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Arrêter la Corruption : Gage de Bonne Gouvernance

Engager les citoyens dans la lutte contre la corruption et le manque de transparence


Rédigé par leral.net le Mardi 17 Avril 2012 à 17:52 | | 0 commentaire(s)|

L’un des maux qui minent la marche du Sénégal vers le développement réel est le niveau très élevé des petites et grandes corruptions. Il est vrai que le Sénégal, n’a pas l’apanage de ce fléau, mais le pays est en très mauvaise posture dans le classement de Transparency International de 2011 pour l’Indice de perception sur la corruption. Dans ce rapport le Sénégal demeure au bas de l’échelle avec une note de 3 sur une échelle de 10 soit un classement de 112eme sur 184 pays. D’entrée de jeu, on constate que le Président Macky Sall a entamé le chantier de la lutte contre le gaspillage des deniers publics par un appel clairs aux membres du gouvernement de réduire le train de vie du gouvernement et de faire une rupture totale d’avec la complaisance et l’arrogance dans leurs relations avec les citoyens. Il est, lui- même, passé à l’acte en appliquant une cure de maigreur à la grosse facture de la Présidence, en mettant en place un système de control plus stricte des agences étatiques, mais aussi et surtout en lançant les audits pour avoir un état des lieux clair de la situation du pays. Ceci marque le point de départ de la lutte sans merci qu’il mènera, certainement, contre la corruption et la non-transparence afin d’assainir le paysage économique et financier du Sénégal. En effet, le manque de transparence dans les transactions gouvernementales, l’insuffisance de réaction de la société civile organisée autour du forum civil et d’autres entités, le manque de morale professionnelle dans les services publiques et le désintéressement presque anodin du citoyen lambda, première victime de ce désastre ne font qu’accentuer le phénomène. Ce faisant, l’activité économique reste incapable de passer de l’informel à un formel solide avec création d’emplois durables. Il s’agit, ici, d’ébaucher une proposition pour s’attaquer, au moins, à ce dernier mal énuméré, à savoir, le manque d’implication des populations dans cette lutte contre la
corruption. Dans la pratique, il serait bénéfique de mettre en place un système de collecte d’information sur les actes flagrants de corruption. Un site internet du genre www.stopcorruption.ma pour le Maroc, en même temps que des numéros de téléphones
« verts » - 800 pour permettre aux citoyens de saisir ANONYMEMENT la Commission Nationale de Lutte contre la Non- transparence, la Corruption et la concussion – CNLCC pour reporter des actions illégales, seraient un début de solution. Cela se fait, en ce moment, dans plusieurs pays en voie de développement. Le business qui perd un marché dans des conditions d’attributions déloyales ou le citoyen qui est dénié de ses droits pour cause de corruption peuvent dénoncer les agents ou services sans jamais avoir à confronter directement de puissantes personnalités ou des lobbies organisés. Le couvert de l’anonymat garantira la sécurité des rapporteurs contre de possibles représailles de la part des coupables. Dans certains cas, les courageux citoyens devront être récompensés pour leur action qui permettra de récupérer des biens publics importants. Les cas de corruption de grande envergure seront rendus publics, médiatisés pour éduquer la population et améliorer la confiance de celle-ci envers les services étatiques.
Il ne fait aucun doute que le développement des nouvelles technologies d’information et de communication a atteint un niveau acceptable voire élevé au Sénégal. L’internet et la téléphonie mobile qui sont des vecteurs de développement très performants sont actuellement très accessibles au commun des Sénégalais. A ce jour, il y a peu de localités sur le territoire national que l’on peut qualifier d’inaccessibles. Alors, utilisons ces services pour dénoncer et rapporter les activités pas orthodoxes, au moins, dans le secteur public
.Sans rentrer dans des débats de procédures, ce système peut être rattaché à tout organe de l’échiquier du dispositif administratif de l’état, du cabinet du Premier Ministre, ou tout simplement, à une organisation de la société civile. La CNLCC, ou le cas échéant la structure en charge, sera responsable de la protection de l’identité des dénonciateurs sera dotée de moyens d’enquête et de vérification de toute piste fiable, en toute discrétion, pour à la fin, émettre des recommandations claires à la Brigade des Crimes Economiques en cas de confirmation du forfait. Il est aussi clair que trouver le financement pour la mise en œuvre de ce procédé, qui de par son format, ne coute pas grand-chose ne va pas poser problème. Les bailleurs de fonds, ainsi que d’autres investisseurs privés, ne cherchent qu’un cadre adéquat et sécurisé pour venir investir au Sénégal. Ils financeront volontiers, comme ils le font déjà, tout effort d’assainir l’environnement économique et financier du pays.
En plus du degré de confiance que le Sénégal a gagné au terme d’une transition démocratique apaisée; une amélioration des conditions de transparence dans les transactions économiques et financières sera aussi la bienvenue pour relever le standing
du Sénégal et attirer plus d’investissements.


Mamadou Guisse, USA
Ingénieur Hydraulicien ;
Spécialiste Mobilisation des Ressources en Eau ;
guissemamadou10@gmail.com






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