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Au Mali, l’armée en fuite se replie sur Bamako

le 1 Avril 2012 à 14:50 | Lu 1050 fois

Au Mali, l’armée en fuite se replie sur Bamako
Chaque heure compte au Mali. Samedi, tout était en place pour la prise par les rebelles de Tombouctou, et Gao ne tenait qu’à un fil. Les deux dernières grandes villes du Nord Mali n’allaient pas résister longtemps aux forces du MNLA. Quelques heures plus tard c’est fait. Gao est tombée au prix d’une journée de combats, Tombouctou presque comme un fruit mûr. Les seuls échanges de coups de feu l’ont été avec les milices « arabes » de la ville, qui ne faisaient pas le poids face aux rebelles. Au moins les milices et ceux qui les organisent ont fait la « démonstration » vis à vis de la capitale qu’elles ne composaient pas avec le MNLA de façon trop évidente. Un détail, dans ce contexte.

Plus important, partout, l’armée malienne est en fuite. Dans les deux villes qui viennent de tomber aux mains du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le problème principal est d’éviter les pillages en cours, notamment des camps militaires abandonnés. La population s’en donne à coeur joie, et les rebelles ne sachant pas comment faire pour mettre fin rapidement à la curée sans tirer littéralement dans la foule, ce dont ils s’abstiennent à ce stade.

UNE FOIS À BAMAKO, QUE SE PASSERA-T-IL ?
Mais attention : l’armée, répétons le, a quitté les deux villes, et cela signifie qu’à présent, des soldats prennent la direction de Bamako. On signale un premier point de regroupement à Mopti, dans la boucle du Niger. De villes qui ne semblent pas menacées par la rébellion à ce stade voient aussi leurs éléments de l’armée prendre la route de la capitale. Une fois à Bamako, que se passera-t-il ? Les frustrations des éléments de l’armée régulières sont immenses, leur colère en proportion, et l’ordre qu’ils vont trouver dans la capitale bien faible en comparaison.

Pourtant, on ne reste pas inactif à Bamako. Depuis hier, le ministre des affaires étrangères du Burkina Faso, Djibril Basolé, travaille à amener à la raison le groupe de putschistes pour éviter une fuite en avant.
Le capitaine Sanogo, dimanche 1er avril.
Avec le poids de la menace de sanctions de la région applicables dès lundi, et qui auraient étouffé le Mali en quelques jours, le représentant malien (grand spécialiste des médiations difficiles) est parvenu à obtenir de la junte une première concession : dimanche, à onze heures précises, son chef, le capitaine Sanogo, dans un uniforme impeccable, a annoncé le retour à l’ordre constitutionnel.

En théorie, cela signifierait donc que le président ATT serait attendu pour un retour au pouvoir, que l’Assemblée recommencerait à fonctionner, etc… mais aucun des camps ne souhaite ni n’envisage à ce stade le retour d’ATT, toujours caché quelque part dans les environs de Bamako (peut-être à l’ambassade des Etats-Unis, peut-être dans le périmètre ceint de hauts murs d’une personnalité malienne).

Au final, la junte vient-elle de quitter le pouvoir ? Pas exactement. Au fond, les conséquences de cette décisions demeurent « floues », c’est un diplomate allemand présent au camp de Kati, au moment de la déclaration du capitaine Sanogo, qui l’annonce. Le capitaine Sanogo parle d’organiser des élections, de se livrer à une consultation nationale, autant de mots qui dans d’autres circonstances auraient eu du sens. Mais tandis que l’armée abandonne des positions dans les villes attaquées comme dans d’autres qui ne le sont pas, et que s’amorce une migration collective de soldats en colères vers Bamako, qu’est-ce que cela signifie ? Les heures qui viennent risquent d’être riches en événements.

SOURCE: le monde.fr


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