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Ankara lance un avertissement à la Syrie

le 27 Juin 2012 à 12:23 | Lu 484 fois

La destruction du F-4 Phantom turc par la Syrie a été condamnée par les ambassadeurs de l'Otan.


Ankara lance un avertissement à la Syrie
La Turquie a lancé mardi un clair avertissement au régime de Bachar el-Assad, en prévenant qu'elle avait changé ses règles d'engagement militaire après la destruction en plein vol de son avion F-4 Phantom. Cet «acte hostile», qui selon le premier ministre Recep Tayyip Erdogan s'est produit en zone internationale, prouve que le régime syrien est devenu «une menace claire et proche pour la sécurité de la Turquie», qui partage une frontière longue de 900 kilomètres avec son voisin en guerre.

Certes, Ankara reconnaît qu'avant d'être abattu l'avion avait brièvement violé l'espace aérien syrien. Les experts russes affirment quant à eux dans les médias locaux que le F-4 Phantom testait la défense antiaérienne syrienne pour le compte de l'Otan.

Mais la brève incursion de l'appareil et de ses deux pilotes dans le ciel syrien n'aurait jamais dû servir de «prétexte» à ce qu'il s'est passé. Ankara ripostera donc «en temps opportun» et avec «détermination» à l'incident. «Tout élément militaire qui posera un risque et un danger de sécurité à la frontière turque venant de la Syrie sera considéré comme une cible militaire», a prévenu Recep Erdogan.

Pas de réponse militaire
De son côté, l'Otan, réunie d'urgence à Bruxelles à la demande d'Ankara, a jugé l'incident «inacceptable» et exprimé son «soutien et sa solidarité» vis-à-vis d'Ankara. «La sécurité de l'Alliance est indivisible. Nous sommes aux côtés de la Turquie dans un esprit de forte solidarité», a déclaré le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen. L'attaque contre l'avion turc constitue selon lui «un exemple supplémentaire du mépris des autorités syriennes pour les règles internationales, la paix et la sécurité, ainsi que pour la vie humaine».

Les 28 ambassadeurs de l'Otan s'étaient réunis sous la bannière de l'article 4 du traité de l'Alliance, qui prévoit que tout pays peut porter une question à l'attention du Conseil lorsqu'il estime que son intégrité territoriale ou sa sécurité est menacée. C'est la deuxième fois seulement depuis la création de l'Otan, en 1949, que l'article 4 est évoqué.

Mais les ambassadeurs n'ont pas discuté de l'article 5, qui envisage l'utilisation de la force. Aucun des pays membres de l'Otan n'a fait allusion à une éventuelle réponse militaire. Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, qui s'apprêtaient à renforcer leurs sanctions économiques contre la Syrie le lendemain, avaient d'ailleurs usé de leur influence pour convaincre Ankara d'agir avec modération.

Dans le même temps, de violents combats opposaient hier l'armée syrienne aux rebelles à 8 kilomètres du centre de la capitale, autour de positions de la garde républicaine, le corps d'élite chargé de la sécurité de Damas et de ses banlieues. Un développement important pour l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui relève que «c'est la première fois que le régime a recours à l'artillerie lourde dans des combats aussi proches de la capitale».


Par Isabelle Lasserre