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Athènes aurait triché sur ses fonctionnaires

le 25 Juin 2012 à 09:02 | Lu 824 fois

Violant l'accord avec l'UE et le FMI, la Grèce aurait embauché 70.000 fonctionnaires en 2010-2011.


Athènes aurait triché sur ses fonctionnaires
De notre corrsepondante à Athènes

Quatre jours à peine après la prestation de serment du nouveau gouvernement de coalition, c'est un véritable pavé dans la mare que lance l'hebdomadaire de centre gauche To Vima.

Il a publié deux rapports internes, l'un de la troïka (UE-BCE-FMI), l'autre du ministre des Finances par intérim, Giorgos Zannias, selon lesquels la Grèce aurait violé les accords signés avec ses créanciers publics en 2010-2011 en embauchant 70.000 fonctionnaires et 12.000 personnes dans des collectivités locales, alors que le gouvernement socialiste du Pasok s'était engagé à en licencier plusieurs milliers pour honorer ses engagements vis-à-vis de Bruxelles.

Cette nouvelle, bien que démentie dans la soirée par le ministère des Finances, qui «assure qu'il n'a jamais existé de documents», ne surprend pourtant ni les experts ni l'opinion publique, désabusée par le gouvernement Papandréou.

Giorgos Papankonstaninou, le ministre des Finances de l'époque, avait décidé comme mesure d'austérité de ne remplacer qu'un fonctionnaire pour cinq départs en échange d'un plan de financement de 110 milliards d'euros versé en plusieurs tranches.

«Ce gouvernement critiquait le nombre important de fonctionnaires dans le pays mais sans établir de réelle évaluation des besoins de chaque institution. Il y avait trop de gardes champêtres et un manque réel d'infirmières dans les hôpitaux publics. Il fallait donc embaucher certains employés en contrat à durée déterminée pour essayer de mettre en marche les réformes», explique Giorgos Delastik, analyste politique.

Des chiffres confondants
Dans l'entourage de l'ancien premier ministre, les commentaires sont bien plus acerbes et l'on critique ouvertement le double langage de l'État. «Georges Papandréou le premier donnait le mauvais exemple. Il dénonçait la société grecque, mais il avait à lui seul 120 conseillers! Et ses 45 ministres n'arrêtaient pas d'embaucher du personnel pour des raisons politiques. Il fallait apaiser les tensions sociales en offrant des postes à ceux que l'on appelait les “enfants du Parti socialiste”. Une tradition lancée par son propre père dans les années 1980», assène l'un de ses proches sous couvert d'anonymat.

Résultat, les chiffres sont confondants. En 2010, 53.000 fonctionnaires ont pris leur retraite. Ce à quoi il faut ajouter 40.000 départs en 2011. Or le rapport que Giorgos Zannias devait transmettre à son successeur, le banquier Vassilis Rapanos, révèle qu'il y a toujours officiellement 692.000 fonctionnaires, soit le même chiffre qu'en 2010 et la réduction nette n'a été en réalité que de 24.000 employés.

Le second mémorandum signé par la Grèce en échange d'un prêt de 130 milliards d'euros prévoyait également le licenciement de 150.000 fonctionnaires d'ici à 2015, dont 15.000 cette année.

Les révélations de To Vima, même si elles ne sont pas encore officiellement prouvées, vont rendre plus difficile de renégocier ce point avec la troïka, comme le souhaite le gouvernement. Antonis Samaras, le premier ministre, entendait en effet demander un gel des licenciements dans le secteur public en même temps qu'un délai de deux ans pour appliquer les mesures d'austérité.


Par Alexia Kefalas


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