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Au Sénégal, le français est en perte de vitesse

Malgré le succès que remporte chaque année la Quinzaine de la francophonie à Dakar, la langue française recule au Sénégal, où les habitants lui préfèrent le wolof.


Rédigé par leral.net le Samedi 2 Avril 2011 à 16:08 | | 8 commentaire(s)|

Au Sénégal, le français est en perte de vitesse
Nichée entre deux immeubles, au fond d’une ruelle ensablée du quartier dakarois des Parcelles Assainies, l’école privée Yakaar (espoir, en wolof) accueille 400 écoliers. Dès la classe de CI (cours d’initiation), les élèves apprennent le français, la langue officielle.
Le français en baisse

Debout devant le tableau, deux écoliers commentent un combat de lutte. Les phrases sont courtes, et les dialogues calqués sur leur quotidien. C’est en fait la maîtresse, Khaïta Ba, qui donne l’exemple. Cette méthode, basée sur la répétition, permet d’enseigner le français à ces élèves dont la langue maternelle est le wolof.

«Comme le français n’est pas leur langue maternelle, notre méthode consiste à partir d’une situation de communication: nous montrons une situation aux élèves (comme la lutte) et ensuite nous leur faisons répéter les dialogues jusqu’à ce qu’ils les maîtrisent», explique l’enseignante, visiblement très satisfaite par ces exercices.

Pendant une matinée, on parle donc famille, sport et éducation dans ces cours. Les professeurs mettent l’accent sur la prononciation. Les cours sont vivants, les écoliers participent avec joie. Peu importe si l’on glisse une ou deux fautes sur l’emploi des déterminants; l’essentiel est de participer activement au cours.

Seulement, les enseignants constatent avec amertume que malgré leurs efforts et multiples recettes, tous le reconnaissent: le niveau des élèves en français est en baisse. Et bien souvent, les enseignants ont recours au wolof pour expliquer une consigne ou donner les devoirs.

«Les élèves ne lisent pas à la maison, cela rend l’enseignement plus difficile», se désole Bousso Guiro, une enseignante en classe de CP. «Dans la Cité Fadia [un quartier des Parcelles Assainies, ndlr] beaucoup de parents n’ont pas été instruits et ils n’incitent pas leurs enfants à pratiquer le français à la maison», poursuit-elle.

Difficile dans de telles conditions d’appliquer les leçons apprises à l’école. Du coup, «les écoliers ne parlent français qu’à l’école, c’est insuffisant», souligne Khady Diallo, une enseignante en classe de CE1, qui s’emploie à mettre l’accent sur «la lecture, la construction des phrases pour rehausser le niveau des élèves en français».
Le wolof l'emporte

Dans les rues agitées de la cité Fadia, tout le monde parle wolof: des petites quincailleries, en passant par les kiosques à journaux, aux salons de coiffure. Dans sa boutique, Abdou Diallo vend ses produits cosmétiques et alimentaires en wolof.

«Je ne parle quasiment jamais français à mes clients», reconnaît ce vendeur haalpulaar.

Les rares fois où il entame une conversation en français, «l’interlocuteur achève la discussion en wolof», raconte-t-il en souriant. Mais en famille, Abdou Diallo communique dans sa langue maternelle, le pulaar:

«Lorsque nous recevons des amis qui ne comprennent pas notre langue, nous passons au wolof. Mais jamais au français.»

C’est un fait: le wolof prédomine. Il a même pris le pas sur l’usage du français, dont l'utilisation se limite désormais au travail, dans les tribunaux, l’école et certaines administrations.
Le français trop «livresque»

Ce phénomène inquiète les linguistes de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Pour Mamadou Cissé, fervent défenseur de la langue française, c'est la disparition d’activités culturelles autour de la langue française qui a favorisé son déclin.

Concernant ces fréquents va-et-vient du français vers le wolof, il estime que «cela traduit une forme d’insécurité linguistique dans laquelle les gens se trouvent». Les Sénégalais seraient-ils plus à l’aise en wolof parce que cette langue reflète une culture qui leur semble plus proche, plus accessible?

«Jusqu’à présent, nous avions une approche livresque de la langue française», explique le linguiste de l’Ucad. «Le français n’est pas une langue véhiculaire. Mais il était soutenu par de la bonne lecture, les livres étaient accessibles. Le théâtre et les loisirs en français ont disparu!»

Aujourd’hui, les pièces de théâtre se jouent en wolof —tout comme la plupart des émissions télévisées.

Pour répondre à cet intérêt pour les autres langues nationales, le gouvernement mène depuis 2002 une expérience pilote dans 155 classes où les élèves apprennent l’une des six langues nationales.

Slateafrique.com

(Plus d'informations demain sur leral .net)


1.Posté par samba le 03/04/2011 10:58 | Alerter
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Salut les copains,

Voici des questions que je pose à mes amis et collègues enseignants sénégalais, mais aussi à tous les internautes:

Pourquoi il y a des écoles de formation d'enseignants et dans quelle langue les forme-t-on ?

Si je ne me trompe, ils sont formés en français pour qu'ils forment aussi les élèves en français.

Alors pourquoi les élèves des années 60, 70 et 80, bien que ne parlant que wolof en dehors des classes et presque jamais le français après l'école, étaient quand même parmis les meilleurs d'Afrique francophone ? Je cite le nombre d'étudiants sénégalais qui entrent et réussissent leurs cursus, parfois mieux que des blancs, dans les grandes et prestigieuses institutions occidentales.

Pourquoi cette recrudescence du français dans nos écoles ?

Pourquoi introduire le wolof dans les classes alors que les enseignants qui pratiquent cela savent et disent qu'il y a manque de pratique en français par les élèves ?

Pourquoi prendre le temps du français (mal compris) en classe pour y ajouter du temps en wolof alors que traditionnellement nous parlons toujours cette langue en dehors de la classe ?

Je trouve que quelque chose ne va pas du tout avec nos enseignants ou que je ne les comprends pas bien !!!!!!!!!!!!

Voulez-vous m'aider à comprendre cette génération d'enseignants ? Merci...

2.Posté par Seck Ndeye le 03/04/2011 13:42 | Alerter
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IL FAUT QQ FOIS ECOUTER LES SENEGALAIS QUI S'EXPRIMENT DANS LA RUE.. DANS LEURS COMMENTAIRES SUR CERTAINS REPORTAGES TELEVISES... ILS SONT NULS ET CEST ECOEURANT.. on parle le Wolof au Senegal mais pas dans les conferences internationales, a l'hopital, au bureau..etc... meme dans certains departements gouvernementaux, dans les banques... onparle wolof.. doynawaar

3.Posté par dikha le 03/04/2011 18:31 | Alerter
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nok on reprend notre wollof nationnal pour que nos enfants puissent mieux comprendre ce quils apprennent a l ecole

4.Posté par avisé le 04/04/2011 10:40 | Alerter
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Le wolof ne nous ouvrira pas le monde scientifique,il faut qu'on adopte l'anglais aussi car je ne vois aucun pays francophone colonisé qui s'est développé donc nos autorités doivent penser à introduire l'anglais depuis le primaire au même titre que le francais.

5.Posté par yakhoub le 04/04/2011 12:24 | Alerter
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Cette regression est comprehensible tant l'action des services chargés de booster le developpement du français est invisible sur le terrain.j-en donne pour preuve le simple fait que de tous les profs de langues ceux de français sont les seuls qui peuvent enseigner les valeurs,la culture et l'histoire de la france sans jamais y mettre les pieds;contrairement aux anglicistes qui ont tellement de programmes en leur possession.;s'y ajoute que la politique inhumaine des visas(l'histoire du jeune mohamet est là pour l'attester)decourage plus d'un...
Compte tenu de toutes ces raisons nous pensons que nos dirigeants seraient bien inspirés de suivre l'exemple rwandais qui n'a ni plus ni moins que substituer le français à l'anglais dans toutes ses ecoles officielles!!!!!

6.Posté par tata le 04/04/2011 12:36 | Alerter
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Bonjour à tous
je pense humblement, que la faute incombe largement aux enseignants qui n'hésitent pas souvent à communiquer avec leurs élèves en wolof, dans et en dehors de la classe, aidés en cela par les média.
Les média, les média qui ne jouent pas le rôle qui devrait être le leur. Je vous invite seulement à voir combien aujourd'hui les journalistes sont prompts à créer des émissions en wolof (d'aucuns se muent en animateurs, par facilité). La pertinence des contenus ne se discute pas, aussi serait-il indiqué à mon sens de penser à les offrir en français.
La médiatisation à outrance de secteurs qui ne requièrent pas la connaissance de la langue de De Gaulle et qui, par ailleurs, permettent de percer rapidement au plan social (football, théâtre, lutte, musique...) est un facteur propre à semer les graines de la médiocrité dans le milieu scolaire.
Aussi voudrais-je inviter toutes les parties prenantes de l'éducation et de la formation des jeunes à repenser nos façons de faire et d'être afin de leur offrir les meilleurs des modèles. Merci

7.Posté par Touré le 04/04/2011 16:27 | Alerter
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La baisse du niveau de français est due par des enseignants qui eux mêmes ne parlent pas français couramment, par exemple en entreprise , j'observe de plus en plus cette tendance. Je crois qu'il nous faut repenser le systéme éducatif sénégalais où dans le publique vous avez beaucoup de profs qui n'ont ni la vocation encore moins la motivation. Cela dit, il faut penser à apprendre l'anglais qui domine de plus en plus. Tout de même, il faut reconnaitre que le Senegal dame le pion à la Côte d'Ivoire où l'othographe n'est appliqué dans les échanges de mails. J'ai reçu des mails de managers, directeurs,.. truffés de fautes ! mais semble t'il que personne ne s'en émeuve outre mesure, mais enfin !

8.Posté par floch le 05/04/2011 11:31 | Alerter
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Pas d'inquiétude pour les Sénégalais , Qu'ils luttent pour le woloff tout en protégeant les autres langues de la nation. La France a combattu jusqu'à la mort ses langues, sa richesse,. Pour autant le Français décline et ne sera bientôt plus meilleur vecteur que le woloff ou le breton.

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