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«Biens mal acquis» présumés de Teodorin Obiang Nguema, le fils du président Equato-Guinéen : Malabo contre Paris devant la Cour internationale de justice

Rédigé par Massene Diop le 18 Octobre 2016 à 22:15 | Lu 1472 fois

Teodorin Obiang Nguema, le fils du président de la Guinée équatoriale.
Teodorin Obiang Nguema, le fils du président de la Guinée équatoriale.
La Cour internationale de justice (CIJ) étudie depuis lundi 17 octobre la procédure engagée par la France contre le fils du président Equato-Guinéen. Dans l’affaire des « biens mal acquis », la Guinée équatoriale a demandé à la Cour d’intervenir dans la procédure qui vise, en France, le fils du président.
 
Teodorin Obiang, qui est également vice-président chargé de la Défense et de la Sécurité, est assigné à comparaître lundi prochain 24 octobre, devant le tribunal correctionnel de Paris. Il est soupçonné de s'être bâti un patrimoine évalué à plusieurs dizaines de millions d'euros en France. Un patrimoine qui aurait été payé par l'argent public de son pays.
 
Malabo a saisi la plus haute instance juridique des Nations unies, la Cour internationale de justice, pour qu’elle demande à la France de suspendre cette procédure. La Guinée équatoriale invoque deux arguments : d'abord, Teodorin Obiang est aussi vice-président, il bénéficie donc d’une immunité. Si la France émet un mandat d’arrêt contre lui, il ne pourra plus exercer sa fonction. Ensuite, Malabo considère que l’hôtel particulier qui a été saisi par la justice en 2012 à Paris appartient à l’Etat, car il abrite sa représentation diplomatique.
 
Pour Maître Maurice Kamto, qui représente la Guinée équatoriale : « Un préjudice irréparable lorsque l'on sait qu'il s'agit des locaux de la mission diplomatique de la Guinée équatoriale, car l'atteinte à l'immeuble risque de porter atteinte à la souveraineté, à l'honneur et à la dignité de la Guinée équatoriale ».
 
Lors de la perquisition, une collection de voitures de luxe, mais aussi des œuvres d’art et des bijoux avaient été saisis, pour une valeur de plusieurs millions d’euros.
 
Selon Alain Pellet, qui représente la France, cet immeuble a été « déguisé » en local diplomatique. « Une boîte de nuit, un bar, une salle de sports, un salon de coiffure. Tout cela ne se prête guère aux activités habituelles d'une ambassade. L'immeuble est un bien privé et un bien soupçonné d'être le fruit de blanchiment d'argent ».
 
Pour les ONG, la limite entre fortune familiale et trésor public n’est pas si claire en Guinée équatoriale. Malabo chercherait donc à gagner du temps. Une ou deux années si la Cour accepte sa demande.
 
SOURCE RFI.FR


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