : colère du CFCM

le 31 Juillet 2012 à 15:15 | Lu 933 fois

Les quatre animateurs suspendus par la mairie de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), parce qu'ils observaient le ramadan, sont soutenus par l'Observatoire contre l'islamophobie qui a annoncé son intention de porter plainte pour discrimination.


Animateurs suspendus pour avoir jeûné : colère du CFCM
Les animateurs suspendus d'une colonie de vacances car ils faisaient le ramadan voulaient créer «le débat» autour de leur situation. C'est chose faite, avec l'annonce ce mardi du Conseil français du culte musulman de son intention de porter plainte pour discrimination. Abdallah Zekri, président de l'Observatoire contre l'islamophobie, composante du CFCM qui représente la religion musulmane auprès des pouvoirs publics en France, «condamne avec la plus grande fermeté la décision arbitraire et discriminatoire du maire de la ville de Gennevilliers», municipalité communiste de la banlieue de Paris, écrit-il dans un communiqué.

«La liberté religieuse est une liberté fondamentale et on ne peut en aucun cas interdire à une personne de pratiquer sa religion. L'observatoire se réserve le droit de porter plainte pour discrimination», poursuit Abdallah Zekri.

Les quatre animateurs ont été suspendus après la visite d'un responsable de la mairie dans un centre de vacances de la ville à Port-d'Albret (Landes) le 20 juillet, premier jour du ramadan. Ils ont dû quitter la colonie le lendemain mais leur salaire a continué à être versé. La mairie les avait embauchés en CDD pour un séjour sportif à Port-d'Albret, dans les Landes, débuté le 5 juillet.

Leur contrat précisait qu'ils devaient se restaurer
«On a reçu la visite du responsable des centres de vacances. Il est venu voir si tout se déroulait correctement avec les enfants, et c'était le cas, puis il est venu déjeuner avec nous. Il s'est mis à ma table, et a remarqué qu'à l'heure du déjeuner je ne mangeais pas et Moussa non plus», a expliqué au BondyBlog, qui a révélé l'affaire, l'un des animateurs, prénommé Nassim. Le responsable a rappelé aux animateurs que, selon leur contrat de travail qu'ils ont signé, ils devaient se restaurer et s'hydrater convenablement.

Ils «n'ont pas respecté, en cours de séjour, les obligations de leur contrat de travail, pouvant ainsi mettre en cause la sécurité physique des enfants dont ils avaient la responsabilité», explique la mairie PCF de Gennevilliers dans un communiqué. «Ce défaut d'alimentation et d'hydratation pouvait conduire ces agents à ne plus être en pleine possession des moyens requis pour assurer le bon déroulement et la sécurité des activités du séjour, ainsi que la sécurité physique des enfants dont ils avaient la charge», affirme la mairie.

Un accident causé par une jeune femme qui jeûnait
«Il y a trois ans, on a eu un cas de figure très douloureux, une jeune animatrice qui avait refusé de s'alimenter et avait fait un malaise», a justifié la directrice de cabinet du maire, Nicole Varet. «Le problème c'est qu'elle conduisait un véhicule avec des enfants, et qu'elle a eu un accident avec des blessés graves, notamment un enfant», a-t-elle précisé.

Les moniteurs envisagent eux aussi de porter cette affaire devant la justice. Un des quatre animateurs suspendus a jugé mardi cette décision «inadmissible». «On trouve que c'est injuste et inadmissible. On ne peut pas forcer quelqu'un à manger. Ce n'est pas prouvé qu'en sautant un repas, on n'est pas en pleine possession de ses moyens», a dit Samir, un ex-directeur adjoint de cette colonie.

L'animateur se félicite toutefois que «le débat a lieu». «On réfléchit à aller devant les prud'hommes pour avoir des réponses claires à nos questions: Est-ce qu'une personne a le droit de ne pas manger le midi? Est-ce que les médecins qui pratiquent le ramadan mettent en danger la vie de leurs patients?», a-t-il poursuivi. Le Front des banlieues indépendant (FBI) envisage également de porter l'affaire en justice. Dénonçant «un acte islamophobe», le FBI appelle à un rassemblement samedi après-midi devant la mairie de Gennevilliers.



Par lefigaro.fr