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Berlin durcit le ton face aux extrémistes salafistes

le 10 Mai 2012 à 15:14 | Lu 631 fois

Plusieurs ténors de la majorité réclament des sanctions, l'interdiction de leurs organisations, voire des expulsions.


Berlin durcit le ton face aux extrémistes salafistes

Berlin durcit le ton face à la montée en puissance des extrémistes salafistes outre-Rhin. Le ministre allemand de l'Intérieur, Hans-Peter Friedrich, menace de faire interdire les organisations salafistes, un courant fondamentaliste de l'islam. Plusieurs ténors de la majorité ont réclamé des sanctions après des échauffourées avec la police, provoquées par un mouvement d'extrême droite, qui a organisé un concours de caricatures de Mahomet.

«Les possibilités d'interdiction sont évidemment étudiées quand il y a des organisations combattantes, des associations qui en toute conscience prônent la violence et le Djihad, a affirmé mercredi le ministre conservateur. Nous surveillons les salafistes depuis 2010 et ce pour de bonnes raisons.» Membre du parti conservateur bavarois CSU, Friedrich juge que «leur idéologie se rapproche de celle d'al-Qaida» et que «leur but politique est clairement de saper les fondements démocratiques et de liberté de notre État. Nous ne l'accepterons pas».

Samedi à Bonn, 29 fonctionnaires de police avaient été blessés par des salafistes au cours d'une manifestation. Deux d'entre eux étaient dans un état critique après avoir été poignardés par des militants islamistes. Ces musulmans radicaux avaient attaqué à coups de jets de pierre une manifestation organisée par le mouvement d'extrême droite «Pro-NRW».

Non à la «guerre de religion»
Les militants d'extrême droite, qui mènent notamment campagne depuis plusieurs années contre la construction de mosquées en Allemagne, avaient défilé en montrant des caricatures du Prophète. Les salafistes, dont les autorités estiment le nombre à 3 800, cherchent par tous les moyens à asseoir leur influence en Allemagne, où les prédicateurs les plus radicaux prônent le Djihad. Ils ont aussi fait polémique dans le pays en distribuant gratuitement des millions de corans dans les grandes villes du pays.

«Nous ne nous laisserons pas imposer de guerre de religion en Allemagne: ni par les salafistes radicaux ni par les partis d'extrême droite», ajoute Friedrich. Le ministre de la Justice de la Hesse, Jörg-Uwe Hahn, dont l'État régional est devenu un foyer du salafisme, réclame «des expulsions, l'interdiction de leurs organisations et des poursuites en justice».

Wolfgang Bosbach (CDU), responsable de la commission des questions intérieures au Bundestag, réclame «l'interdiction des associations salafistes» et une surveillance accrue de leurs activités sur Internet. «Les incidents de Bonn montrent à quel point ces militants représentent un danger», estime Bosbach.

Mardi, deux autres extrémistes salafistes ont été interpellés avec des armes au cours d'une manifestation. Le ministre de l'Intérieur a indiqué que les possibilités d'expulsion de salafistes hors d'Allemagne ne pouvaient être étudiées qu'au cas par cas. «On ne peut retirer la nationalité à quelqu'un quand il n'en a pas d'autre, a-t-il assuré. Ce qui est important, c'est que nous ayons cette mouvance à l'œil.»


Par Patrick Saint-Paul