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Attaque meurtrière à la frontière israélo-égyptienne

le 6 Août 2012 à 09:48 | Lu 521 fois

Un commando islamiste a attaqué dimanche un poste-frontière, tuant 16 policiers égyptiens, avant de pénétrer avec un véhicule blindé sur le territoire israélien. Huit membres du commando ont été tués. Le président égyptien s'est engagé à reprendre en main le Sinaï.


Attaque meurtrière à la frontière israélo-égyptienne
Des islamistes ont tué 16 policiers égyptiens dimanche soir avant de s'emparer de deux véhicules militaires pour attaquer un poste-frontière entre l'Égypte et Israël. Il s'agit de l'incident le plus meurtrier à la frontière israélo-égyptienne du Sinaï depuis des décennies.

Les assaillants ont pris en embuscade la police des frontières dont les agents s'étaient rassemblés pour le repas de rupture du jeûne de ramadan après le coucher du soleil. «Des éléments d'une organisation djihadiste sont arrivés à bord de grosses voitures à l'un des postes de contrôle au sud de la frontière à Rafah», a indiqué la télévision égyptienne. L'un des véhicules volés à l'armée a explosé alors que les activistes tentaient de donner l'assaut et le second a été pris pour cible par l'aviation israélienne au point de passage Kermes Shalom, une zone militaire à l'intersection des frontières de Gaza, de l'Égypte et d'Israël.

Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a annoncé la mort de huit militants du commando. «À notre connaissance, il n'y a plus maintenant aucun terroriste dans la zone. Des populations israéliennes vivent à proximité et nous avons demandé aux habitants de rester chez eux», a déclaré l'armée israélienne.

Le président égyptien, Mohammed Morsi, s'est engagé dans la nuit à reprendre en main le Sinaï, où la situation s'est dégradée depuis la révolte qui a renversé son prédécesseur Hosni Moubarak début 2011. «Les forces (de sécurité) imposeront tout leur contrôle sur ces régions», a-t-il déclaré dans une allocution télévisée, à l'issue d'une réunion d'urgence. Des «instructions claires» ont été données pour reprendre «le contrôle total du Sinaï» et «pour chasser et mettre la main sur les auteurs de ce crime», a-t-il poursuivi, en ajoutant que les assaillants «le paieraient cher», tout comme «ceux qui collaboreront avec eux».

Le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, a pour sa part estimé que l'assaut soulignait «la nécessité pour les autorités égyptiennes d'agir fermement pour rétablir la sécurité et lutter contre le terrorisme dans le Sinaï».

Tous les tunnels de contrebande fermés à Gaza
Alors qu'un haut responsable de la sécurité cité par l'agence officielle égyptienne Mena a assuré que les assaillants étaient des «djihadistes» venus de la bande de Gaza, une porte-parole de l'armée israélienne a par ailleurs affirmé qu'il était trop tôt pour déterminer l'affiliation des membres du commando et quel était leur objectif. «Une des hypothèses est qu'ils voulaient enlever des soldats israéliens», a-t-elle ajouté. Avant de préciser que cette infiltration n'était pas liée à la mort d'un activiste palestinien tué plus tôt dans la journée par un drone israélien dans le sud de la bande de Gaza.

En réaction à l'attaque, l'Égypte a décidé de fermer sine die le terminal de Rafah, à sa frontière avec Gaza. Le terminal est l'unique point de passage entre le territoire palestinien, contrôlé par le mouvement islamiste Hamas, et le monde extérieur à ne pas être contrôlé par Israël. Parallèlement, la police du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé avoir fermé tous les tunnels de contrebande pour éviter toute fuite des membres du commando de l'Égypte vers Gaza.

Une clôture construite
Israël accuse depuis des mois des activistes palestiniens venus de Gaza de s'infiltrer via l'Égypte pour perpétrer des attaques. Le 18 août 2011, un commando venu du Sinaï avait tendu une triple embuscade à 20 kilomètres au nord d'Eilat, tuant huit Israéliens, dont un soldat et un policier. Poursuivant les assaillants, les forces israéliennes en avaient tué sept, ainsi que cinq policiers égyptiens dans des échanges de tirs, déclenchant une crise entre les deux pays. En juin, des activistes infiltrés à la frontière avaient aussi tendu une embuscade à deux voitures transportant des ouvriers du bâtiment israéliens, tuant l'un d'eux et déclenchant une fusillade au cours de laquelle deux des assaillants avaient péri.

Pour tenter d'empêcher ces infiltrations et attaques, Israël a accéléré la construction d'une clôture, avec un système d'alarme électronique, le long des 240 km de la frontière avec l'Égypte.

(Avec agences)


Par lefigaro.fr