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Après la flamme des JO, Cameron à la peine

le 16 Août 2012 à 12:28 | Lu 376 fois

Les promesses du premier ministre pour favoriser le sport à l'école sont contrariées.


Après la flamme des JO, Cameron à la peine
Emporté par la flamme, le gouvernement britannique s'était engagé à faire vibrer l'esprit olympique, une fois les Jeux finis. Il s'y prend d'une curieuse façon, en se préparant à lever l'obligation pour les écoles d'assigner une surface minimum de terrain à la pratique des sports collectifs.

Les associations de promotion du sport tirent la sonnette d'alarme: le projet du gouvernement pourrait réduire de 15% la surface des terrains que les écoles consacrent à la pratique du sport en équipe. Elles demandent «un engagement ferme du gouvernement de faire du sport et des équipements sportifs à l'école une priorité». Un rappel à l'ordre en bonne et due forme pour un premier ministre pourtant peu avare de promesses.

Après avoir révélé que deux de ses quatre enfants fréquentent des écoles publiques sans espace vert pour jouer, il avait profité des JO pour témoigner à nouveau de sa volonté de remettre les Britanniques au sport. Il a annoncé que les sports collectifs comme le netball ou le football seraient désormais inclus au programme des écoles primaires et qu'une enveloppe annuelle de 125 millions de livres, prise sur les fonds de la loterie nationale, servirait à financer la formation et l'entraînement des sportifs de haut niveau jusqu'aux JO de Rio.

Ces déclarations de bonnes intentions n'empêchent pas le gouvernement de se retrouver sous le feu des critiques. Elles ne font pas oublier que l'une des premières actions du gouvernement Cameron avait été de diminuer considérablement le budget sport des écoles - conséquence, il est vrai, de la plus sévère cure d'austérité dans le pays depuis la Seconde Guerre mondiale. L'opposition assure que le budget sport aurait été réduit de 67% depuis que les conservateurs ont pris le pouvoir. Les tories ont aussi abandonné l'objectif, fixé par le gouvernement précédent, de deux heures hebdomadaires obligatoires d'éducation physique et sportive pour les écoliers.

Le fléau de l'obésité
Pourtant, le gouvernement a tout intérêt à favoriser le sport à l'école pour lutter contre un véritable fléau, en tête des problèmes de santé publique: l'obésité. Les athlètes britanniques ont beau avoir remporté 65 titres olympiques lors de ces JO, hissant le Royaume-Uni au troisième rang des médailles par pays, le grand public est plutôt du genre indolent. Seulement 40% des hommes et 28% des femmes britanniques atteignent le niveau minimum d'activité physique recommandé chez les adultes. Près de 24% des femmes britanniques sont obèses, et 22 % des hommes. Un tiers des jeunes Britanniques sont obèses ou en surpoids. L'appel de Sebastian Coe, organisateur des JO et sacré «ambassadeur de l'héritage olympique» par Cameron, invitant les politiques à saisir une «opportunité unique» de relancer l'intérêt pour le sport dans le pays, «au-delà des clivages partisans», n'a pas encore été parfaitement entendu.


Par Charlotte Kan