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B52, ce champion sénégalais qui lutte contre les préjugés


Rédigé par leral.net le Dimanche 20 Septembre 2015 à 02:29 | | 3 commentaire(s)|

"C'est qui ce gars, un rappeur ?", interroge ce lycéen à l'heure de la pause. Pourtant, Sérigne Ousmane Dia, lutteur sénégalais et actuel tenant du prestigieux titre de Roi des arènes, est venu sans ses gris-gris et son premier tambour. Avec simplement autour du cou une chaîne à l'extrémité de laquelle balance son surnom de sportif : B52.


Un demi-dieu dans son pays

Ce qui n'est pas sans susciter une certaine confusion, la curiosité voire la fascination des élèves du lycée professionnel nîmois Frédéric-Mistral qui découvre leur premier intervenant dans le cadre du nouveau programme d'éducation morale et civique (EMC). Un géant - 1,98 m pour 165 kg - qui a débuté sa carrière en terrassant ses deux premiers adversaires par KO, ce qui explique logiquement son surnom de Bombardier, qui a répondu à l'invitation d'Alexandra Solacroup, réfèrent en laïcité et professeur d'histoire et lettres afin de faire découvrir son quotidien dans un pays où il est considéré comme un demi-dieu.
Des sportifs qui suscitent une admiration hors du commun chez leurs supporters et dont la rançon du succès se traduit par des déplacements "dans des voitures aux vitres teintées et des sorties de nuit bien souvent", concède le trentenaire originaire de la petite côte au sud de Dakar.
"Le champion fait changer le regard sur les couleurs et fait disparaître une part du racisme"
Une ferveur que le sportif est venu mettre à distance en s'entraînant dans l'Hérault sous la férule de son coach Luc Estienne. De ferveur, il en est néanmoins question chez les ados qui dégainent leur portable à tour de rôle afin d'enregistrer le détail des séances quotidiennes d'entraînement de Bombardier. Un programme de souffrance et sueur avec un lever à 5 heures et un éveil musculaire sur la plage, de la musculation de 9 heures à midi avant du contact ou de la boxe le soir…
Un engagement que vient confirmer une démonstration face au professeur de sport projeté au tapis comme un simple fétu de paille. Une approche ludique en apparence qui cependant apporte la fierté à Kone Aly, lycéen d'origine Malienne qui constate que "le champion fait changer le regard sur les couleurs et fait disparaître une part du racisme." "Le choix de la rencontre", privilégié par Alexandra Solacroup "avec un événement qui permet ensuite aux enseignants de rebondir en cours".
Un sportif qui évoquera l'incontournable mysticisme qui accompagne le rituel des jours de match au stade de Demba Diop Dakar et la nécessité d'un "fort mental" pour vaincre. Un témoignage de poids de la part d'un gosse devenu pêcheur après seulement trois ans de scolarité, et qui su contrarier son destin en devenant roi. "Par les vertus du travail", conclut l'enfant de Mbour, "car il n'y a que ça de vrai dans la vie." Paroles de lutteur.

Midi Libre






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