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Au banquet de la honte - Par Amadou Diop


Rédigé par leral.net le Mercredi 31 Décembre 2014 à 14:45 | | 5 commentaire(s)|

Au banquet de la honte - Par Amadou Diop
L’on n’a nullement besoin de porter une robe pour comprendre la frustration que doit être celle d’un avocat désavoué (et de quelle façon) par son client.

Quelle position incommodante que celle de Me El Hadji Diouf, avocat récusé publiquement par son client, Hisséne Habré, il y a deux jours. Des cas similaires doivent surement arriver dans les tribunaux. Toutefois ce cas précis ne laisse pas indifférent, tant par la tonitruance de l’avocat que le moment choisi pour le faire. A quelques encablures seulement de la tenue du procès Hisséne Habré. C’est dire que cet avocat n’occupait guère une position déterminante dans le dispositif de défense de l’ancien home fort tchadien.

Toujours est-il que la robe noire à la langue de vipère a beaucoup plus brillé dans les médias que les prétoires. Avec pour cible préférée, l’ancien Premier ministre Mimi Touré. Alors ministre de la Justice, celle-ci, exécutant des directives de l’Etat sénégalais, avait participé à la mise en branle de tout un processus qui connaitra son point d’orgue avec le jugement de Hisséne Habré.

L’homme, entré surement au barreau comme à l’Assemblée nationale, c’est-à-dire au forceps, parut dés lors comme possédé par le Malin. Toutes les occasions étaient bonnes pour la clouer au pilori atteignant presque la limite supérieure de la décence et sonnant presque comme une discordance dans un univers ou les élémentaires règles de bienséance accordent une certaine place à la femme. Mais que peut bien signifier galanterie pour un homme qui n’a pas hésité à avouer publiquement avoir répudié une épouse pour adultère ?

Mimi répondait par un silence systématique aux multiples attaques. Cette stratégie de l’ancien pm achevait d’irriter l’homme en robe. Son souhait était de la tirer dans le caniveau. Ce qu’il ne réussira jamais face au flegme qui l était opposé. Il n’était point digne d’être son interlocuteur comme elle le dit à une journaliste, la seule fois où elle avait daigné parler des attaques de l’avocat.

Alors, cet homme qui boit sa bouteille de honte, aurait inspiré de la commisération en d’autres circonstances. Lui, l’avocat dévoué, qui pendant 14 ans a presque travaillé à l’œil (son client est si pingre qu’il ne paie presque pas et c’est Me Diouf qui l’a révélé en conférence de presse), lui, qui a sacrifié ses relations avec l’ancien PM (il l’a dit aussi a la même conférence de presse) pour la cause de son harpagon de client, voilà donc son salaire, remercié, et surtout rabroué par voie de communiqué

Sa bouteille de honte, il la boira tout seul devant des Sénégalais amusés qui se rappellent qu’il les avait taxés de rustres quand il avait récolté 4 bulletins dans son bureau de vote aux dernières locales à Kaolack. Comme il avait bu, durant l’entre-deux tours de 2012, jusqu’à la lie, une autre coupe, un cocktail de honte et de déshonneur pour un honnête homme: une accusation d’attouchements sur une femme à peine sortie de l’adolescence. Cela s’est passé à Paris. Sans connaitre Freud, on peut reconnaître là, l’attitude d’un homme souffrant de troubles du bas-ventre, incapable de self control. Un danger, en somme. Mais l’homme rebondira surement, se trouvera de nouvelles cibles mais finira toujours par retomber dans le caniveau, son milieu naturel. Me Wade l’avait bien compris et en avait fait le ministre en charge de ce secteur.

Et pendant que Me Diouf avale les amères gorgées de sa bouteille de honte, c’est Mimi Touré qui boit son « ataya » à côté de son encensoir en cette fin décembre. Ainsi va la vie, Maître.

AMADOU DIOP
Email: amadoumatardiop@gmail.com









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