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Après les manifestations, les opposants ne veulent pas d'un nouveau mandat de Wade

Quelque 102 personnes, dont 13 policiers, ont été blessées jeudi lors de manifestations contre le président Wade, qui a tenté de faire voter une réforme de la Constitution afin de modifier la loi électorale, huit mois avant la présidentielle de février 2012. Les opposants craignent un détournement de la démocratie au profit du clan Wade, et exhortent ce vendredi le président à renoncer à un nouveau mandat.


Rédigé par leral.net le Samedi 25 Juin 2011 à 02:56 | | 7 commentaire(s)|

Après les manifestations, les opposants ne veulent pas d'un nouveau mandat de Wade
"Je ne crains pas le moins du monde les manifestations dans mon pays. Il n'y aura ni coup d'Etat, ni révolution au Sénégal. Je suis le seul président en état perpétuel de grâce", confiait mi-avril à La Tribune le président du Sénégal, Abdoulaye Wade.

Deux mois après ces déclarations confiantes, le président, qui s'est illustré en 2000 en prenant le pouvoir à l'issue d'élections exemplaires, est confronté à la colère de la rue. En cause : son projet de réforme de la Constitution, qui devait instaurer un "ticket présidentiel" composé du président et d'un vice-président, pouvant être élu dès le premier tour avec seulement 25% des voix. Un projet décrié par l'opposition et par plusieurs associations, qui craignent que le président de 85 ans, qui candidate à sa propre succession aux élections de février 2012, se fasse réélire avec peu de voix pour ensuite céder le fauteuil à son fils et "super" ministre, Karim, 42 ans. Le président, lui, nie fermement avoir cette intention. Mais le mal est fait : ce vendredi, l'opposition et la société civile ont exhorté Abdoulaye Wade à renoncer à un nouveau mandat en 2012.

"Touche pas à ma Constitution"

Effrayés par ce qu'ils considèrent comme une tentative de détournement de la démocratie au profit du clan Wade, des manifestants ont battu le pavé jeudi dans plusieurs villes du pays. Mais à Dakar, les choses ont dégénéré. Des milliers de Sénégalais, principalement des jeunes, ont crié leur colère dans les rues de la ville et devant l'Assemblée nationale, où la proposition était débattue, avant que des heurts avec les forces de l'ordre blessent 102 personnes, dont 13 policiers. "C'était très violent. Il y avait beaucoup de monde et un déploiement policier assez impressionnant. Heureusement, les forces de l'ordre au Sénégal sont bien formées et ont riposté avec une relative parcimonie, de sorte qu'il n'y a pas eu de mort malgré le nombre de blessés", raconte un témoin, joint par téléphone et qui a tenu à garder l'anonymat.

Selon des journalistes sur place, les heurts entre les manifestants et la police se sont caractérisés par des jets de pierres et des pneus brûlés côté manifestants, des bombes lacrymogènes, des coups et des canons à eau côté police. De nombreux slogans et pancartes hostiles, tels que "le Sénégal n'est pas un royaume mais une République", "touche pas à ma Constitution" ou "Wade dégage" se sont fait entendre. Plusieurs témoins racontent s'être fait tabasser par les forces de l'ordre. De nombreuses personnes ont été arrêtées puis relâchées dans la soirée.

Une prise de conscience ?

Devant l'ampleur de la colère, le président a préféré renoncer en fin de journée à l'intégralité de son projet de réforme électorale. Ce matin, la presse sénégalaise voyait dans les évènements de la veille l'ouverture d'une "brèche". "Cette victoire des forces vives est à analyser comme le début d'une prise de conscience. La conscience que face à l'autisme du pouvoir, l'arme de la force demeure la seule audible, et que la rue peut bien contraindre le pouvoir de lâcher prise", pouvait-on lire dans le journal d'opposition Waldadjri, qui estime que "Wade ouvre la boîte de Pandore" et que la rue a réussi à instaurer "une cohabitation forcée". Et de conclure : "le président Wade s'est frotté au peuple sénégalais, s'y est piqué et a reculé".

L'opposition socialiste a sauté sur l'occasion pour réclamer le départ d'Abdoulaye Wade, comparant les manifestations violentes de Dakar à l'ébauche d'un printemps sénégalais, en référence au "printemps arabe", les révolutions qui ont fait tomber les régimes tunisien et égyptien.

Mais malgré montée des contestations -des manifestations avaient éclaté lors du onzième anniversaire de son accession à la présidence, le 19 mars dernier-, la situation du Sénégal n'est pas comparable avec celle des pays arabes. "Il ne faut pas oublier que Wade a été élu démocratiquement, dans des conditions claires. Les Sénégalais n'ont pas forcément envie du départ de Wade, mais ils tiennent à leur système démocratique et montent au créneau s'ils estiment que la transparence et la légalité des élections de 2012 sont menacées", explique ce spécialiste du Sénégal.

De plus, le problème récurrent d'approvisionnement en électricité tend à s'accentuer, ce qui pourrait nourrir la contestation vis-à-vis du pouvoir. La vétusté des équipements, la mauvaise maintenance et la mauvaise prise en compte de l'évolution démographique aboutit à des coupures de plus en plus fréquentes, entre cinq et dix heures par jour à Dakar. De quoi porter sur les nerfs.

Erreur politique

Reste que la tentative de réformer le système électoral pourrait bien être une erreur politique colossale pour Abdoulaye Wade, pourtant d'ordinaire fin tacticien. Le retrait rapide, sous la pression, montre que le président ne veut pas contrarier son peuple. Il révèle aussi que l'opposition a les moyens de faire plier le pouvoir. "Je suis stupéfait de la grossièreté de l'erreur politique. Je me demande comment il pouvait espérer faire passer une telle réforme, qui aurait modifié si profondément les règles électorales. Au final, il a donné à l'opposition un moyen d'exister et de prendre confiance dans sa capacité à réussir à le battre", poursuit l'expert du Sénégal.

Comment, alors, expliquer cette erreur ? Son égo démesuré, le point faible des grands hommes, pourrait être une réponse. "Wade a 85 ans et un égo à la hauteur de son intelligence. Son rapport à la mort motive sa volonté de laisser le pouvoir à son fils Karim. Une manière de se perpétuer au pouvoir à travers quelqu'un qu'il semble dominer totalement et qui n'est que la marionnette de son père", analyse le spécialiste.

Sylvain Rolland -

( Les News )


1.Posté par Ndongo Daara le 25/06/2011 07:21 | Alerter
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Wade C'est Fini !
Idy C'est Fini !
Karim C'est plus que Fini !
Bien a vous

2.Posté par p le 25/06/2011 09:29 | Alerter
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Et dans tout ça quelle est la place de Allah ?
Votre analyse est belle mais ce qui se passe actuellement au Sénégal c'est Allah qui punit les démons et Cheikh Tidiane SY "AL MACKTOUM" l'avait dit intelligenment lors de son discours du dernier GAMOU. Allah, c'est la patience et personne ne peut prospérer dans le mal. Tout part d'ALLAH et tout reviendra à ALLAH le mésiricordieux.

3.Posté par khorompolé le 25/06/2011 11:09 | Alerter
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Rien n’est perdu d’avance et nous devons tirer une leçon de ce qui s’est passé hier ; le Président Wade en grand démocrate a sauvé son pays qui allait versait dans l’émeute.
Panafricain hors pair, Nobel de la paix, l’homme qui a changé complètement le visage du Sénégal en l’espace de 10ans vient d’être désavouer par son peuple malgré les efforts consentis.
En grand homme d’état maitre Wade peut encore sortir par la grande porte et demeurera Martyr à jamais.
Malgré ses ambitions réelle de développer le Sénégal, d’en faire un pays émergent, la situation qui prévaut actuellement lui oblige à rendre sa démission et se retirer de la scène politique au grand bonheur du peuple sénégalais.
La cour constitutionnelle qui devra siéger sur la validation de sa candidature est déjà avisée .Aujourd’hui le peuple a dictée sa loi au parlement et demain ce même peuple dictera sa loi à la magistrature (à méditer).
Trahi par son propre camp sous les yeux doux de Karim, le président doit démissionner ne serai ce que pour sauvegarder son cursus honorable.
Quant à Karim il doit assumer et avoir le courage de descendre sur le terrain politique « c’est l’homme qui a peur sinon y’a rien »

4.Posté par L'Expert le 25/06/2011 11:10 | Alerter
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5.Posté par OEIL DE CAÏN le 25/06/2011 12:49 | Alerter
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J'ESPERE QUE CETTE REVOLTE POPULAIRE OBLIGERA LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL A FAIRE RESPECTER LA CONSTITUTION

6.Posté par mangus le 25/06/2011 13:16 | Alerter
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Bravo les gars
La bataille du 23 juin est gagnée.Mais continuons la lutte autrement. Je demande à tous les rappeurs de bonne foi de ce pays,d'introduirent dans leurs singles, l'appel de ablaye wade aux jeunes, de s'armer de chaines de vélos pour faire face aux forces de l'ordre. Que le message passe à travers tout le pays. Peace § love

7.Posté par Dr FAlilou SENGHOR le 25/06/2011 14:27 | Alerter
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Vive la Nation sénégalaise .

Vive la révolution des cacahuètes.

Ces macaques du PDS et leur vieux babouin en chef, sont sourds au langage de la sagesse.

Ils ne connaissent le caillassage et les gourdins épineux ciblant leur arrière-train..

Ubu Wade, est piètre stratège, mais calculateur et retors obsédé par une alternative.

Wade est tiraillé par d''une part pérenniser illégitimement ses inepties en passant le témoin à son tocard de fiston Karim;
et d'autre part faire durer par la ruse sa position au delà du mandat que notre Nation lui a confié.


Mais cette "révolution de cacahuètes" instruira KArim plus que le rituel de circoncision qu'il n'a pas connu en temps opportun .


Qui pourra traduire à karoim cette métaphore WOLOF:
" Golo meun na yeeg, dakh gimbal bayamm tagna"




Vive la Nation sénégalaise .

Vive la révolution des cacahuètes.

Ces macaques du PDS et leur vieux babouin en chef, sont sourds au langage de la sagesse.

Ils ne connaissent le caillassage et les gourdins épineux ciblant leur arrière-train..

Ubu Wade, est piètre stratège, mais calculateur et retors obsédé par une alternative.

Wade est tiraillé par d''une part pérenniser illégitimement ses inepties en passant le témoin à son tocard de fiston Karim;
et d'autre part faire durer par la ruse sa position au delà du mandat que notre Nation lui a confié.


Mais cette "révolution de cacahuètes" instruira KArim plus que le rituel de circoncision qu'il n'a pas connu en temps opportun .


Qui pourra traduire à karoim cette métaphore WOLOF:
" Golo meun na yeeg, dakh gimbal bayamm tagna"




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