Annus horribilis pour Khalifa Sall : sa candidature à la présidentielle de 2019 plus incertaine que jamais


Rédigé par leral.net le Lundi 2 Octobre 2017 à 13:46 | | 0 commentaire(s)|

 
Elu député le 30 juillet, le maire de Dakar incarcéré malgré l’immunité qu’il revendique. Et le scénario de sa candidature à la présidentielle de 2019 parait plus incertain que jamais.
 

Le 14 septembre, la rentrée parlementaire s’est faite sans lui. Bien qu’élu député un mois et demi plus tôt, le numéro un de la liste de la coalition Mankoo Taxawu Senegaal, Khalifa Sall, 61 ans, dort toujours à la prison de Rebeuss, où il est en détention préventive depuis sept mois. En Août, invoquant son immunité parlementaire fraîchement acquise, ses avocats avaient déposé une requête visant à obtenir de la justice, sa libération d’office ; sans succès.
 
A la veille de la séance inaugurale de la nouvelle Assemblée nationale, ils se sont tournés vers son président pour lui demander de faire respecter par ses pairs, « la volonté du peuple souverain ». En vain. Incarcéré depuis le 07 Mars, inculpé pour détournement de deniers publics et faux et usage de faux dans le cadre de la gestion d’une caisse d’avance servant de longue date (sans justificatifs comptables) à diverses dépenses urgentes, le maire socialiste de la capitale qui considère, lui, avoir fait usage de « fonds politiques », autrement dit d’une caisse noire tolérée par l’Etat, se trouve dans l’impossibilité de siéger à l’hémicycle.
 

 Malgré la mobilisation de ses proches et sympathisant, en dépit des divers recours introduites par ses avocats, « l’affaire Khalifa Sall » est pour l’heure, enlisée. Elle n’a encore abouti ni à un non-lieu ni à un procès. Selon ses avocats, le maire de Dakar « a toujours contesté le bien-fondé des poursuites et considéré qu’elles sont motivées par une volonté de l’écarter du jeu politique ».
 
Une interprétation rejetée par les autorités, qui opposent l’indépendance totale de la justice sénégalaise vis-vis de cette affaire. Pourtant, dans le camp de Khalifa Sall, on fait remarquer que le rapport de l’Inspection général d’Etat (IGE) à l’origine des poursuites, avait été transmis au procureur avec une célérité inhabituelle par la présidence de la République, autorité de tutelle de l’IGE ;
 

Lourde addition. Enfant chéri des édiles des grandes métropoles Africaines, adulé de Paris à Montréal par ses pairs de l’Association internationale des maires francophones, dont il est le secrétaire général, après plus de quatre décennies de vie politique, Khalifa Sall se trouve en fâcheuse posture. C’est depuis sa cellule de Rebeuss qu’il assume, tant bien que mal, ses fonctions de maire. Son mandat de député semble en revanche, sérieusement compromis.
 
Quand à un éventuel destin présidentiel, dont lui-même n’a jamais confirmé explicitement l’ambition, il paraît à ce jour, hors d’atteinte. En refusant, in extremis, de former une liste  commune aux législatives de juillet avec la coalition gagnante Wattu Sénégaal, emmenée par l’ancien président Abdoulaye Wade, Khalifa Sall a pris le risque de voir l’opposition aller aux urnes en ordre dispersé.

 
Mal lui en a pris. Bien qu’allié au Grand Parti de Malick Gackou et au Rewmi d’Idrissa Seck au sein de la coalition Taxawu Senegaal, le frondeur socialiste dont le parti demeure l’allié de Macky Sall s’est classé en troisième position avec un score de 11,7% et 7 sièges. Loin, très loin de la coalition gouvernementale, Benno Bokk Yakaar (BBY), qui rafle le jackpot avec 49,5% et 125 élus, et deux bonnes longueurs derrière l’autre coalition d’opposition, Wattu Sénégal, constitué autour du chef historique du Parti démocratique Sénégalais (PDS), Abdoulaye Wade, qui est parvenue à récolter 19 sièges.
 
Pis, le maire de Dakar s’est également laissé devancer de quelques milliers de voix dans son bastion dakarois par BBY. Lourde addition au final, pour celui qu’on donnait, il y a peu, imbattable dans sa capitale.
 
C’est depuis sa cellule de Rebeuss qu’il assume, tant bien que mal ses fonctions à la ville. A seize mois d’une présidentielle que Macky Sall, conforté par cette récente victoire, entend bien remporter haut la main, le scénario d’une candidature de Khalifa Sall ne paraît plus qu’un lointain souvenir.
 

En mal de soutiens, privé de liberté et sous le coup d’une possible condamnation, le maire de Dakar aura manifestement besoin d’un coup de pouce du destin pour revenir à temps sur le devant de la scène. Une précampagne présidentielle sans poids lourds : Macky Sall mieux placé que jamais pour rempiler en 2019?
 
Alors que Macky Sall semble mieux placé que jamais pour rempiler en 2019, ses anciens "frères" du Parti démocratique sénégalais tirent sur lui à boulets rouges. Quitte à oublier que c'est à leurs côtés qu'il a appris l'art de l'endurance politique.


Source Jeune Afrique Magazine








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