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Assef Shawkat, la poigne de fer du régime syrien

le 19 Juillet 2012 à 10:45 | Lu 483 fois

PORTRAIT - Le beau-frère de Bachar el-Assad, général et vice-ministre de la Défense, était l'un des maillons clés de l'appareil sécuritaire.


Assef Shawkat, la poigne de fer du régime syrien
«Le patron vous salue, mais il ne peut pas vous recevoir», nous avait glissé son adjoint en 2006 à Damas. Le général Assef Shawkat, beau-frère de Bachar el-Assad, qui a été tué mercredi dans un attentat suicide à l'âge de 62 ans, n'apparaissait jamais devant la presse occidentale. Il était pourtant l'un des maillons clés d'un appareil sécuritaire qui a permis au régime baasiste de se maintenir au pouvoir aussi longtemps. L'un des principaux détenteurs des secrets du régime, dont il connaissait toutes les turpitudes. Et l'un des membres éminents du directoire familial qui contrôle la Syrie.

«Assef est un dur, c'est le vrai para des forces spéciales», dit de lui un de ses interlocuteurs dans les services de renseignements français. Il siégeait au Comité de sécurité nationale, l'organisme créé par le régime pour structurer la répression contre les manifestants. Sa connaissance du terrain était très utile à Bachar el-Assad. Ce dernier l'avait envoyé à plusieurs reprises à Homs et à al-Zabadany pour superviser les opérations contre les rebelles.

Blessé par son beau-frère
La «plus-value» de Shawkat résidait dans son passé de patron du tout-puissant service des renseignements militaires. Il y avait tissé un maillage de l'armée, bien utile aujourd'hui pour contrer toute défection en masse. Au début de sa présidence, Bachar el-Assad le laissa placer ses hommes à la tête des autres services de renseignements. Grâce à lui, la maison était tenue.

Mais son pouvoir dépassait le cadre strictement syrien. Il a longtemps eu la haute main sur la redoutée Section Palestine des renseignements militaires, chargée de «neutraliser» les ennemis du régime hors de ses frontières. Pendant longtemps, Shawkat a incarné la capacité de nuisance du régime syrien hors du territoire. Et c'est à ce titre que le beau-frère de Bachar était devenu un interlocuteur des services de renseignements occidentaux. «Intelligent et ouvert», souligne un ancien de la DCRI qui le connaît bien. C'est son service qui se chargeait de traquer puis de renvoyer les djihadistes français, britanniques ou américains qui tentaient de pénétrer en Irak, via le territoire syrien. Quand cela correspondait bien sûr aux intérêts de son pays.

Shawkat, qui avait été l'un des principaux architectes de la domination syrienne sur le Liban, était un monstre froid. «Assef fit ses classes dans les commandos parachutistes à Hama en 1982, où 15.000 islamistes furent liquidés», se souvient un de ses interlocuteurs français.

Mais à cause de ses liens avec les services secrets étrangers, le clan el-Assad s'en méfiait, notamment son autre beau-frère, Maher, qui le blessa d'un coup de revolver à la fin des années 1990, contraignant Shawkat à aller discrètement se faire soigner à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris. En 2008, Bachar el-Assad l'écarta un temps. Avant de le réintégrer comme vice-ministre de la Défense. Le déclenchement de la révolte en mars 2011 le rendit finalement indispensable. Assef Shawkat tirait une partie de son influence de son épouse, Bouchra, la fille aînée et préférée de l'ancien président Hafez el-Assad. Celle dont il avait été le garde du corps.


Par Georges Malbrunot


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