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Bennoo Bokk Yakaar : Malaise socialiste, dépit apériste


Rédigé par leral.net le Jeudi 28 Mai 2015 à 07:00 | | 4 commentaire(s)|

Bennoo Bokk Yakaar : Malaise socialiste, dépit apériste
Entre l’Alliance pour la République et le Parti socialiste, les scènes de ménage sont devenues la règle. L’alliance ou le partenariat, c’est selon, scellé entre les deux tours de la présidentielle de 2012 montre d’étonnantes craquelures à l’approche de la borne 2017. Il faut, pourtant, rappeler qu’elle est issue de la rencontre de deux ambitions. Ousmane Tanor Dieng, héritier d’un parti bientôt septuagénaire, fruit d’évolutions multiples, de brassages divers et de fusions complexes, est le porte-étendard d’un PS à l’Adn fortement lié à l’exercice du pouvoir. Cette formation politique qui a dirigé le Sénégal pendant une quarantaine d’années avant de connaître l’opposition en 2000 ne peut prospérer loin du pouvoir. Ses responsables savent tout le bénéfice que l’on peut tirer de la gestion du pouvoir et travaillent à regagner le cœur des électeurs pour retrouver la place qui fut la leur jusqu’à l’élection du président Wade. Depuis 2012, la formation senghorienne vit sous le mode de la rédemption après avoir retrouvé une place de choix à la table des vainqueurs du régime libéral. Il y a, cependant, un fossé entre « gérer » le pouvoir et « participer » à la gestion du pouvoir. Le PS s’en rend bien compte, trois années après la création de Bennoo Bokk Yakaar. Visiblement, ce carburant ne chauffe pas assez le moteur socialiste car, un parti politique, ce sont des demandes multiples que le seul véritable exercice du pouvoir peut satisfaire. Et encore ! Idrissa Diallo, maire de Dalifort et responsable socialiste a bien campé le malaise socialiste en confiant que « le bilan de Macky Sall n’engage que les socialistes qui sont au pouvoir » (L’Obs du mardi 12 mai 2015). Pour ce maire socialiste, « il y a deux partis socialistes, le PS composé de gens qui gèrent leurs intérêts avec l’APR et celui qui réunit des hommes et des femmes qui préféreront la mort à l’idée de voir leur parti sans candidat à la prochaine présidentielle ».

Il est tout de même étonnant que l’attitude actuelle des socialistes surprenne l’APR. Les mots ont un sens. Le jeudi 8 mars 2012, lors de la visite du candidat Macky Sall chez Ousmane Tanor Dieng, le patron socialiste avait laissé entendre qu’il préférait un « partenariat » à l’alliance qui lui avait été proposée pour vaincre Wade. Le partenariat, selon le Dictionnaire critique de l’action sociale (Fayard, Paris, 1995), se définit comme « une association active de différents intervenants qui, tout en maintenant leur autonomie, acceptent de mettre en commun leurs efforts en vue de réaliser un objectif commun relié à un problème ou à un besoin clairement identifié dans lequel, en vertu de leur mission respective, ils ont un intérêt, une responsabilité, une motivation, voire une obligation ». C’est, sans doute, ce qui incline le PS à mettre en avant son autonomie de pensée et d’action, sa liberté de critique, pour prendre régulièrement le contrepied de ses alliés de l’APR.


Au vu des réactions qui perlent timidement, la formation du président Macky Sall n’avait pas envisagé ce cas de figure. Il ne sert à rien de se laisser affecter par cette fêlure affective ou de rappeler les grands principes du compagnonnage politique comme la solidarité gouvernementale ou la coresponsabilité du bilan, une équation politique se traite politiquement. Le PS ne se cache plus, il donne de jour en jour de la consistance à la sentence de son secrétaire général : « Un parti politique, c’est fait pour conquérir le pouvoir ». Ce n’est pas un principe politique, c’est une posture. Les manifestations de dépit des apéristes n’y changeront rien. S’ils veulent conserver le pouvoir, ils devront regarder la lorgnette par le bon trou et compter, d’abord, sur leurs propres forces.

· Par SIDY DIOP






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