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Ardèche : le suspect des viols avait déjà été condamné

le 13 Août 2012 à 09:39 | Lu 511 fois

L'homme de 32 ans qui a avoué être l'auteur de cinq agressions sexuelles dans des campings du sud de l'Ardèche avait écopé en 2000, pour le même motif, d'une peine de prison avec sursis. Il a été mis en examen dimanche pour viol sur mineur.


Ardèche : le suspect des viols avait déjà été condamné
Une errance entamée au mois de juillet. Sébastien, l'homme, qui a avoué avoir agressé sexuellement une fillette de 11 ans, dans la nuit de mardi à mercredi dans un camping de l'Ardèche, a également reconnu de manière spontanée avoir commis quatre autres agressions sexuelles au mois de juillet. Sa garde à vue a été prolongée samedi soir soir, et le parquet s'est déssaisi au profit de celui d'Avignon. Le suspect, âgé de 32 ans, a été mis en examen dimanche en fin d'après-midi pour les «chefs de viol sur mineur de moins de 15 ans, agression sexuelle sur mineure de moins de 15 ans, tentative d'agression sexuelle sur mineure de moins de 15 ans et agression sexuelle sur mineure de moins de 15 ans ayant entraîné une blessure ou une mutilation», a indiqué dans un communiqué le vice-procureur de la République d'Avignon Olivier Couvignou. Il a été incarcéré.

Il est arrivé à 15H15 à bord d'une voiture banalisée de la gendarmerie. Menotté et caché sous une couverture bleue marine, il a pénétré dans le tribunal de grande instance (TGI) par l'arrière du bâtiment. Des documents et un ordinateur, vraisemblablement saisis au domicile du suspect, ont été sortis d'une autre voiture.

Le suspect a reconnu rapidement, selon une source judiciaire, avoir agressé cinq fillettes - une Néerlandaise, une Allemande et trois Françaises - dans des camping à Ruoms, Vogüe, Privas, Lavilledieu et Saint-Didier-sous-Aubenas, un secteur très fréquenté par les touristes durant l'été. «On s'en tient au terme générique d'agressions sexuelles», a fait savoir le le vice-procureur de Privas, Franck Alzingre , écartant la qualification de «viol» évoquée vendredi.

Une mise à l'épreuve de 3 ans
«Il y a tout lieu d'être rassuré car les aveux du suspect sont corroborés par d'autres éléments à charge qu'il m'est impossible de révéler» pour les besoins de l'enquête, a encore dit le magistrat. Son ADN a notamment été «un élément qui a permis d'identifier cet homme», a noté Franck Alzingre.

La magistrat est resté évasif sur le passé du gardé à vue, précisant seulement qu'il n'y avait pas de suivi particulier en cours pour cet homme, déjà condamné pour agression sexuelle, commise en 1999. Selon une source source judiciaire, Sébastien avait écopé en 2000 d'une peine prison avec sursis et d'une mise à l'épreuve de 3 ans, période au cours de laquelle il n'a pas récidivé. Le porte-parole de la Chancellerie, Pierre Rancé, a également confirmé cette information révélée par Europe 1, précisant que la peine était d'un an de prison avec sursis et avait été prononcée par le tribunal correctionnel de Privas.

Mais, contrairement à ce qu'indiquait la radio, cet homme n'était pas inscrit au fichier judiciaire des auteurs d'infraction sexuelles (Fijais), car ce fichier a été créé par la loi du 9 mars 2004 et ne pouvaient y être répertoriées que les condamnations postérieures à cette date ou les affaires en cours, a précisé Pierre Rancé. Ce n'était pas le cas du suspect de l'Ardèche, puisque sa condamnation datait de 2000 et qu'il avait ensuite respecté sa mise à l'épreuve de trois ans. Il était en revanche inscrit dans un autre fichier, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), créé par la loi de 1998 pour les infractions à caractère sexuel et plus tard étendu à d'autres types d'infractions, a précisé le porte-parole de la Chancellerie.

Un ami évoque des penchants pédophiles
Warren, 18 ans, un ancien ami du suspect, a évoqué samedi des antécédents judiciaires ou des mises en garde d'adultes à son encontre. Il explique avoir découvert il y a un an ses penchants pédophiles en examinant son ordinateur. «Il y a un an et demi, alors qu'on cherchait une vidéo Youtube sur son ordinateur, des amis et moi sommes tombés par hasard sur l'historique de ses pages internet, et on a découvert des images de viols, des images pédophiles». Warren évoque aussi des attouchements effectués par le suspect sur certains de leurs amis communs. Faute d'éléments probants, les autorités, alertées par les amis du suspect, n'auraient pas donné suite à leurs alertes. À part cet ami, personne, y compris ses parents, ne soupçonnait Sébastien d'être capable de commettre de tels actes.

Le jeune homme a été interpellé vendredi peu après 19 heures par les gendarmes, dont une cinquantaine s'étaient déployés à quelques mètres de son domicile de Brune, petit village de la commune de Saint-Lager-Bressac, à une dizaine de kilomètres de Privas. Le divorcé qui vivait seul s'est rendu sans difficulté. Il était activement recherché depuis l'agression sexuelle d'une fillette de 11 ans, dans la nuit du 7 août, au camping de Saint-Didier-sous-Aubenas, dans le sud du département.

Un homme s'était introduit dans la tente où dormaient deux fillettes et avait agressé l'une d'elles, de nationalité française, avant d'être mis en fuite par les cris des enfants. Un portrait-robot avait pu être établi grâce au témoignage de la victime et faisait l'objet d'une diffusion nationale dans tous les services de police et de gendarmerie.


Par lefigaro.fr