leral.net | S'informer en temps réel

Après le meeting de l'opposition, Jean Marie Biagui dit : "Il faut prendre au sérieux le président Me Wade...."

Le président Abdoulaye Wade n’est pas fou, loin s’en faut. Il n’est pas, non plus, le père légitime de la théorie de « gouvernement de transition » ou de « commission de transition ». En fait, souvenons-nous-en, c’était une trouvaille politicienne de Benno Siggil Senegaal (BSS) pour pallier son incapacité à désigner un candidat unique pour l’élection présidentielle de 2012.


Rédigé par leral.net le Dimanche 23 Novembre 2014 à 22:15 | | 1 commentaire(s)|

Après le meeting de l'opposition, Jean Marie Biagui dit : "Il faut prendre au sérieux le président Me Wade...."
Il se susurrait, alors, que l’éventuel candidat unique de BSS, s’il était élu, gouvernerait avec son équipe pendant une période dite de transition de trois à cinq ans tout au plus, même si la durée en vigueur du mandat présidentiel était de sept ans. Elle est encore, à ce jour, de sept ans.

« Sur la situation nationale, je constate que Macky Sall est incompétent, il doit partir. S’il part, nous allons mettre en place une commission de transition et organiser une élection présidentielle le 29 juin ou le 6 décembre 2015. » Ceci est substantiellement une déclaration solennelle du président Wade, qu’il a faite le 21 novembre 2014 lors du meeting du Front Patriotique pour la Défense de la République (FPDR). Naturellement, que de tels propos soient émis en public par l’ancien chef de l’Etat, est tout simplement ahurissant, voire irresponsable. Cela n’en sous-tend pas moins un débat de fond, celui portant sur le caractère sacré ou non du mandat présidentiel.

En effet, est-il jamais moins légitime de réclamer une élection présidentielle anticipée en 2015 que de revendiquer l’idée même de la réduction du mandat en cours du président Macky Sall de deux ans ? En d’autres termes, celui-ci est-il plus fondé, pour des raisons qui lui sont propres, à croire dans la pertinence de sa promesse ou de son projet de ramener son mandat de sept à cinq ans que le président Abdoulaye Wade n’est en droit d’appeler de ses vœux le départ anticipé du président en fonction, quelles qu’en soient par ailleurs ses motivations ?

BSS avant-hier, avec son projet de « gouvernement de transition » ; le président Macky Sall hier et aujourd’hui, avec sa promesse réitérative de réduire son mandat de deux ans, pour devoir alors organiser la prochaine élection présidentielle en 2017, plutôt qu’en 2019 ; et le président Abdoulaye Wade aujourd’hui, avec l’appel de ses vœux quant à l’organisation d’une élection présidentielle anticipée en 2015 et son idée de « commission de transition » ; bref ! tout cela est l’illustration même de ce que, au Sénégal, une certaine constante existe, qui voudrait que les principes, les règles d’éthique, et même les lois, soient faits pour ne pas être appliqués. Car, que le mandat présidentiel soit une propriété éminente et exclusive du Peuple ; que, à cet effet, il soit une chose sacrée, et il l’est, ça n’est le problème de personne au Sénégal, ou presque. En l’occurrence, tout le monde – y compris l’unique intéressé et sa majorité présidentielle, y compris aussi le président Abdoulaye Wade et son FPDR, quoique pour des raisons diversement opposées – convient que le président Macky Sall doit partir avant terme. Mais tout le monde excepté nous autres, à moins que nous ne nous retrouvions dans le contexte d’un changement radical de République, et non d’un simple toilettage de la République. Sauf, donc, disions-nous, dans le contexte du passage de l’actuelle République à une autre. Auquel cas, l’on comprendrait aisément que le président en fonction, élu pour présider aux destinées de l’actuelle République pendant sept ans, puisse s’estimer contraint d’abréger son mandat pour permettre à son successeur d’entrer de plain-pied dans la nouvelle République, pour ainsi l’inaugurer et la propulser. Une nouvelle République que nous voudrions, cependant, en ce qui nous concerne, à la fois une, plurielle et véritablement fédérative des réalités socioculturelles, territoriales, économiques et politiques du Sénégal.

Dans une telle perspective, et seulement dans une telle perspective, la promesse du président Macky Sall et l’appel incident du président Abdoulaye Wade du 21 novembre 2014, quant à la réduction du mandat du président en fonction, corrobore notre propre assertion.

En effet, nous plaidons pour une nouvelle République du Sénégal, une et plurielle, indivisible et fédérale ou fédérative, composée d’autant de Provinces autonomes que la Nation sénégalaise dispose, consubstantiellement, de Régions naturelles. Loin d’être une fin en soi, cette vision se veut avant tout une réponse, ou une tentative de réponse, à la ‘‘Question Nationale’’, encore pendante de nos jours, et dont le conflit en Casamance, qui oppose l’Etat et le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), constitue le Chapitre dominant.

Bien évidemment, l’Acte III de la décentralisation se veut un clin d’œil, sinon un appel du pied, à l’intention du MFDC. A notre intention aussi. Mais ça n’est pas suffisant. D’autant que, dans la réalité des faits, contrairement hélas ! à ce que nous avions espéré et exprimé jadis avec enthousiasme, les pôles de développement préconisés dans cette nouvelle réforme constituent davantage un cadre approprié pour une présence à la base encore plus prégnante de l’Etat ultra-centralisé du Sénégal que lesdits pôles ne sont conçus pour être la matérialisation, ainsi que nous l’appelons de nos vœux, d’un véritable acte de décentralisation territoriale. Car, un tel acte de décentralisation territoriale eût certainement, et nécessairement, impliqué l’institution de ces pôles de développement en tant que collectivités territoriales, juridiquement, techniquement et financièrement autonomes. Autrement dit, la décentralisation territoriale sera effective, si et seulement si les pôles de développement, qui ne sont autres que les Régions naturelles réhabilitées du Sénégal, disposent du statut de collectivité territoriale, juridiquement, techniquement et financièrement autonome.

Alors, une élection présidentielle anticipée ? Pourquoi pas ! Mais une élection présidentielle anticipée en prélude d’une nouvelle République du Sénégal, une et plurielle, indivisible et fédérale ou fédérative, et comme solution politique et institutionnelle au « problème casamançais ».

Dakar, le 23 novembre 2014.

Jean-Marie François BIAGUI

Président du Mouvement pour le Fédéralisme

et la Démocratie Constitutionnels (MFDC-fédéraliste)







Hebergeur d'image