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Athènes condamné à la rigueur ou à la faillite

le 18 Juin 2012 à 11:36 | Lu 666 fois

Le sommet européen du 28 juin à Bruxelles sera capital pour l'avenir de la Grèce.


Athènes condamné à la rigueur ou à la faillite
Le nouveau gouvernement, lorsqu'il sera constitué, ne connaîtra pas d'état de grâce. Il entrera aussitôt dans une course contre la montre pour éviter le défaut de paiement de la Grèce.

Vendredi dernier était la date prévue pour le versement de la deuxième tranche du prêt bonifié européen de 130 milliards d'euros, accordé à la Grèce lors du sommet européen du 8 mars, auquel assistaient Christine Lagarde (FMI) et Mario Draghi (BCE). Sans l'arrivée de cet argent frais - la tranche est de 8 milliards d'euros -, l'État grec ne serait plus capable de payer ses fonctionnaires à compter du 20 juillet, selon Lucas Papademos, le premier ministre technicien qui gouverna du 11 novembre 2011 au 6 mai 2012.

Le déblocage de cette tranche devait se faire après constatation par une mission d'inspection de la troïka (UE, FMI, BCE) que le pays avait bien réalisé les réformes auxquelles il s'était engagé au sommet du 8 mars. Le problème est que le processus électoral, entamé au mois de mai, a gelé toute activité étatique. Les représentants de la troïka ne sont donc jamais venus. Pire, les inspecteurs de la «Task Force» européenne qui étaient en poste à Athènes sont repartis, jusqu'à nouvel ordre.

Sommet crucial le 28 juin à Bruxelles
L'argent vital de cette tranche sera-t-il libéré - et quand? Comment la troïka fera-t-elle son évaluation? «Le gagnant de l'élection ne peut que décevoir, parce que la situation financière de la Grèce est une bombe à retardement, soulignait dimanche l'analyste Vassilis Daskalopoulos. Le prochain premier ministre devra à la fois desserrer un peu l'étau de l'austérité et inspirer confiance aux créanciers publics de la Grèce.»

Le premier dossier brûlant qu'aura à traiter le nouveau gouvernement est celui de la recapitalisation des banques. Depuis deux mois, les Grecs retirent massivement leurs économies des banques, pour conserver chez eux des matelas de billets en euros. Les banques grecques, dont les avoirs en obligations d'État ont été divisés par deux, ne prêtent plus aux entrepreneurs du pays. Les entreprises sont contraintes de réduire leur personnel. En cinq ans, le secteur privé a perdu un million d'emplois. La saison touristique procurera-t-elle une bouffée d'oxygène? Les premiers chiffres ne sont pas très encourageants.

C'est au sommet européen du 28 juin à Bruxelles que se jouera l'avenir de la Grèce. Les puissances de l'Europe du Nord accepteront-elles d'assouplir les réformes de structure figurant dans le mémorandum de la troïka, document signé par le précédent gouvernement grec en échange des gigantesques prêts européens accordés à la Grèce (110 milliards d'euros le 23 avril 2010, puis 130 milliards d'euros le 8 mars 2012)? Faudra-t-il un troisième prêt bonifié? Dans une interview accordée à la presse allemande il y a une semaine, Lucas Papademos l'a suggéré…


Par Renaud Girard
Par Alexia Kefalas