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Biens mal acquis : mandat d'arrêt contre le fils du président de Guinée équatoriale

le 13 Juillet 2012 à 10:56 | Lu 735 fois

Le juge Roger Le Loire, chargé depuis un an et demi de l'enquête sur l'affaire dite des biens mal acquis, avec son collègue René Grouman, a diffusé, jeudi 12 juillet, un mandat d'arrêt contre Teodorin Nguema Obiang, 43 ans, fils du président de Guinée équatoriale. Convoqué, mercredi, dans le bureau des doyens du pôle financier à Paris, pour un interrogatoire de première comparution, à l'issue duquel il aurait été mis en examen, celui-ci ne s'est pas présenté.


Biens mal acquis : mandat d'arrêt contre le fils du président de Guinée équatoriale
Les juges soupçonnent M. Obiang junior, dit " TNO ", de détournement de fonds publics, de blanchiment, d'abus de biens sociaux et d'abus de confiance.

Ils ont refusé de lever la saisie des quatorze véhicules de luxe effectuée en octobre 2011, quatre mois avant la spectaculaire perquisition de l'hôtel particulier de l'avenue Foch, l'une des résidences françaises de M. Obiang. MM. Le Loire et Grouman disposent déjà d'indices suffisants pour considérer que l'ensemble de ces véhicules, qui valent plus de 5 millions d'euros, ont été acquis au moyen de détournement de fonds.

ARGENT PUBLIC DÉTOURNÉ

Parallèlement, le département de la justice américain a produit le 11 juin de nouveaux éléments à l'appui de sa plainte contre Teodorin Nguema Obiang. Selon ce document, il aurait notamment détourné des dizaines de millions de dollars d'argent public en gonflant le montant de contrats de construction. En dix ans, il aurait dépensé 300 millions de dollars (près de 246 millions d'euros) sur quatre continents, un montant hors de proportion avec les bénéfices que sont supposés dégager les deux compagnies forestières qu'il possède.

Par ailleurs, l'Unesco devrait décerner, mardi 17 juillet, le très controversé Prix Obiang (du nom du président de Guinée équatoriale) pour la recherche scientifique, doté de 3 millions de dollars. Pour tenter d'étouffer la polémique, son nom a été changé en prix Unesco-Guinée équatoriale. La France a voté contre cette résolution et selon nos informations sera absente de la cérémonie ainsi que les autres pays européens représentés à l'Unesco.