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Arnaud Dingammadji : « Le Gunt a été remis en scène par l’Etat lybien pour combattre Habré »

L’historien et expert tchadien, Arnaud Dingammadji, a expliqué aux Chambres africaines extraordinaires, les différentes guerres qui ont émaillées le règne de Hussein Habré entre 1982 et 1990. Une période marquée par le soutien de Kadhafi à Goukouni Oueddeï face son ennemi de toujours Hussein Habré.


Rédigé par leral.net le Jeudi 10 Septembre 2015 à 10:08 | | 5 commentaire(s)|

Le règne de l’ancien président tchadien au pouvoir est marqué par plusieurs guerres. Arnaud Dingammadji, expert et historien a apporté, des éclairages sur le rôle joué par l’homme fort de N’djaména pendant les différentes phases des guerres qui ont minées la gouvernance d'Hussein Habré. Pour lui, il y a eu une première guerre avec le Gouvernement d’Union Nationale de Transition (Gunt) de 1983 à 1985. « La guerre de 1983 est voulu par Muhammar Kadhafi. L’ancien Président Lybien a toujours combattu Hussein Habré pour l'empêcher d’aller au pouvoir afin de mettre en place son Goukini Oueddei. L’arrivée au pouvoir de Habré est une menace pour Kadhafi », soutient-il. D’ailleurs, dit-il : « Le Gunt a été remis en scène par l’Etat Lybien. La rébellion est lancée au Nord du Tchad avec la création du Gunt. Ce qui va donner la mobilisation des combattants en septembre 1982 où les combattants et opposants au régime d’Habré transitent vers Cotonou afin de rallier la Lybie voisin. De juin à août 1983, le Nord du Tchad va assister des percées successives des forces rebelles et gouvernementales. Les rebelles vont occuper Fada, Oum Chalouba, Arada, Biltine. La prise de Abéché en juillet 1983 n’est que de courte durée, car elle sera vite repris par les combattants de Hussein Habré. Mais, informe-t-il, l’appui de Kadhafi sera très déterminant pour la reprise de la ville Faya-Largeau qu’ils avaient perdus.

Les Forces Armées Nationales Tchadiennes (Fant) de Hussein Habré se sont lancées au Sud du Tchad après l’émergence d’une opposition armée très hétérogène anti-Habré, appelée les Codos. Ces derniers ont aussi hanté le sommeil de la population du Sud. « Les Codos étaient constitués des groupes mobiles. Ils ne possédaient pas de Char de combat, ils avaient juste à leur possession des armes légères », explique, M. Dingammadji aux juges.

L’émergence de cette faction a poussé Hussein Habré à vouloir nettoyer le Sud. Mais la résistance des Codos a entrainé en 1984, ce que l’on appelle « septembre noir au Tchad », pendant lequel les Codos seront traqués, mais aussi les cadres de la ville. Un charnier a été retrouvé après ces événements de septembre noir.

En effet, l’étape de la deuxième guerre, qui va de 1986 à 1989, est considérée comme la phase chaude et froide à la fois. Pour cet expert-historien, le Gunt, avec l’appui des Lybiens, a pris la ville de Faya-Largeau au Nord du Tchad en 1983. Mais, dit-il, la contre offensive des éléments de Hussein Habré ne s'est pas faite attendre, en 1986, pour reprendre le Nord du Tchad, et qui va se poursuivre jusqu’en 1997 avec l’appui des militaires français. « Le Gouvernement de Habré a demandé alors l’intervention de la France pour une stabilisation du pays. Le raid militaire du 05 septembre 1987 a poussé Kadhafi a demander le cessez le feu. Habré et Kadhafi se sont rencontrés au Mali. Les relations entre le Tchad et la Lybie redeviennent normales après les accords de Bagdad », renseigne-t-il.

Fara Mendy






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