Mais par une proactivité et une reprise en main de cette dérive rampante vers laquelle glisse notre pays. Le saccage de la Place de l’Indépendance et les actes de vandalisme qui l’ont précédé, le tout orchestré par les fanatiques de Cheikh Béthio retenu dans les liens de la prévention, n’est ni plus ni moins qu’une défiance à l’égard de l’Autorité, qu’un acte de banditisme organisé au mépris des lois et règlements, qu’un gros bras d’honneur fait à nos institutions. Si rien n’est fait pour rechercher, traquer, retrouver et punir les assaillants, il sera difficile pour le Gouvernement d’instaurer une quelconque autorité, de mériter la considération, la respectabilité et la confiance des Sénégalais qui pensaient en avoir fini avec l’impunité depuis le 25 mars 2012.
La sécurité des citoyens et de leurs biens n’est, à ce point, en rien négociable. La primauté de la loi encore moins. Car, de l’impuissance de l’autorité face à un tel déferlement de violence découlera, indubitablement, un sentiment de délitement de l’autorité, le triomphe du fanatisme et de la violence organisée. Et, plus grave encore, la prévalence de la culture des « milices » qui a mis à terre les institutions, ruiné socialement, politiquement et économiquement, des pays d’Afrique centrale, de l’Est, et, plus près de nous, la Côte d’Ivoire. Mais à vrai dire, ce débordement calamiteux n’est que la suite de plusieurs autres actes de violence qui ont commencé depuis l’incarcération du Cheikh à Thiès. La capitale du Rail n’a cessé d’être le théâtre d’affrontements plus ou moins larvés entre les forces de l’ordre et les disciples. Attaques armées, profération de menaces ouvertes, envahissement des réseaux sociaux, manifestation de rues au Sénégal et à l’extérieur… tous les ingrédients d’une irruption de la violence étaient ainsi réunis, sans que des mesures préventives fussent prises pour arrêter la spirale dépressive qui a abouti au sac de la Place de l’indépendance.
A QUELQUES DIZAINES DE METRES DU PALAIS PRESIDENTIEL …
On peut raisonnablement se poser des questions sur l’efficacité, ou l’effacement, de nos services de renseignements, qui n’ont rien pu prévenir et celle de nos forces de police qui, faute de célérité, n’ont même pas pu empêcher la razzia d’une centaine de voitures, la casse des magasins… en plein centre ville. Tenons-nous bien, à quelques dizaines de mètres du commissariat central, de la Gendarmerie de Thiong, et … de la présidence de la République. La complainte des victimes autant que le sentiment d’insécurité qui habite les riverains de la Place de l’Indépendance, les paisibles piétons, les commerces et les administrations devraient secouer le gouvernement pour la prise de mesures hardies de police, de justice et de réparation des préjudices subis par ceux dont le seul tort est d’avoir été sur le chemin des pillards sans scrupules.
En réalité, le ministère de l’intérieur a fait montre lundi d’une grande défaillance, pour ne pas dire d’une réelle incapacité à se mettre au diapason d’un tel irrédentisme. Et pourtant, les forces de l’ordre se sont illustrées récemment par leur promptitude à réprimer les jacqueries d’étudiants non armés, leur réactivité devant les marchands ambulants du « couloir de la mort », vite « recadrés », sans rémission, sans bavure.
Mais la facilité et la liberté avec lesquelles les « thiantacounes » ont violemment défié l’Autorité au cœur de la capitale donnent froid au dos et laissent craindre le pire. C’est à croire que le ministère de l’Intérieur est pris dans une sorte de cercle vicieux entre le devoir de protection des citoyens, de sauvegarde de la primauté de l’autorité et les contraintes qu’engendrent les relations organiques entre le Président lui-même et la confrérie mouride à laquelle il est totalement dévoué.
SENTIMENT D’IMPUISSANCE
Le président Macky Sall a-t-il donné des gages pour trouver une issue politique à une affaire judiciaire, sans donner le sentiment manipulation de la Justice ? A-t-il du mal à régler à l’amiable une affaire en cours de traitement judiciaire, au risque de gêner l’appareil judiciaire soucieux de son indépendance, protégé par le ministre de la Justice, Mme Aminata Touré qui, semble-t-il aurait menacé de démissionner si le prévenu Cheikh Béthio Thioune était libéré ? Le transfèrement du marabout de Thiès à Dakar ne serait de toute façon que l’arbre qui cache la forêt de conflits, de mésententes sur la manière de « finaliser » ce dossier brûlant. Il semble maintenant clair que le président de la République est largement gêné aux entournures entre l’impérieuse urgence de laisser la justice suivre son cours normal et le devoir de gratitude à la cité religieuse de Touba. Même si le Cheikh Béthio Thioune, c’est connu, n’est pas tellement en odeur de sainteté avec le Khalifat, il demeure malgré tout un chef religieux et compte des cohortes fournies de talibés, attachés à cette confrérie. Il est dit que lors de la récente visite du président à Touba, promesse a été faite de rechercher une voie transitoire pour faire libérer le Cheikh prévenu.
Cependant des pressions exercées par les familles des victimes, associées à celle du ministre et de la magistrature auraient dissuadé le Président de forcer une telle décision. Et pourtant, il semble bien que la libération de Barthélémy Dias, qui a avoué ouvertement son crime avant de se rétracter sous les conseils de ses avocats, soit perçue comme « un cas d’école » qui aurait dû, pensent les partisans du cheikh emprisonné, inspirer le président-talibé. Comment accepter de maintenir en prison un prévenu qui nie les faits de crime et couronner un « coupable reconnu par lui-même», entretemps élu député et membre du bureau de l’Assemblée nationale et qui espère, malgré le flagrant délit de crime, bénéficier d’une immunité parlementaire ? Sans donner corps au raisonnement des « thiantacounes », car une injustice n’en répare jamais une autre, le rapprochement des deux cas donne un amer goût de traitement de faveur et de sélectivité.
MALADRESSES DECUPLEES
A cela, il faut ajouter les maladroites et répétées bavures du ministère de l’intérieur, dépassé par les évènements. A vrai dire autant le ministre de l’Intérieur pose problème par son manque de professionnalisme, autant le ministère de la Justice est sujet à controverses pour ses sorties haineuses et sa trop forte propension à manier le plus souvent le bâton, mais de manière sélective. En effet, les bévues du ministre Mbaye Ndiaye ne se comptent plus. Il en a fait de belles lors de la gestion du Plan ORSEC par des déclarations souvent malencontreuses car culpabilisantes des victimes, même sans conséquences graves. Il a récidivé après les incidents du stade de l’Amitié lors du match Sénégal Côte d’Ivoire, par son incapacité à prévenir les actes de hooliganisme caractérisé, sans qu’on lui en ait tenu rigueur. Après la profanation des cimetières chrétiens, il a remisé, en accusant et stigmatisant des chrétiens et catholiques, comme pour tenter de disculper les musulmans au risque de provoquer une « guerre des religions » si les Sénégalais n’étaient au-dessus de ces contingences.
Le ministre de la Justice n’en a pas fait moins en organisant, avec la bénédiction du président de la République, des convocations ciblées en direction des responsables PDS, sous le prétexte fallacieux que les audits de 2008 les mettaient en cause. Mais elle a oublié, au passage, d’autres anciens responsables du PDS entretemps recyclés dans l’appareil « apériste » gardés sous haute protection. Une justice des vainqueurs, selon toute vraisemblance ! Les magistrats et les autres corps de la justice ne manifestent aucun enthousiasme devant un ministre de la Justice qu’on dit péremptoire, autoritariste et sans nuance. Son entêtement sélectif serait, dit-on, à l’origine du maintien prolongé en prison du Cheikh mouride, même si, au demeurant, il faut reconnaître que les accusations portées contre le Guide religieux sont d’une telle gravité que le traitement de cette affaire doit être parcimonieuse.
DEUX MINISTERES PROBLEMATIQUES
Que fera le Président Macky Sall devant les dérives de deux ministères sensibles devenus si problématiques ? S’il maintient leurs titulaires, il prolongera le sentiment d’impuissance face à ces deux grosses pointures de l’APR que sont Mme Aminata Touré et M. Mbaye Ndiaye. Et s’il les écarte, il donnera un signal de faiblesse face à la pression de la rue en général et des « thiantacounes » en particulier. Il n’est pas surprenant que leurs deux têtes soient réclamées par les révoltés, l’administration pénitentiaire comme l’administration judiciaire faisant l’objet d’une grosse vague de contestation. Et ce n’est pas la diabolisation du PDS, soupçonné d’encourager la révolte, qui tirera le gouvernement d’affaire. Le parti de Maître Wade, ou ce qu’il en reste, n’a pas jamais caché son exaspération devant ce qu’il appelle le « déni de justice » et s’est ouvertement prononcé pour une « justice équitable », qu’il n’a pas du reste pas pratiquée quand il était aux affaires. Cette solidarité dans le forfait criminel est répugnante et déplorable, et apparaît comme une manière pour le PDS de renvoyer l’ascenseur à son malheureux souteneur de l’entre-deux tours. Cela dit, tenter de se défausser sur son adversaire, pour cacher ses faiblesses, n’est pas plus glorieux et valorisant pour un pouvoir en quête de repères.
UN PRESIDENT ECTOPLASME ?
Passés les six premiers mois d’existence, le gouvernement est en face à de sérieux problèmes de crédibilité. Le mécontentement social grandit. La confiance populaire se délite. Au sein de la majorité gouvernementale, le silence est d’or. Ses différentes composantes se complaisent dans le confort douillet de l’inaction et de la bouche cousue. Même pas des déclarations de soutiens clairs, nets et francs, pour soutenir et encourager le Président dans sa difficile gestion du pays. Où sont les alliés du Président ? Pourquoi une telle attitude mutique devant un problème aussi grave que la défiance des institutions pour un mouvement fût-il religieux ? A quoi servent-ils, ces alliés ? A bénéficier des opportunités du système, sans en partager les servitudes ? Plus que jamais, le Président Macky Sall ne doit pas apparaître comme un Président-ectoplasme. Il devrait cesser de s’emmurer dans son silence, pour reprendre la main car la situation du pays lui échappe. Il devrait méditer cette célèbre phrase du Président Kennedy « les risques et conséquences de l’action, ne sont en rien comparativement aux risques et conséquences d’une confortable inaction.» Toute autre alternative risquerait de renforcer le doute qui étreint les Sénégalais. Et alors, il serait fort à craindre que la révolte inadmissible des « thiantacounes » ne soit que des coups de semonce de mouvements plus larges, si les Sénégalais ne sentent abandonnés à leur triste sort.
ALY SAMBA NDIAYE
Le Témoin N° 1102 –Hebdomadaire Sénégalais (OCTOBRE 2012)
La sécurité des citoyens et de leurs biens n’est, à ce point, en rien négociable. La primauté de la loi encore moins. Car, de l’impuissance de l’autorité face à un tel déferlement de violence découlera, indubitablement, un sentiment de délitement de l’autorité, le triomphe du fanatisme et de la violence organisée. Et, plus grave encore, la prévalence de la culture des « milices » qui a mis à terre les institutions, ruiné socialement, politiquement et économiquement, des pays d’Afrique centrale, de l’Est, et, plus près de nous, la Côte d’Ivoire. Mais à vrai dire, ce débordement calamiteux n’est que la suite de plusieurs autres actes de violence qui ont commencé depuis l’incarcération du Cheikh à Thiès. La capitale du Rail n’a cessé d’être le théâtre d’affrontements plus ou moins larvés entre les forces de l’ordre et les disciples. Attaques armées, profération de menaces ouvertes, envahissement des réseaux sociaux, manifestation de rues au Sénégal et à l’extérieur… tous les ingrédients d’une irruption de la violence étaient ainsi réunis, sans que des mesures préventives fussent prises pour arrêter la spirale dépressive qui a abouti au sac de la Place de l’indépendance.
A QUELQUES DIZAINES DE METRES DU PALAIS PRESIDENTIEL …
On peut raisonnablement se poser des questions sur l’efficacité, ou l’effacement, de nos services de renseignements, qui n’ont rien pu prévenir et celle de nos forces de police qui, faute de célérité, n’ont même pas pu empêcher la razzia d’une centaine de voitures, la casse des magasins… en plein centre ville. Tenons-nous bien, à quelques dizaines de mètres du commissariat central, de la Gendarmerie de Thiong, et … de la présidence de la République. La complainte des victimes autant que le sentiment d’insécurité qui habite les riverains de la Place de l’Indépendance, les paisibles piétons, les commerces et les administrations devraient secouer le gouvernement pour la prise de mesures hardies de police, de justice et de réparation des préjudices subis par ceux dont le seul tort est d’avoir été sur le chemin des pillards sans scrupules.
En réalité, le ministère de l’intérieur a fait montre lundi d’une grande défaillance, pour ne pas dire d’une réelle incapacité à se mettre au diapason d’un tel irrédentisme. Et pourtant, les forces de l’ordre se sont illustrées récemment par leur promptitude à réprimer les jacqueries d’étudiants non armés, leur réactivité devant les marchands ambulants du « couloir de la mort », vite « recadrés », sans rémission, sans bavure.
Mais la facilité et la liberté avec lesquelles les « thiantacounes » ont violemment défié l’Autorité au cœur de la capitale donnent froid au dos et laissent craindre le pire. C’est à croire que le ministère de l’Intérieur est pris dans une sorte de cercle vicieux entre le devoir de protection des citoyens, de sauvegarde de la primauté de l’autorité et les contraintes qu’engendrent les relations organiques entre le Président lui-même et la confrérie mouride à laquelle il est totalement dévoué.
SENTIMENT D’IMPUISSANCE
Le président Macky Sall a-t-il donné des gages pour trouver une issue politique à une affaire judiciaire, sans donner le sentiment manipulation de la Justice ? A-t-il du mal à régler à l’amiable une affaire en cours de traitement judiciaire, au risque de gêner l’appareil judiciaire soucieux de son indépendance, protégé par le ministre de la Justice, Mme Aminata Touré qui, semble-t-il aurait menacé de démissionner si le prévenu Cheikh Béthio Thioune était libéré ? Le transfèrement du marabout de Thiès à Dakar ne serait de toute façon que l’arbre qui cache la forêt de conflits, de mésententes sur la manière de « finaliser » ce dossier brûlant. Il semble maintenant clair que le président de la République est largement gêné aux entournures entre l’impérieuse urgence de laisser la justice suivre son cours normal et le devoir de gratitude à la cité religieuse de Touba. Même si le Cheikh Béthio Thioune, c’est connu, n’est pas tellement en odeur de sainteté avec le Khalifat, il demeure malgré tout un chef religieux et compte des cohortes fournies de talibés, attachés à cette confrérie. Il est dit que lors de la récente visite du président à Touba, promesse a été faite de rechercher une voie transitoire pour faire libérer le Cheikh prévenu.
Cependant des pressions exercées par les familles des victimes, associées à celle du ministre et de la magistrature auraient dissuadé le Président de forcer une telle décision. Et pourtant, il semble bien que la libération de Barthélémy Dias, qui a avoué ouvertement son crime avant de se rétracter sous les conseils de ses avocats, soit perçue comme « un cas d’école » qui aurait dû, pensent les partisans du cheikh emprisonné, inspirer le président-talibé. Comment accepter de maintenir en prison un prévenu qui nie les faits de crime et couronner un « coupable reconnu par lui-même», entretemps élu député et membre du bureau de l’Assemblée nationale et qui espère, malgré le flagrant délit de crime, bénéficier d’une immunité parlementaire ? Sans donner corps au raisonnement des « thiantacounes », car une injustice n’en répare jamais une autre, le rapprochement des deux cas donne un amer goût de traitement de faveur et de sélectivité.
MALADRESSES DECUPLEES
A cela, il faut ajouter les maladroites et répétées bavures du ministère de l’intérieur, dépassé par les évènements. A vrai dire autant le ministre de l’Intérieur pose problème par son manque de professionnalisme, autant le ministère de la Justice est sujet à controverses pour ses sorties haineuses et sa trop forte propension à manier le plus souvent le bâton, mais de manière sélective. En effet, les bévues du ministre Mbaye Ndiaye ne se comptent plus. Il en a fait de belles lors de la gestion du Plan ORSEC par des déclarations souvent malencontreuses car culpabilisantes des victimes, même sans conséquences graves. Il a récidivé après les incidents du stade de l’Amitié lors du match Sénégal Côte d’Ivoire, par son incapacité à prévenir les actes de hooliganisme caractérisé, sans qu’on lui en ait tenu rigueur. Après la profanation des cimetières chrétiens, il a remisé, en accusant et stigmatisant des chrétiens et catholiques, comme pour tenter de disculper les musulmans au risque de provoquer une « guerre des religions » si les Sénégalais n’étaient au-dessus de ces contingences.
Le ministre de la Justice n’en a pas fait moins en organisant, avec la bénédiction du président de la République, des convocations ciblées en direction des responsables PDS, sous le prétexte fallacieux que les audits de 2008 les mettaient en cause. Mais elle a oublié, au passage, d’autres anciens responsables du PDS entretemps recyclés dans l’appareil « apériste » gardés sous haute protection. Une justice des vainqueurs, selon toute vraisemblance ! Les magistrats et les autres corps de la justice ne manifestent aucun enthousiasme devant un ministre de la Justice qu’on dit péremptoire, autoritariste et sans nuance. Son entêtement sélectif serait, dit-on, à l’origine du maintien prolongé en prison du Cheikh mouride, même si, au demeurant, il faut reconnaître que les accusations portées contre le Guide religieux sont d’une telle gravité que le traitement de cette affaire doit être parcimonieuse.
DEUX MINISTERES PROBLEMATIQUES
Que fera le Président Macky Sall devant les dérives de deux ministères sensibles devenus si problématiques ? S’il maintient leurs titulaires, il prolongera le sentiment d’impuissance face à ces deux grosses pointures de l’APR que sont Mme Aminata Touré et M. Mbaye Ndiaye. Et s’il les écarte, il donnera un signal de faiblesse face à la pression de la rue en général et des « thiantacounes » en particulier. Il n’est pas surprenant que leurs deux têtes soient réclamées par les révoltés, l’administration pénitentiaire comme l’administration judiciaire faisant l’objet d’une grosse vague de contestation. Et ce n’est pas la diabolisation du PDS, soupçonné d’encourager la révolte, qui tirera le gouvernement d’affaire. Le parti de Maître Wade, ou ce qu’il en reste, n’a pas jamais caché son exaspération devant ce qu’il appelle le « déni de justice » et s’est ouvertement prononcé pour une « justice équitable », qu’il n’a pas du reste pas pratiquée quand il était aux affaires. Cette solidarité dans le forfait criminel est répugnante et déplorable, et apparaît comme une manière pour le PDS de renvoyer l’ascenseur à son malheureux souteneur de l’entre-deux tours. Cela dit, tenter de se défausser sur son adversaire, pour cacher ses faiblesses, n’est pas plus glorieux et valorisant pour un pouvoir en quête de repères.
UN PRESIDENT ECTOPLASME ?
Passés les six premiers mois d’existence, le gouvernement est en face à de sérieux problèmes de crédibilité. Le mécontentement social grandit. La confiance populaire se délite. Au sein de la majorité gouvernementale, le silence est d’or. Ses différentes composantes se complaisent dans le confort douillet de l’inaction et de la bouche cousue. Même pas des déclarations de soutiens clairs, nets et francs, pour soutenir et encourager le Président dans sa difficile gestion du pays. Où sont les alliés du Président ? Pourquoi une telle attitude mutique devant un problème aussi grave que la défiance des institutions pour un mouvement fût-il religieux ? A quoi servent-ils, ces alliés ? A bénéficier des opportunités du système, sans en partager les servitudes ? Plus que jamais, le Président Macky Sall ne doit pas apparaître comme un Président-ectoplasme. Il devrait cesser de s’emmurer dans son silence, pour reprendre la main car la situation du pays lui échappe. Il devrait méditer cette célèbre phrase du Président Kennedy « les risques et conséquences de l’action, ne sont en rien comparativement aux risques et conséquences d’une confortable inaction.» Toute autre alternative risquerait de renforcer le doute qui étreint les Sénégalais. Et alors, il serait fort à craindre que la révolte inadmissible des « thiantacounes » ne soit que des coups de semonce de mouvements plus larges, si les Sénégalais ne sentent abandonnés à leur triste sort.
ALY SAMBA NDIAYE
Le Témoin N° 1102 –Hebdomadaire Sénégalais (OCTOBRE 2012)






