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Au delà de la bourde du ministre, que faire ? (Par Marvel)

Il faut l’entendre soi-même pour le croire qu’un ministre de la République est capable de telles déclarations aussi catastrophiques :


Rédigé par leral.net le Mardi 22 Juillet 2014 à 16:02 | | 16 commentaire(s)|

Au delà de la bourde du ministre, que faire ? (Par Marvel)
"Nous tous nous ne sommes rien, il n'y a que le Président Macky Sall qui est quelque chose. Nous devons le remercier par dessus tout. Nous remercions aussi Marième Faye car nous tous, si Macky nous a accordé sa confiance jusqu'à nous nommer, c'est grâce à Marième Faye. Si Marième lui avait dit « ne nomme pas untel, ou ne nomme pas untel », alors personne ne nommerait untel

Pire, elles émanent d’une personnalité à qui il vient d’être confié le Ministère de la Communication, qui intègre dans son département le cabinet nouvellement créé du Secrétaire d’Etat à la Communication, fonction occupée par Yakham Mbaye sous l’autorité de qui ont été placées les entités telles que la RTS, Le Soleil, l’APS, ainsi que les différents membres de la Cellule de Communication du Palais.

Il n’en faut pas plus comme déclaration pour discréditer un gouvernement, quelle que soient les véritables raisons qui ont conduit à la présence des uns et des autres dans l’architecture gouvernementale. Les propos de Mbagnick Ndiaye ne sont pas seulement une bourde, c’est une stupidité telle que nous en entendions régulièrement sous l’ancien régime Wade, lâchée en toute inconscience à force de vouloir plaire à ses bienfaiteurs. L’assistance aperçue dans la bande vidéo semblait embarrassée et ébahie.

Le ministre s’est bien rendu à l’évidence, son téléphone et ses oreilles n’ont pas dû être de tout repos lorsque la bande vidéo ou sonore a été publiée. Il a cru impérieux de se fendre sans attendre d’un communiqué dans la soirée, accusant son manque de maîtrise de la langue de Kocc Barma. Mais ses propos sont trop limpides pour prêter à équivoque, les mots utilisés trop faciles pour que l’auteur se soit trompé dans leur usage.

Le fait qu’il révèle que la Première Dame soit à l’origine des nominations auxquelles il fait référence dont la sienne bien sûr, est déjà extrêmement maladroit, même si ce n’est pas une véritable révélation sur les capacités et prérogatives officieuses des Premières Dames, surtout de nos présidents africains, et plus banalement, encore moins une révélation sur les capacités d’influence d’une épouse sur son époux. Mais le plus inacceptable c’est lorsqu’il affirme que la Première Dame a le pouvoir de s’opposer à des nominations à des fonctions étatiques.

« L’administration est affaire de technique, le gouvernement est affaire de personnalité »

Wade choisissait parmi les plus tordus des sénégalais pour diriger nos institutions, ou parmi ceux qui adhéraient à son projet de dévolution monarchique du pouvoir, laissait à son propre fils le choix des autres, après lui avoir regroupé 5 ministères en 1 seul.

Macky semble ne choisir que le Premier Ministre, et tout le reste du gouvernement répond à des critères de quota qu’il ne contrôle pas : le quota des alliés, ce qui est naturel car on ne gouverne pas seul - le quota du Premier Ministre et probablement d’autres – mais plus spécialement, le quota supposé du griot Farba Ngom qui aurait affirmé avoir proposé le nouveau ministre des télécommunications – et le quota de la Première Dame qui ne semble pas être le plus insignifiant comme vient de le confirmer Mbagnick Ndiaye qui prouve par la même occasion qu’il est aux antipodes du profil de l’emploi

Au-delà de l’indignation que peuvent provoquer les propos du Ministre de la Communication du régime actuel, comme ceux de Wade qui disait qu’il pouvait nommer son chauffeur s’il le voulait avant de faire pire en nommant des éléments hors du commun ou en donnant des chèques en blanc aux adeptes de la fameuse Génération du Concret qui devait accompagner son fils au pouvoir, au-delà des régimes qui se succèdent, la persistance des erreurs de casting nous invite à remettre en question le pouvoir du Président de la République de décider seul, et sans contrainte, des nominations aux emplois civils et militaires car les institutions ne valent que ce que valent les hommes qui les incarnent.

Les enquêtes de moralité qui semblent avoir été jetées aux oubliettes depuis le régime précédent, doivent être restaurées et renforcées. Mais elles sont largement insuffisantes à elles seules et doivent être complétées. Comme ailleurs, les nominations à des fonctions qui ont trop d’importance dans le vécu des citoyens, dans l’avenir de l’économie ou dans la stabilité sociale du pays, doivent pouvoir être encadrées à travers différentes voies comme soumettre ces choix à l’avis des commissions adéquates qui siègent à l’Assemblée Nationale, ou dans une moindre mesure au Conseil Economique et Social moins représentatif de l’opinion des électeurs et citoyens. La Cours Suprême ou la Conseil Constitutionnel devraient également pouvoir constituer de recours pour les citoyens et organisations un recours contre certaines nominations.

La réflexion est ouverte, à moins que tout cela existe déjà dans les textes ou lois laissées en désuétudes au gré des hommes qui passent

MARVEL

marvel@hotmail.fr






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