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Aux Philippines, le clan Duterte prêt à rétablir la peine de mort

Rédigé par La rédaction le 23 Novembre 2016 à 20:31 | Lu 556 fois

Les parlementaires sont consultés cette semaine sur deux projets de lois portés par leur autoritaire visant à durcir le système judiciaire : la réintroduction de la peine capitale et l'abaissement de l’âge de la responsabilité pénale de 15 à 9 ans.


Rodrigo Duterte, le président des Philippines
Rodrigo Duterte, le président des Philippines
C’est à croire que les milliers d’exécutions sommaires et les règlements de compte en série aux Philippines ne suffisent pas. Contre toute attente, les autorités envisagent de réintroduire la peine de mort à laquelle le pays a pourtant renoncé il y a dix ans. Et dans le même temps, elles militent pour que l’âge de la responsabilité pénale soit abaissé de 15 à 9 ans. Dans un climat tendu, les parlementaires discutent à nouveau cette semaine de ces deux projets de loi. «Si ces textes sont votés, les enfants de plus de 9 ans qui ont commis des crimes sanctionnés par la peine capitale ne seront pas épargnés», note Rowena Legaspi, la présidente du Centre pour le développement des droits de l’enfant à Quezon, en grande banlieue de Manille.

«Punir les crimes odieux»

Depuis son élection à la présidence en mai, Rodrigo Duterte ne rate jamais une occasion de militer en faveur du retour de la peine de mort, comme il l’a fait devant la communauté philippine à Tokyo, fin octobre. Pour enrayer la multiplication des crimes et renforcer la très sanglante lutte antidrogue qui déjà fait près de 4 900 morts depuis le 1er juillet, le shérif Duterte suggère donc de remettre au goût du jour la pendaison comme «châtiment» ultime. Et le débat sur le modus operandi a même gagné les rangs des parlementaires. Le sénateur Panfilo Lacson, ancien patron de la police nationale, défend l’exécution par injection létale. «Pour rétablir l’ordre public et la primauté du droit, il y a un besoin urgent de revoir et de réimposer la peine de mort pour certains crimes odieux, expliquait-il le 3 juillet dans un communiqué. La loi sur la peine capitale est appropriée et nécessaire face à la recrudescence alarmante de ces crimes.» En se fondant sur des statistiques nationales, Lacson listait les 9 646 cas de meurtres et les 10 298 affaires de viols sur lesquels la police avait dû enquêter en 2015. Et il s’alarmait du «nombre stupéfiant» d’incidents criminels pour les cinq premiers mois de cette année.

Source: libération