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Bayrou appelle «les Français à ouvrir les yeux»

le 31 Mars 2012 à 15:50 | Lu 842 fois

En marge d'un déplacement en Corse, le candidat centriste a accusé l'UMP et le PS de «légèreté» et de «lâcheté» face à la crise.


Bayrou appelle «les Français à ouvrir les yeux»
Terrasse café Napoléon, place Saint-Nicolas à Bastia. Un verre d'eau minérale naturelle d'Orezza posé devant lui, François Bayrou décline son concept du «produire en France» en «produire local» devant la presse locale. «L'élan des régions ne peut venir que des régions elle-même», développe alors le candidat centriste à la présidentielle. Un peu plus tôt, pour une interview accordée à Corse-Matin, évoquant son «refus de dépendance vis à vis des autres forces politiques», le président du MoDem avait ironisé sur «l'autonomie» de son parti: «Un mot qui a du sens chez vous».

L'occasion, encore, de réaffirmer son soutien à la charte pour la défense des langues et identités régionales. Voire des produits de terroir - ici une tranche de coppa, là un oursin - dégustés entre les étals de la place du marché, avant de rejoindre par des ruelles typiques le restaurant «Chez Pigalle» sur le vieux port.

L'ancien troisième homme de 2007, aujourd'hui malmené par les sondages - qui le donnent entre 10,5 et 13% d'intentions de vote - semble pourtant savourer le moment. Comme s'il s'agissait, là, d'une parenthèse enchantée. Aux terrasses des cafés, des jeunes crient son nom. D'autres demandent à se faire prendre en photo. «C'est là, tout le paradoxe Bayrou: super populaire, mais bon...», soupire un proche.
«On détourne le pays des vrais problèmes»

Pour peu, François Bayrou en arriverait presque à estimer que la presse étrangère se montre plus lucide sur cette campagne que les Français eux-mêmes. Il en veut pour preuve le dernier numéro de The Economist , qui parle de «déni de réalité» et de «campagne frivole». Le candidat centriste, qui a alerté sur les dangers du déficit public de la France dès 2002, avant d'en faire sa «signature» de campagne en 2007, accuse même désormais de «lâcheté» et de «légèreté» ses concurrents du PS et de l'UMP, qui feraient «comme-ci».

«Lorsqu'on présente aux Français des mesures qui nient la réalité, qu'on leur dit qu'il suffit d'augmenter le smic comme ça, c'est une manière de détourner le pays des vrais problèmes qui sont devant lui. Et je ne parle pas que de Jean-Luc Mélenchon....», assure-t-il. «Chaque jour, l'UMP et le PS annoncent des mesures qui se chiffrent en milliards. Mais de dette, du déficit du commerce extérieur, donc de la place de la France dans le monde, il n'est jamais question. Comme le note très bien la presse étrangère, les deux candidats favoris sont dans le déni», insiste-t-il.

Alors, imperturbable aux sondages, Bayrou pense que face au candidat de «l'illusion» (Hollande) et celui de «la division» (Sarkozy), les Français vont finir «par ouvrir les yeux». Et répète que «la seule question», c'est: «Est-ce qu'on veut s'en sortir ou pas s'en sortir?» Il s'en dit encore persuadé: «Cette élection doit servir à notre prise de conscience, c'est en tout cas notre dernière chance.»