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Annonce du procès de l'affaire Bassirou Faye en octobre : Me Assane Dioma Ndiaye "désavoue" le Président Macky Sall

Le président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme, bien qu'étant l'avocat de la famille du défunt Bassirou Faye, condamne la sortie du chef de l’État relative à la tenue, en octobre prochain, du procès contre le ou les meurtriers de l’étudiant tué au campus universitaire. Invité de l’émission Objection de la radio Sud fm, hier, Me Assane Dioma Ndiaye a indiqué que Macky Sall a tout simplement posé un acte extrêmement grave voire violé la présomption d’innocence.


Rédigé par leral.net le Lundi 31 Août 2015 à 11:34 | | 2 commentaire(s)|

Bien que s’étant constitué avocat de la famille du défunt Bassirou Faye, atteint mortellement par une balle au campus universitaire le 14 août 2014, au cours d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre à l’Ucad, Me Assane Dioma Ndiaye n’apprécie pas pour autant l’annonce faite par le chef de l’État sur la tenue du procès lié à cette affaire, en octobre prochain. Me Assane Dioma Ndiaye dit regretter la déclaration du chef de l’État devant les étudiants, lors de sa première visite au campus social de l’Ucad.

Au micro de Baye Oumar Guèye, le président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (Lsdh) a indiqué que Macky Sall, en faisant cette sortie, a tout simplement posé un acte extrêmement grave, ou du moins a violé la présomption d’innocence. « Moi, je suis un militant des droits de l’homme, je ne transige pas sur des principes en matière de droits, de droits de l’homme et d’État de droit. Cela, même si des choses peuvent paraître à notre faveur, cela ne peut pas justifier que nous les cautionnons. Je regrette que le Président se soit prononcé par rapport à une éventuelle tenue de l’audience à un moment où le juge n’avait pas bouclé son information. Nous sommes dans une information criminelle. Toute autre personne qui aurait fait cette déclaration aurait suscité la même désapprobation de notre part », a tenu à préciser l’avocat droit-de-l’hommiste.

Me Ndiaye d'ajouter : « Quand il s’agit de la plus haute personnalité de notre pays, c’est encore plus grave. Je le dis d’abord parce que cela viole la présomption d’innocence. Dans le cadre d’une information judiciaire, on est jamais assuré qu’il y aura audience…Et si le juge, suite à la sortie du président de la République, avait clôturé son instruction en disant que je ne renvoie personne, cela serait extrêmement grave du point de vue des institutions, qu’une parole du président de la République soit remise en cause de par la souveraineté du juge. De ce point de vue, il est extrêmement grave que le Président puisse annoncer la date alors qu’on ne savait pas sur quoi le juge allait conclure son instruction. C’est une violation du pouvoir souverain d’appréciation du juge parce qu’on est en train de préjuger de la décision future d’un juge ».

Auparavant, indique le journal, Me Assane Dioma Ndiaye avait salué le travail remarquable du juge d’instruction dans ce dossier. Selon lui, le juge instructeur est « parvenu à boucler son instruction au bout d’une intervalle de temps raisonnable (un an) ». Un délai qui, d’après Me Assane Dioma Ndiaye, conforte le combat contre les longues détentions en matière criminelle.






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