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Après la demande d'arrestation de la CPI, Pretoria interdit à el-Béchir de quitter le pays

Rédigé par ( La rédaction ) le 14 Juin 2015 à 15:27 | Lu 1250 fois

Un tribunal sud-africain a provisoirement interdit au président soudanais Omar el-Béchir, dimanche, de quitter le pays après une demande d'arrestation de la Cour pénale internationale.


 Après la demande d'arrestation de la CPI, Pretoria interdit à el-Béchir de quitter le pays
Un tribunal sud-africain saisi par une ONG a interdit au président soudanais Omar el-Béchir de quitter le pays tant que la justice n'aura pas statué sur une demande d'arrestation formulée par la Cour pénale internationale (CPI), indique un jugement publié dimanche 14 juin.

Le jugement stipule que les autorités sud-africaines "doivent empêcher le président Omar el-Béchir de quitter le pays jusqu'à ce qu'une décision soit rendue par cette Cour". L'affaire devait être examinée en urgence dimanche après-midi.

Le président soudanais est en Afrique du Sud pour participer à un sommet de l'Union africaine, mais la CPI a appelé Pretoria à l'arrêter, dans le cadre des poursuites engagées contre lui en 2009 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité et en 2010 pour génocide.

Ces deux mandats d'arrêt sont liés aux événements au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie aux violences depuis 2003. Plus de 300 000 personnes sont mortes dans ce conflit selon l'ONU.

Dans une décision rendue publique dimanche, la CPI indique avoir rappelé le 28 mai à l'Afrique du Sud son obligation statutaire, en tant qu'État membre de la Cour, d'arrêter et de lui remettre el-Béchir si celui-ci se rendait sur son territoire.

El-Béchir accueilli par des responsables sud-africains

Selon le document, l'ambassadeur d'Afrique du Sud aux Pays-Bas a rétorqué vendredi à la CPI, qui siège à La Haye, que son pays se trouvait face à des "obligations concurrentes" et que la loi "manquait de clarté".

Mais la CPI ne l'entend pas de cette oreille : "Il n'existe aucune ambiguïté ou incertitude quant à l'obligation incombant à la République d'Afrique du Sud d'arrêter et de remettre immédiatement Omar el-Béchir à la Cour", a-t-elle soutenu dans sa décision.

C'est sur cette base que l'organisation de défense du droit "Southern Africa Litigation Center" a saisi la justice en urgence pour tenter d'obtenir une décision sur le sort du chef d'État soudanais.

Dimanche matin, les autorités sud-africaines ont refusé de confirmer l'arrivée en Afrique du Sud du président soudanais, mais la radio-télévision sud-africaine SABC a indiqué dans un tweet qu'el-Béchir avait bien été "accueilli par des responsables sud-africains et des diplomates soudanais".

L'agence officielle d'information soudanaise Suna avait par ailleurs annoncé samedi le départ du président soudanais "pour Johannesburg à la tête de la délégation soudanaise prenant part au sommet de l'Union africaine" qui se tient dimanche et lundi.

Le président el-Béchir, 71 ans, au pouvoir depuis un coup d'État en 1989 et réélu en avril avec 94 % des voix pour un nouveau mandat de cinq ans, a depuis 2009 considérablement limité ses déplacements à l'étranger, privilégiant les pays n'ayant pas rejoint la CPI.

Avec AFP


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