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Bataille Karim Wade et Etat du Sénégal: Prolongations sur Seine…(Serigne Saliou SAMB)

La confirmation de son avis par le groupe de travail des Nations Unies sur la «détention arbitraire» de Karim Wade a eu comme conséquence immédiate, l’ouverture d’un autre front sur la bataille que ce dernier mène contre l’Etat du Sénégal. En effet, l’ancien ministre du Ciel et de la Terre, ragaillardi par cette «victoire», a décidé de saisir le Tribunal de grande instance de Paris, aux fins de «faire respecter ses droits dont il est privé par le pouvoir politique sénégalais qui bafoue l'indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs dans le seul dessein de l’empêcher de se présenter à la prochaine élection présidentielle».


Rédigé par leral.net le Dimanche 7 Février 2016 à 01:47 | | 12 commentaire(s)|

Mais, au-delà de la polémique que suscite cette démarche des avocats du fils de Me Wade, la question que les observateurs se posent est de savoir si elle ne risque pas d’être contreproductive pour lui. Car, c’est un secret de polichinelle, nos compatriotes qui sont nationalistes dans l’âme, voient d’un très mauvais œil la propension de nos hommes politiques à s’acoquiner avec l’Hexagone, surtout dans la gestion des affaires sénégalo-sénégalaises. Cela les irrite au plus haut point et aujourd’hui, ils sont nombreux à brandir la nationalité française de Karim, pour le disqualifier de la course à la présidentielle au Sénégal. Mais, apparemment les robes noires qui défendent le détenu le plus célèbre de Rebeuss semblent ne pas être ébranlées par la clameur. L’une d’entre elles, Me Seydou Diagne en l’occurrence, a même souligné, sans ambages : «dire que Karim Wade est français est une lapalissade. Sa mère est française, son père lui-même a la nationalité française. Ce qui est important, c’est que, avec l’affaire Karim Wade, la justice sénégalaise a fait la preuve qu’elle n’était pas indépendante et qu’il n’existait pas de séparation de pouvoirs entre l’exécutif et le pouvoir judiciaire»…

Autant dire que la prolongation de la bataille entre les protagonistes de la traque des biens mal acquis sur les bords de la Seine n’est, et ne sera pas la dernière caricature de la démocratie sénégalaise par ses élites. Qui, toutes obédiences politiques confondues, regardent toujours la France avec condescendance, au moment où le pays de François Hollande perd de l’influence dans le monde et se distingue de plus en plus comme une «puissance africaine».

Il est temps que nos dirigeants retiennent que notre pays ne sera jamais développé par la France, les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite… Ce sont les Sénégalais eux-mêmes qui feront le Sénégal.

Lateranga.Info






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